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Bulletin n° : B043 - Question et réponse écrite n° : 0807 - Législature : 56


Auteur Catherine Delcourt, MR (08086)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre Présence de Loxosceles en Belgique. - Évaluation du risque et réponse du système de santé.
Date de dépôt21/01/2026
Langue F
Publication question     B043
Date publication 27/02/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai20/02/2026

 
Question

Un récent cas survenu à Blegny a mis en lumière de potentielles lacunes dans la prise en charge médicale des morsures d'araignées dites "violonistes" (Loxosceles), dont la présence en Belgique, bien que rare, est désormais attestée par plusieurs spécialistes. Une habitante, après avoir écrasé l'araignée, a rapidement développé des symptômes graves: hématomes, cloques, douleurs aiguës, fièvre élevée, tachycardie et complications systémiques. Malgré sa connaissance du secteur des soins de santé, et après avoir contacté l'Institut de Médecine Tropicale d'Anvers, ce dernier n'a pas pris au sérieux la demande. Après plusieurs passages hospitaliers et un infarctus, elle a pu recevoir le sérum adapté. Or, des experts belges confirment que plusieurs espèces du genre Loxosceles, dont la Loxosceles rufescens présente dans le sud de la France, peuvent aujourd'hui se retrouver en Belgique, notamment via les transports internationaux. Certains rappellent d'ailleurs l'existence de cas antérieurs, parfois très graves. Il apparaît également que la Belgique ne dispose aujourd'hui d'aucun antidote contre ce venin et que la procédure actuelle repose principalement sur une évaluation clinique prudente, alors même que les populations de ces araignées semblent s'étendre vers le nord de l'Europe. 1. Comment expliquez-vous que les établissements spécialisés aient pu considérer comme non-sérieux un cas pourtant documenté comme plausible par plusieurs experts belges, alors même que des cas isolés ont été recensés ces dernières années? 2. Envisagez-vous une mise à jour des procédures internes ou une meilleure circulation de l'information entre hôpitaux, centres antipoisons et institutions de médecine tropicale? 3. Le Centre Antipoisons ne dispose actuellement d'aucun antidote contre les morsures de Loxosceles. Une évaluation est en cours, selon l'Institut de Médecine Tropicale. Pouvez-vous préciser le calendrier, les critères retenus et les conditions dans lesquelles un antidote pourrait être stocké sur le territoire belge? 4. Dans un contexte d'évolution climatique et de mondialisation des transports favorisant l'arrivée d'espèces potentiellement dangereuses, votre administration envisage-t-elle de développer un cadre de veille sanitaire spécialisé, associant notamment les universités, les centres antipoisons, afin d'améliorer la détection, la prévention et la gestion de ce type de risques?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B045
Date publication 13/03/2026, 20252026
Réponse

À l'heure actuelle, il n'existe en Europe aucun antidote ou sérum spécifiquement reconnu et autorisé pour les morsures d'araignées du genre Loxosceles. Un antivenin est apparement utilisé au Brésil, mais celui-ci n'est pas disponible sur le territoire européen. Dans ce contexte, et compte tenu de l'extrême rareté de ce type de cas en Belgique, il n'existe pas, à ce jour, de protocoles nationaux spécifiques dédiés à l'identification et à la prise en charge de ce type de morsure. Il convient toutefois de souligner que les professionnels de santé disposent de mécanismes de soutien et de concertation. En cas de suspicion de morsure venimeuse ou d'envenimation, les médecins peuvent à tout moment solliciter l'avis du Centre Antipoisons. La prise en charge repose principalement sur un traitement symptomatique, conformément aux bonnes pratiques médicales générales applicables aux morsures d'insectes ou d'arachnides, comme contrôle de la réaction inflammatoire notamment par l'administration d'antihistaminiques, prise en charge de la douleur, soins locaux de la plaie, désinfection et refroidissement de la zone concernée, et cetera. Enfin, la gestion des nuisibles est une question de coopération entre les différents niveaux de pouvoir et les acteurs privés, chacun agissant dans le cadre de ses compétences spécifiques. Les régions, avec des organismes régionaux tels que Bruxelles Environnement ou le Service public de Wallonie - Environnement sont notamment compétents en matière de biodiversité, d'espèces protégées et de gestion des nuisances dans l'espace public régional.