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Question et réponse écrite n° : 0813 - Législature : 56


Auteur Sophie Thémont, PS (07262)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre La perception de la rémunération et la reconnaissance des travailleurs belges.
Date de dépôt29/01/2026
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai06/03/2026

 
Question

Une enquête récente menée par Partena Professional auprès de 2.000 travailleurs et 250 employeurs révèle un décalage important entre la perception des travailleurs et celle des employeurs concernant la reconnaissance salariale. Près de la moitié des salariés (46,8 %) estiment que leurs efforts ne sont pas suffisamment valorisés, tandis que 78,5 % des employeurs considèrent que leurs collaborateurs le sont. L'étude souligne également que plus de 4 Belges sur 10 jugent leur salaire "plutôt bas", avec des écarts marqués selon le genre et l'âge. 1. Vos services disposent-ils de données officielles permettant de confirmer ou de nuancer ce décalage de perception entre travailleurs et employeurs concernant la valorisation salariale? 2. Disposez-vous d'indicateurs détaillés, notamment ventilés par âge, genre, niveau de diplôme, secteur et statut d'emploi, relatifs à la perception de la rémunération, à la satisfaction salariale et à la reconnaissance au travail? 3. Des analyses récentes ont-elles été menées sur l'impact de ce déficit de reconnaissance sur le bien-être au travail, la rotation du personnel et les difficultés de recrutement dans certains secteurs? 4. Le gouvernement envisage-t-il de renforcer les outils de transparence salariale ou les dispositifs visant à améliorer la cohérence entre rémunération, reconnaissance et engagement des travailleurs?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B043
Date publication 27/02/2026, 20252026
Réponse

1. Les autorités publiques ne collectent pas de données sur la perception du salaire, ni auprès des employeurs, ni auprès des travailleurs. Eurofound collecte toutefois des données d'enquête qui évaluent la satisfaction des travailleurs. Les dernières données concernent l'année 2021 (les données pour 2024 n'ont pas encore été publiées). Il en ressort que 66 % des travailleurs belges sont tout à fait ou plutôt d'accord avec l'affirmation selon laquelle ils sont suffisamment rémunérés pour leur travail, contre une moyenne de 58 % dans l'UE (les valeurs extrêmes sont la Roumanie avec 74 % et la France avec 45 %). Aucune donnée n'a été collectée sur la perception des employeurs. 2. Sur base des mêmes données d'Eurofound, les hommes et les femmes partagent les mêmes niveaux d'(in)satisfaction. De même, il n'y a pratiquement aucune différence selon l'âge dans notre pays, les personnes âgées et les jeunes se révélant légèrement plus satisfaits que les 35-49 ans. Les travailleurs sous contrat temporaire se sont révélés légèrement plus satisfaits que ceux sous contrat à durée indéterminée. Les différences entre les secteurs sont plutôt faibles; seuls l'agriculture et l'industrie affichent un score nettement inférieur. Une analyse détaillée des chiffres n'a d'ailleurs guère de sens, étant donné que les enquêtes d'Eurofound sont basées sur un échantillon plutôt restreint. 3. Dans une économie de marché, les salaires sont le résultat de l'interaction entre l'offre et la demande. Les chiffres de Partena ne sont donc guère surprenants, compte tenu également du coin fiscal (la différence entre les coûts salariaux et le salaire net) qui est assez élevé dans notre pays. Il va de soi que le salaire, parmi d'autres facteurs, joue un rôle dans le bien-être général des travailleurs, de même que de nombreux autres facteurs. Nous pouvons en outre partir du principe qu'outre le salaire, le revenu total du ménage est également important. 4. La Belgique transposera la directive européenne sur la transparence salariale. De plus, le gouvernement fédéral s'efforce de réduire autant que possible l'écart entre l'offre et la demande sur le marché du travail (constitué par les salaires et les cotisations sociales). Par ailleurs, la politique visant à faire correspondre l'offre et la demande sur le marché du travail relève principalement de la compétence des régions et des communautés, notamment par le biais de la politique de formation et d'éducation et de la politique économique.