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| Auteur | Charlotte Deborsu, MR (08138) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | Réaction de la Belgique face aux atteintes au droit international (QO 012175C). |
| Date de dépôt | 23/01/2026 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 27/02/2026 |
| Question |
Je ne vais pas verser une larme sur le sort du président Maduro. Mais les méthodes et les discours du président Trump, eux, doivent nous inquiéter sérieusement. Depuis des mois, il multiplie les attaques contre l'Union européenne, affiche un mépris de plus en plus assumé pour le droit international, pour l'ONU, pour le multilatéralisme en général. Ces derniers jours, il est même allé jusqu'à évoquer, très ouvertement, une possible annexion du Groenland, territoire d'un État membre de l'Union, dans un style et un vocabulaire qui en disent long. Soyons clairs: quand la première puissance mondiale traite ainsi ses alliés, piétine les règles internationales et ridiculise les Nations Unies, ce n'est pas anodin. La question n'est plus de savoir si cela nous choque, mais ce que nous faisons concrètement pour y répondre. Personne ici n'a envie de voir l'ONU finir comme la Société des Nations. 1. Que compte plaider la Belgique à l'ONU face à cette remise en cause frontale du droit international? 2. Quelle position la Belgique défend-elle au sein de l'Union européenne lorsque le président américain menace, même verbalement, l'intégrité territoriale d'un État membre via le Groenland? 3. Comment l'Union européenne peut-elle enfin parler d'une voix forte, claire et unie face à un président américain qui ne cache pas son mépris pour elle? 4. Estimez-vous que la manière d'aborder le droit international ne devrait pas évoluer face aux réalités actuelles, notamment lorsque celui-ci est invoqué pour défendre des dirigeants dont la légitimité démocratique, comme celle de monsieur Maduro, est contestée? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B043
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| Date publication | 27/02/2026, 20252026 |
| Réponse |
Les événements autour du président Maduro et les déclarations du président Trump au sujet du Groenland mettent en effet notre ordre juridique international d'après-guerre sous pression. Vous connaissez désormais ma position; nous en avons déjà longuement débattu dans cet hémicycle. Respect du droit international, respect de la souveraineté et de l'intégrité territorialité de chacun, respect entre alliés. Ce qui importe maintenant, c'est la leçon que nous tirons de cet épisode et la manière dont nous allons y faire face à l'avenir. À l'avenir, l'Europe devra agir de manière plus assertive, plus unie et beaucoup moins naïve dans ses relations extérieures. Nous devons cesser de nous adapter automatiquement lorsque d'autres exercent des pressions. Et lorsque le dialogue ne suffit plus, nous devons être prêts à utiliser les instruments dont nous disposons afin d'obtenir le respect que notre Union mérite. Mais pour que nous puissions réellement agir avec cette assertivité et cette unité, une condition indispensable s'impose: l'Union européenne doit continuer à démontrer sa pertinence et devenir stratégiquement plus résiliente. Cela suppose un renforcement de notre autonomie stratégique et des investissements accrus dans notre défense commune, éléments essentiels pour préserver notre crédibilité et soutenir les positions que nous entendons faire respecter. Il reste donc beaucoup à accomplir. Enfin, concernant la nécessité d'un droit international "évolutif" à la lumière des violations actuelles: ma réponse est négative. Il s'agit d'un sujet délicat qui requiert une certaine prudence. Qui déterminera en effet quels dirigeants sont suffisamment "illégitimes" pour perdre leur protection juridique? Cela ouvre la porte à l'arbitraire, permettant aux États puissants d'intervenir selon leur bon vouloir. Le droit international nécessite de la constance et de la cohérence. Ceci n'empêche pas de contester la légitimité de Maduro. |