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Question et réponse écrite n° : 0370 - Législature : 56


Auteur Charlotte Deborsu, MR (08138)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre La situation à Alep (QO 012382C).
Date de dépôt26/01/2026
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai27/02/2026

 
Question

Alors que la situation entre le nouveau régime syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS) semblait s'être apaisée et même évoluer vers un possible accord d'intégration de ces dernières, la situation a fortement dégénéré à Alep dans les quartiers d'Achrafieh et de Sheikh Maqsoud. L'armée syrienne, avec le soutien de la Turquie, est intervenue dans ces quartiers majoritairement kurdes et est entrée en confrontation avec les FDS ainsi qu'avec les forces de police locales, provoquant le déplacement d'une partie de la population civile. Ces événements soulèvent de sérieuses interrogations quant à la capacité du régime d'Ahmed Al-Sharaa à gérer les tensions internes autrement que par le recours à la force, voire à contrôler ses propres troupes, dont certaines sont issues de groupes armés djihadistes. Ils s'inscrivent par ailleurs dans un contexte plus large de violences communautaires touchant différentes minorités du pays, notamment les Alaouites, les Druzes et les Kurdes. Ces derniers ont été et sont encore un rempart dans la lutte contre Daech. Ces affrontements surviennent au moment où la Syrie s'apprête à recevoir d'importantes aides financières de l'Union européenne. 1. La Belgique compte-t-elle condamner clairement les violences et exactions commises par les forces du régime syrien à l'encontre de la population kurde à Alep, une population qui a déjà énormément souffert depuis 2012? 2. La Belgique, en lien avec l'Union européenne, entend-elle conditionner son aide financière au comportement du régime syrien, afin d'éviter de financer un nouveau régime militaire centralisé et de soutenir, au contraire, l'émergence d'un système politique respectueux des droits humains et des différentes communautés du pays?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B043
Date publication 27/02/2026, 20252026
Réponse

Dans une intervention orale récente, j'ai condamné avec la plus grande fermeté - au nom de la Belgique - les actes de violence qui ont été posés lors de ces affrontements et notamment au nord d'Alep. Les civils doivent être protégés et les responsables devront être jugés. Nos préoccupations avaient également été exprimées le 10 janvier dernier au travers d'un communiqué européen. Depuis le début du conflit, la Belgique a été particulièrement active sur la question de la lutte contre l'impunité. Cet engagement continue aujourd'hui. J'ai encore décidé il y a un mois de financer à hauteur de plusieurs centaines de milliers d'euros un projet de renforcement de la justice transitionnelle en Syrie. Aujourd'hui comme hier, la Belgique soutient l'unité et l'intégrité territoriale de la Syrie. La Belgique est persuadée que le succès d'une Syrie pacifique, stable et inclusive, réside dans une transition négociée qui englobe pleinement la diversité ethnique, religieuse et politique et garantit l'égalité des droits pour tous les citoyens syriens. Notre pays est déterminé à soutenir ce processus. Nous oeuvrons à favoriser une désescalade et la recherche d'un modus vivendi qui convienne à toutes les parties. L'Union européenne et les États membres examinent sur base permanente la pertinence de nos engagements avec la Syrie, sur la base d'un suivi étroit de la situation dans le pays et en particulier des questions mentionnées ci-dessus. Notre attention ne déviera pas sur ce point.