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| Auteur | Anthony Dufrane, MR (06327) |
| Département | Ministre de l'Action et de la Modernisation publiques, chargée des Entreprises publiques, de la Fonction publique, de la Gestion immobilière de l'État, du Numérique et de la Politique scientifique |
| Sous-département | Action et Modernisation publ., Entr. publ., Fonction publ., Gestion immo., Numérique, ESF |
| Titre | Les vidéos AI slop (QO 012210C). |
| Date de dépôt | 23/01/2026 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 27/02/2026 |
| Question |
L'essor des vidéos dites AI slop, qui désignent des contenus générés par intelligence artificielle (IA), souvent de faible qualité et produites en masse, inondent les plateformes de réseaux sociaux. Certains pays, comme le Pakistan, se spécialisent dans ces fausses vidéos IA étant donné leur faible coût de production contre un grand rendement lorsqu'elles sont monétisées. Ce phénomène, qui représente un marché de plusieurs dizaines de millions de dollars, soulève des questions quant à son impact environnemental et technique: consommation électrique accrue, saturation des infrastructures numériques, occupation excessive de la bande passante et pression sur les serveurs. Alors que la Belgique et l'Union européenne s'engagent dans une transition numérique durable, il est essentiel d'évaluer les conséquences de cette production massive de contenus IA sur les ressources énergétiques et les infrastructures numériques, ainsi que les mesures envisageables pour limiter leur empreinte. 1. Quel est l'impact estimé de la production et de la diffusion des vidéos AI slop sur la consommation électrique des data centers et des réseaux en Belgique? Des études ou des évaluations ont-elles été réalisées pour mesurer leur contribution à l'empreinte carbone du secteur numérique? 2. Comment ces vidéos affectent-elles la consommation de données et l'occupation de la bande passante, notamment lors des pics de trafic sur les réseaux sociaux? Quelles pressions supplémentaires ces contenus exercent-ils sur les infrastructures belges et quels risques de saturation ou de ralentissement des réseaux sont identifiés? 3. Quelles régulations ou incitants pourraient être mis en place pour limiter la prolifération de ces contenus énergivores et peu qualitatifs, sans pour autant entraver l'innovation dans le domaine de l'IA? Une collaboration avec les plateformes (comme TikTok, YouTube ou Meta) est-elle envisagée pour encadrer la diffusion de ces vidéos, p. ex. via des algorithmes favorisant des contenus plus durables? 4. Des discussions sont-elles en cours au niveau européen pour intégrer ces enjeux dans les futures réglementations sur l'IA et le numérique? 5. Quelles actions votre administration compte-t-elle mener pour sensibiliser les utilisateurs et les acteurs du numérique aux conséquences de la surconsommation de contenus AI slop, et pour favoriser une utilisation plus responsable des technologies d'IA? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B044
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| Date publication | 06/03/2026, 20252026 |
| Réponse |
1. Je vous informe que la réponse à ce point relève des compétences de mon collègue Mathieu Bihet, ministre de l'Énergie. 2. L'Institut belge des services postaux et des télécommunication ne dispose pas de données sur l'impact des vidéos dites AI slop sur le trafic du réseau et n'a pas connaissance d'une pression supplémentaire exercée sur le réseau en termes de ralentissements ou de saturations dus à ce type de contenu. 3 à 5. L'émergence des vidéos AI slop, c'est-à-dire des contenus de mauvaise qualité générés en masse par l'intelligence artificielle (IA), comporte en effet certains risques pour notre société. Ce phénomène peut polluer notre écosystème informationnel, appauvrir le débat public et toucher de manière disproportionnée les groupes les plus vulnérables. À plus long terme, il peut également avoir un impact sur nos capacités sociétales et technologiques. Ma ligne politique en matière d'IA reste inchangée.? Il y a de la place pour l'innovation, mais pas au détriment de la fiabilité, de la transparence et de la protection de nos citoyens et de la société au sens large. Avec mes administrations, j'assure un suivi approprié de ces évolutions et d'autres développements dans le domaine de l'IA. Nous examinons par ailleurs une approche plus harmonisée et structurelle. Ce travail s'inscrit dans la révision plus large du plan de convergence en matière d'IA sur lequel je travaille actuellement. Dans l'Union européenne, le règlement sur l'IA ou AI Act constitue la première loi harmonisant les règles relatives à l'offre et à l'utilisation de l'IA, y compris l'IA générative. Une IA sûre, fiable et centrée sur l'humain est à la base de cette loi, tout comme la poursuite de la stimulation de l'innovation. Les règles de l'AI Act entreront en vigueur progressivement et leur mise en oeuvre sera soutenue par des lignes directrices pratiques de la Commission européenne. L'AI Act s'applique à tout fournisseur d'un système d'IA lorsque la production de ce système est utilisée dans l'UE, dans le but d'améliorer le marché intérieur. Bien que l'AI Act ne contienne aucune disposition spécifique concernant le AI slop, qui constitue un phénomène nouveau, elle prévoit plusieurs instruments susceptibles de lutter contre la surconsommation de contenus IA de mauvaise qualité et de sensibiliser les utilisateurs à ses conséquences. Les obligations de transparence pour les systèmes d'IA générative introduites par l'AI Act constituent l'un de ces instruments. Les utilisateurs doivent ainsi être informés lorsqu'ils interagissent avec un système d'IA (p. ex. un chatbot) et le contenu généré par l'IA (tel que du texte, des images, de l'audio ou de la vidéo) doit être identifiable en tant que tel. Cela signifie que les vidéos AI slop doivent comporter une "mention IA", quel que soit leur contenu. Ces obligations et le système de gouvernance robuste qui s'y applique ont pour objectif de favoriser la sensibilisation. En sensibilisant les utilisateurs à la distinction entre le contenu généré par l'homme et celui généré artificiellement, cela encourage indirectement un comportement de consommation critique. À l'heure actuelle, il est essentiel de faire respecter efficacement les dispositions de l'AI Act et, à cette fin, d'établir un cadre juridique clair pour son application. Mon administration travaille actuellement à l'élaboration d'un système de gouvernance national, avec des compétences clairement définies et des autorités de contrôle compétentes. Il s'agit également d'une priorité au niveau européen, avec la création et le développement du "Bureau de l'IA", doté de pouvoirs de surveillance exclusifs en matière de modèles d'IA générative. Sur le socle solide du AI Act, je continue, avec mes administrations, à miser sur des règles claires, une application rigoureuse et un accompagnement concret, afin que l'IA crée de la valeur sans compromettre notre débat public, nos valeurs ni la protection de nos citoyens. |