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Question et réponse écrite n° : 0116 - Législature : 56


Auteur Patrick Prévot, PS (06967)
Département Ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME
Sous-département Classes moyennes, Indépendants,PME
Titre Les allergies cutanées non-reconnues comme maladies professionnelles dans le secteur de la coiffure (QO 008611C).
Date de dépôt04/02/2026
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai06/03/2026

 
Question

Le 27 septembre 2025, le journal L'Avenir relatait la difficulté pour Pascale d'exercer son métier de coiffeuse indépendante, un métier qu'elle exerce depuis 1979. Comme bien d'autres, cette femme fait face à des allergies cutanées sévères qui la poussent à continuer de travailler avec une double paire de gants, solution de fortune pour atténuer l'eczéma qui continue malgré tout à se propager sur ses mains. La dermatologue de Pascale a rempli tout un dossier pour l'Agence fédérale des risques professionnels, mais l'allergie n'a pas pu être reconnue comme une maladie professionnelle. Elle l'est pour les salariés du secteur privé ainsi que pour le personnel des communes et des provinces mais pas pour les indépendants. Or, ceux qui travaillent dans ce secteur sont exposés de manière répété et en milieu fermé à divers agents chimiques (je pense aux persulfates alcalins), avec un risque élevé de développer des allergies de contact ainsi que de l'asthme professionnel, un asthme qui toucherait entre 1 et 4 % des coiffeurs, un chiffre sous-estimé selon une pneumologue de l'Hôpital Universitaire de Bruxelles citée dans l'article. Pouvez-vous donner votre retour quant à une extension de la reconnaissance des allergies cutanées sévères et de l'asthme aux indépendant(e)s qui exercent dans le secteur de la coiffure? Quelle est votre position sur le sujet?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B042
Date publication 19/02/2026, 20252026
Réponse

La situation que vous évoquez est évidemment interpellante et rappelle les difficultés concrètes rencontrées par certains indépendants lorsque leur santé est affectée par leur activité professionnelle, sans toujours bénéficier d'une reconnaissance adaptée. Je souhaite tout d'abord rappeler que l'Agence fédérale des risques professionnels (Fedris), est l'organisme public chargé de la reconnaissance et de l'indemnisation des maladies professionnelles et des accidents du travail. Son champ de compétence est toutefois limité aux travailleurs du secteur privé ainsi qu'au personnel des communes et des provinces. Le statut social des indépendants ne prévoit pas la notion de risques professionnels. Fedris ne dispose donc d'aucune base légale pour reconnaître une maladie professionnelle chez un indépendant. Cela ne signifie toutefois pas qu'il n'existe aucune couverture dans le cadre de la sécurité sociale applicable aux indépendants. En effet, lorsqu'un indépendant contracte une maladie ou est victime d'un accident en lien avec son activité, et que cette affection serait considérée comme une maladie professionnelle ou un accident du travail s'il était salarié, il peut bénéficier de l'assurance maladie-invalidité légale, qui constitue l'une des branches du statut social des indépendants. Concrètement, un indépendant qui, par exemple, développe une réaction allergique l'empêchant de poursuivre son activité peut introduire une demande auprès de sa mutualité afin d'être reconnu en incapacité de travail et percevoir une indemnité. Cette démarche repose sur un certificat d'incapacité délivré par son médecin traitant. L'indépendant transmet ce certificat à sa mutualité, dont le médecin-conseil décidera de la reconnaissance éventuelle de l'incapacité de travail.