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| Auteur | Gilles Foret, MR (06712) |
| Département | Ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale |
| Sous-département | Mobilité, Climat, Transition environ. |
| Titre | Neutralité climatique. - Choix politiques face aux cinq scénarios du Bureau du Plan (QO 011943C). |
| Date de dépôt | 16/01/2026 |
| Langue | F |
| Publication question |
B043
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| Date publication | 27/02/2026, 20252026 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 20/02/2026 |
| Question |
Le Bureau fédéral du Plan a récemment publié une analyse approfondie présentant cinq scénarios permettant à la Belgique d'atteindre la neutralité climatique à l'horizon 2050, alors que ses perspectives énergétiques de mai 2024 montraient que les mesures actuelles du Plan national énergie-climat (PNEC) ne suffiraient pas à atteindre cet objectif. Ces scénarios ne constituent pas des prescriptions, mais visent à nourrir un débat politique éclairé sur les choix sociétaux à opérer. Ils mettent en évidence des options très contrastées: renforcement des politiques réglementaires combinées à une tarification carbone élevée (jusqu'à 420 euros/tonne pour l'industrie), recours quasi exclusif au signal-prix avec une tonne de carbone pouvant atteindre près de 500 euros dans le transport et le chauffage, arbitrages différents entre nucléaire et éolien offshore pour répondre à la hausse de la demande électrique, ou encore un scénario fondé sur la sobriété énergétique et l'évolution des comportements. Ces trajectoires ont des impacts économiques et sociaux très différenciés. Certaines impliquent une hausse significative des coûts énergétiques pour l'industrie, notamment dans des secteurs stratégiques comme la chimie, tandis que d'autres reposent sur des recettes carbone importantes pouvant être redistribuées aux ménages. Le scénario de sobriété énergétique, quant à lui, permettrait de réduire sensiblement la demande d'électricité et les coûts du système, tout en posant la question de l'acceptabilité des changements de comportement. 1. Comment le gouvernement fédéral entend-il s'approprier ces travaux du Bureau du Plan? 2. Quels scénarios ou combinaisons de scénarios vous paraissent aujourd'hui les plus réalistes pour concilier ambition climatique, compétitivité économique et justice sociale? 3. Comment ces réflexions s'articulent-elles avec la révision du PNEC et les discussions européennes à venir? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B044
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| Date publication | 06/03/2026, 20252026 |
| Réponse |
1 à 3. Je tiens avant toute chose à vous remercier pour votre soutien car il est vrai que je suis convaincu que l'action en faveur du climat ne constitue pas un frein mais, au contraire, une opportunité pour la soutenabilité de notre économie. Dans ce sens, je suis ravi de pouvoir compter sur le soutien de mes collègues du gouvernement et du Parlement qui cherchent à agir dans ce sens. Les scénarios de décarbonation à l'horizon 2050 produits par le Bureau fédéral du Plan (BFP), utiles à de nombreux égards, ne sont pas inconnus de mon administration qui travaille elle-même depuis plus de dix ans sur de tels scénarios (voyez p. ex.le site www.climat.be/2050). Elle travaille d'ailleurs en étroite collaboration avec le bureau du BFB de compléter ses propres analyses sur l'impact des politiques climatiques de manière générale, en ce compris le baromètre de la transition. Les scénarios de neutralité climatique à l'horizon 2050 montrent en premier lieu que, techniquement parlant, l'atteinte d'un tel objectif en Belgique est possible. Je ne vous cacherai pas que les défis à relever pour y parvenir sont considérables et que le temps presse. Comme le rapport du BFP le montre bien, plusieurs trajectoires sont possibles pour atteindre cet objectif même si, dans le même temps, toute une série d'options communes peuvent déjà être dégagées. Pour fournir la clarté nécessaire aux investissements requis, nous devons avancer au plus vite, au niveau politique, pour dégager ensemble au sein du gouvernement fédéral ainsi qu'avec les gouvernements régionaux, un consensus sur la meilleure direction à suivre. Par rapport aux trajectoires à suivre, puisque vous me posez la question, je suis convaincu que le déploiement massif des technologies de décarbonation est indispensable dans tous les secteurs, principalement, même si pas uniquement, via l'électrification de nombreux usages. Cependant, mon analyse est également, tant d'un point de vue économique que social et environnemental, qu'il est indispensable de développer bien davantage que nous ne le faisons actuellement les politiques visant la maîtrise de la demande d'énergie et de matériaux, que ces derniers soient critiques ou non, biosourcés ou non. Le contexte géopolitique international actuel démontre bien cet enjeu. Les solutions technologiques seules ne suffiront pas. Prenons un exemple, le rail. Je m'efforce, en tant que ministre de la Mobilité, de contribuer au transfert modal des déplacements via l'amélioration et développement du transport par rail. Cela permet de réduire la consommation d'énergie liée au transport, les émissions de CO2, la consommation de matériaux pour les véhicules individuels, la congestion déjà très importante sur nos routes ou encore les émissions de particules fines qui nuisent gravement à notre santé. Dans tous les domaines de l'action publique, nous devons rechercher de telles synergies. Le lieu naturel pour poser ce genre d'orientation systémique est la "Stratégie à long terme" que chaque État-Membre de l'Union est tenu de développer. La dernière (et première) stratégie développée par la Belgique date de janvier 2020. Elle a été décrite par le Comité de Concertation qui l'avait validée à l'époque comme une stratégie "a minima" devant être mise à jour. Il est désormais devenu urgent de réaliser cette mise à jour au niveau belge, laquelle devra être effectuée d'ici la fin de l'année 2028 en vertu des réglementations européennes. Cette stratégie doit absolument servir de cadre au développement du prochain "Plan National Energie Climat" dont un projet est attendu pour fin 2027. Le dernier plan belge soumis à l'Europe en octobre 2025, comme le souligne l'analyse du BFP, ne met pas la Belgique sur la voie de la neutralité carbone à l'horizon 2050. Les travaux du BFP nous serviront à cet égard de source d'inspiration, au même titre que d'autres travaux similaires. De manière identique, cela devra servir nos discussions européennes à venir, telles que la nouvelle architecture, ou les objectifs 2040. Je compte donc plaider au sein de la Commission nationale Climat pour que nous démarrions au plus vite les travaux tant sur le Stratégie à long terme que sur le Plan national, en commençant par une discussion sur les manquements actuels de ces documents phares et sur la manière d'y remédier. En attendant, mon administration a pour consigne de continuer à travailler, avec le BFP et tous les acteurs pertinents, sur les grandes questions non-résolues que la transition climatique en Belgique pose. Je vous tiendrai informé à ce sujet. |