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Question et réponse écrite n° : 0510 - Législature : 56


Auteur Leentje Grillaert, cd&v (07950)
Département Ministre de l'Action et de la Modernisation publiques, chargée des Entreprises publiques, de la Fonction publique, de la Gestion immobilière de l'État, du Numérique et de la Politique scientifique
Sous-département Action et Modernisation publ., Entr. publ., Fonction publ., Gestion immo., Numérique, ESF
Titre L'évolution de la distribution postale classique en Belgique.
Date de dépôt05/02/2026
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai13/03/2026

 
Question

Récemment, le Danemark a décidé de supprimer en grande partie la distribution postale classique assurée par la poste danoise. Cette décision radicale illustre la forte baisse de volume du courrier traditionnel et soulève des questions quant à l'avenir du service postal universel dans d'autres pays européens, dont le nôtre. En Belgique, la distribution du courrier reste un service public essentiel et l'une des plus anciennes compétences de l'État. Dans le même temps, les syndicats avertissent que le modèle actuel est soumis à de fortes pressions financières et structurelles et qu'il pourrait ne plus être viable à moyen terme. 1. Pouvez-vous donner un aperçu du volume actuel de courrier adressé qui est encore effectivement distribué à domicile en Belgique, et indiquer comment ce volume a évolué annuellement au cours des cinq (si possible dix) dernières années? 2. Dans quelle mesure la distribution postale classique est-elle aujourd'hui déficitaire pour bpost, et quel est le rapport entre les coûts de ce service et les recettes qu'il génère? Quels sont les mécanismes de compensation ou les contributions publiques en place aujourd'hui pour soutenir financièrement le service postal universel? 3. Avez-vous pris connaissance de la récente décision du Danemark de supprimer en grande partie la distribution traditionnelle du courrier? Si oui, quelles leçons en tirez-vous pour le modèle postal belge? 4. Les autorités fédérales et bpost étudient-elles des scénarios prévoyant une nouvelle réduction de la fréquence, de la forme ou de la portée de la distribution du courrier? Si oui, pouvez-vous préciser le calendrier envisagé à cet égard? 5. Pensez-vous qu'il soit envisageable que la Belgique suive à terme une trajectoire similaire à celle du Danemark et, si oui, quel serait l'impact sur les citoyens, les entreprises, les pouvoirs locaux et le personnel de bpost? 6. Une plus grande échelle de distribution du courrier rend-elle celle-ci plus pérenne (par exemple, Les Postes du Benelux)?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B045
Date publication 13/03/2026, 20252026
Réponse

Je suis particulièrement attentive à l'évolution du service postal universel en Belgique, qui constitue un service essentiel pour les citoyens, les entreprises et les administrations, tout en étant confronté à des transformations profondes liées à la numérisation de la société. La baisse des volumes de courrier est une réalité observée dans l'ensemble des pays européens, même si son ampleur varie d'un pays à l'autre. En Belgique également, cette évolution est marquée. Selon le dernier rapport de l'Observatoire postal de l'Institut belge des services postaux et des télécommunications publié le 25 novembre 2025, le nombre moyen de lettres par habitant est passé de 199 en 2010 à 76 en 2024, soit une diminution de près de 60 %. Plus récemment, lors de la publication de ses résultats financiers pour l'année 2025, le 6 mars 2026, bpost a également indiqué que le volume de courrier avait diminué d'environ 10 % par rapport à l'année précédente. La décision récente prise au Danemark s'inscrit dans cette tendance structurelle qui touche l'ensemble des pays européens. Elle illustre de manière particulièrement visible une évolution à laquelle tous les opérateurs postaux sont confrontés: la substitution progressive du courrier papier par les communications numériques. Au Danemark, ce phénomène est simplement plus avancé et s'est produit plus rapidement, notamment en raison d'un niveau de numérisation très élevé de l'administration et des échanges avec les citoyens. Cette évolution explique la transformation engagée par bpost, qui développe progressivement son positionnement comme acteur de référence dans la logistique des colis, tout en continuant à assurer la distribution du courrier. Il convient toutefois de rappeler que les situations nationales diffèrent sensiblement entre pays européens, notamment en raison des différences de géographie, de densité de population, de rythmes de numérisation et d'habitudes de consommation. En ce qui concerne la situation financière du service postal universel, bpost indique qu'à ce jour ce service ne génère pas de coût net nécessitant une compensation de l'État. Plusieurs mesures ont contribué à maintenir cet équilibre, notamment l'introduction en 2019 du service non prioritaire, la réorganisation des tournées postales et certaines adaptations tarifaires. Néanmoins, les revenus liés au courrier restent sous pression tandis que les coûts, en grande partie fixes, continuent d'augmenter. Le cadre juridique prévoit que si le service universel devait à l'avenir entraîner un coût net pour bpost, l'entreprise pourrait demander à l'État soit une adaptation de certaines obligations liées au service universel, soit une compensation financière. Dans ce cas, il appartiendrait au gouvernement d'examiner la situation et de décider des mesures appropriées. À ce jour, bpost n'a pas informé l'État de l'existence d'un coût net imminent qui nécessiterait une modification du service ou l'octroi d'une compensation. Toutefois, au regard de la baisse continue des volumes de courrier, de l'évolution des habitudes des utilisateurs et des tendances observées dans d'autres pays européens, il est clair que cette question pourrait se poser dans les années à venir. S'agissant d'éventuelles économies d'échelle, p. ex. à travers une coopération plus large entre opérateurs postaux, ce type de scénario n'est aujourd'hui pas envisagé. Tant que le modèle actuel du service postal universel reste en équilibre, il n'y a pas de raison de modifier profondément son organisation. Toutefois, au regard de la baisse structurelle des volumes de courrier, il faudra à terme examiner différents leviers afin d'en garantir la pérennité. Je resterai pour ma part attentive à cette évolution afin de garantir que le service postal universel continue à répondre aux besoins des citoyens et des entreprises, tout en assurant la soutenabilité du modèle économique et le respect des missions de service public.