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Question et réponse écrite n° : 0148 - Législature : 56


Auteur Matti Vandemaele, ECOGR1 (08069)
Département Premier ministre
Sous-département Premier ministre
Titre Recours à la technologie de Palantir par le centre pour la cybersécurité.
Date de dépôt19/02/2026
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai27/03/2026

 
Question

Dans une interview récente, Alex Karp, CEO de la société technologique américaine Palantir, a déclaré: "Nos ennemis savent qu'ils seront tués". Palantir développe des plateformes de données qui sont utilisées dans le monde entier par des services de police, des services de renseignement et l'armée. La société se profile ouvertement comme un acteur dans le domaine des opérations militaires, grâce à ses outils lui permettant de sélectionner ses cibles sans intervention humaine. À cela s'ajoutent d'autres faits frappants: - Palantir a contribué, dans le passé, au développement de l'infrastructure numérique de l'ICE, le service de l'immigration des États-Unis, tristement célèbre pour ses déportations massives; - l'entreprise participe à des opérations militaires en Ukraine et en Israël, et met en avant son rôle dans "l'élimination d'ennemis"; - elle fait l'objet de critiques répétées concernant le manque de garanties éthiques et de transparence dans les technologies qu'elle développe; - elle affirme elle-même vouloir renforcer les puissances occidentales dans la lutte géopolitique avec d'autres puissances, sans guère se soucier du contrôle démocratique. 1. Des logiciels ou des technologies de la société Palantir offrent-ils actuellement, d'une matière ou d'une autre, un soutien au centre pour la cybersécurité ou à d'autres services relevant de vos compétences? 2. Votre administration a-t-elle eu des contacts avec Palantir ces dernières années, ou des négociations ou tractations sont-elles en cours au sujet d'une éventuelle coopération? 3. Êtes-vous disposé à exclure tout futur marché public ou contrat entre Palantir et les services relevant de vos compétences, compte tenu du profil très controversé de cette société? Dans l'affirmative, de quelle manière pouvez-vous l'exclure et le garantir? Dans la négative, pourquoi?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B044
Date publication 06/03/2026, 20252026
Réponse

Votre question a été soumise à mes services. Comme attendu, ni le Centre pour la cybersécurité Belgique (CCB), ni la Chancellerie n'ont conclu de contrat avec l'entreprise Palantir. L'on ne recense pas non plus de contacts ou de discussions entre Palantir et le CCB ou la Chancellerie. La Belgique dispose d'un cadre légal strict en matière de marchés publics. Tant le CCB que la Chancellerie opèrent exclusivement dans le cadre de ces dispositions légales. Si ce cadre autorise certaines considérations politiques, toutes les décisions doivent néanmoins être prises conformément aux principes d'égalité de traitement, de transparence et d'objectivité. L'exclusion éventuelle d'une entreprise peut uniquement se faire sur la base des motifs d'exclusion énumérés dans la loi. Une controverse publique autour d'une entreprise ne constitue pas en soi un motif juridique d'exclusion. Palantir est une entreprise technologique américaine. Les États-Unis restent nos alliés, y compris au sein de l'OTAN. Compte tenu de l'absence d'une industrie européenne de la défense pleinement développée, les fournisseurs américains constituent actuellement un choix nécessaire et stratégiquement justifié pour répondre aux besoins urgents en matière de capacités. L'avance technologique des entreprises américaines est considérable. À une époque où les données - "les nouvelles balles" - jouent un rôle crucial, il est justifié de prendre connaissance de leurs innovations. Dans ce contexte, des contacts ont été établis avec diverses entreprises américaines lors de la mission commerciale dans l'ouest des États-Unis. Cette mission a également donné lieu à plusieurs investissements précieux dans notre pays. Le ministre de la Défense a rendu visite à Palantir dans ce contexte. Ces discussions n'étaient que purement exploratoires; aucun engagement contractuel n'a été pris. Les controverses auxquelles vous faites référence concernent principalement le recours à la technologie Palantir par les autorités américaines dans un contexte national. Celles-ci ne sont pas directement pertinentes pour nos relations en matière de défense ou de sécurité.