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Question et réponse écrite n° : 0388 - Législature : 56


Auteur Werner Somers, VB (07888)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre L'impact de la surcapacité industrielle de la Chine.
Date de dépôt09/02/2026
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai13/03/2026

 
Question

La Chine est confrontée à un problème de plus en plus aigu de surcapacité industrielle, en particulier dans des secteurs tels que les véhicules électriques, les batteries, les panneaux solaires et l'industrie lourde traditionnelle. Cette situation est en partie due à des décennies de politiques publiques visant à une expansion industrielle massive par le biais de subventions, de prêts bon marché et de la concurrence entre provinces. Selon des données récentes, la capacité de production de l'industrie automobile chinoise s'élève aujourd'hui à 50 millions de véhicules par an, alors que seulement 75 millions sont vendus annuellement dans le monde. En raison d'une concurrence nationale féroce, d'un pouvoir d'achat structurellement faible des ménages chinois et d'un marché intérieur inefficace, la Chine tente désormais d'écouler massivement sa production excédentaire sur les marchés étrangers, y compris en Europe. Les entreprises chinoises vendent des biens, dont de plus en plus de produits technologiques et écologiques, souvent à des prix inférieurs à leur coût ou en bénéficiant d'importantes aides d'État. Il devient donc presque impossible pour les entreprises européennes de rester compétitives, en particulier dans des secteurs stratégiques, tels que la mobilité électrique, le stockage de l'énergie, la production d'acier et les énergies renouvelables. Pour la Belgique et d'autres pays européens, cette situation risque d'entraîner une concurrence déloyale, des faillites dans des secteurs cruciaux et une perte d'autonomie stratégique. 1. Partagez-vous l'analyse selon laquelle la surcapacité structurelle chinoise représente un risque économique et stratégique direct pour les entreprises belges et européennes, en particulier dans des secteurs tels que ceux des véhicules électriques, des batteries, des panneaux solaires et de l'acier? 2. Combien de produits chinois importés dans ces secteurs ont pénétré le marché belge au cours des cinq dernières années (à la fois en chiffres absolus et en évolution)? Et où leurs prix se situent-ils par rapport à ceux de produits européens similaires? 3. Partagez-vous l'inquiétude selon laquelle les exportateurs chinois reçoivent des aides d'État ou pratiquent le dumping? Cette question est-elle actuellement étudiée au niveau belge ou européen? 4. Quelles mesures concrètes ont été ou sont prises pour protéger les entreprises belges de cette concurrence déloyale, tant au niveau unilatéral (par la Belgique) que multilatéral (par l'intermédiaire de l'UE ou de l'Organisation mondiale du commerce)? 5. Au sein de l'Union européenne, la Belgique soutient-elle les propositions de droits de douane plus élevés, de mesures antidumping ou d'autres instruments de défense commerciale visant les produits chinois vendus en dessous de la valeur du marché ou en bénéficiant d'aides d'État? 6. Estimez-vous opportun que la Belgique demande une révision des relations commerciales avec la Chine, afin de mieux protéger les secteurs stratégiques contre les importations massives et d'imposer des exigences plus strictes en matière d'origine, de méthodes de production et de perturbations du marché? 7. Quels enseignements tirez-vous du fait que la Chine ne se contente plus d'exporter de simples produits de consommation, mais qu'elle domine désormais des secteurs technologiques et stratégiques essentiels pour notre avenir et notre sécurité?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B044
Date publication 06/03/2026, 20252026
Réponse

Je partage votre avis à propos des surcapacités chinoises qui sont le résultat de subventions publiques accordées aux entreprises chinoises et qui entraînent des exportations massives, souvent à des prix de dumping, mettant en danger la compétitivité de secteurs et d'entreprises tant européens que belges. 33 % de la croissance économique chinoise dépendait en 2025 des exportations. En ce qui concerne le point 2, je me permets de vous renvoyer vers mon collègue, le vice-premier ministre et ministre de l'Économie, David Clarinval. Je partage pleinement votre préoccupation et, en effet, des recherches sont menées au niveau européen dans différents secteurs. L'Union européenne (UE) ne se penche pas uniquement sur des cas ou secteurs spécifiques, mais bien sur une stratégie plus générale de sécurité économique vis-à-vis de la Chine. Ceci a également été abordé lors du Conseil informel des Affaires étrangères Commerce les 19 et 20 février 2026. Les entreprises belges tombent sous le champ d'application des mesures de défense commerciale européennes, puisqu'il s'agit d'une compétence exclusive de l'UE. Plusieurs mesures de protection sont en effet déjà en vigueur, notamment l'augmentation des tarifs douaniers sur les véhicules électriques en provenance de Chine, ainsi que la limitation de la participation d'entreprises chinoises aux marchés publics européens dans le secteur pharmaceutique. Des initiatives horizontales sont également développées au niveau de l'UE pour protéger les secteurs, comme la révision des mesures sur l'acier. Ces mesures sont conformes aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il est essentiel de garantir autant que possible cette compatibilité avec l'OMC, tout en veillant à ce que l'UE puisse défendre de manière adéquate son industrie face à des pays comme la Chine, qui outrepassent ces règles. D'autres enquêtes contre la Chine sont également en cours, sur la base desquelles de nouvelles mesures pourraient être prises dans un avenir proche. La Belgique décide au cas par cas, et conformément aux procédures de décision intra-belges, de chacune des mesures à prendre, en tenant compte des intérêts nationaux. Cela requiert chaque fois une analyse approfondie car la réalité des intérêts belges, parfois divergents entre les secteurs, voire au sein d'un même secteur, est souvent plus complexe qu'on ne pourrait le penser. De manière générale, le principe de base est que la Belgique souhaite pouvoir protéger son industrie contre les pratiques commerciales et économiques déloyales, et en même temps, en tant qu'économie ouverte à accorder une grande importance au libre-échange. Nous recherchons aujourd'hui un meilleur équilibre entre la protection contre les pratiques commerciales déloyales et la prévention des distorsions du marché résultant des mesures de protection commerciale. Notre priorité stratégique est la sécurité économique. Cela démontre que la Chine n'adaptera pas facilement sa politique dans un sens qui nous est favorable, et que nous devons nous préparer à une protection renforcée contre les dépendances à risque et la concurrence déloyale de la Chine. Cela exige par ailleurs un renforcement accru de nos leviers afin que l'UE puisse poursuivre un dialogue constructif avec la Chine avec davantage de poids. Je plaide entre-temps pour le renforcement de notre arsenal de mesures de défense commerciale pour pouvoir les déployer rapidement lorsque cela s'avère nécessaire. Il va de soi que les secteurs stratégiques pour la Belgique doivent être traités en priorité.

 
Desc. Eurovoc principalPOLITIQUE ECONOMIQUE
Descripteurs EurovocCOMMERCE EXTERIEUR | COMMERCE INTERNATIONAL | COMPETITIVITE | CONCURRENCE | EXPORTATION | IMPORTATION | POLITIQUE ECONOMIQUE | POLITIQUE INDUSTRIELLE | ESPACE INDUSTRIEL EUROPEEN | STATISTIQUE | CHINE