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Question et réponse écrite n° : 0357 - Législature : 56


Auteur Werner Somers, VB (07888)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre Une possible escalade à propos de la question de Taïwan.
Date de dépôt20/01/2026
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai20/02/2026

 
Question

Les tensions à propos de la question de Taïwan s'intensifient. Taïwan n'est pas seulement un acteur géopolitique crucial mais joue également un rôle clé dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, notamment dans le domaine des semi-conducteurs et des technologies de pointe. Une escalade militaire ou un blocus aurait un impact considérable sur l'économie européenne et belge, l'industrie de la défense et l'autonomie stratégique de l'Union européenne. 1. Le gouvernement belge a-t-il analysé les risques liés aux conséquences économiques et industrielles d'une éventuelle escalade à propos de Taïwan? 2. A-t-on déjà élaboré des scénarios concernant les perturbations dans l'approvisionnement des entreprises belges en semi-conducteurs et autres composants critiques? 3. Des concertations sont-elles organisées sur le sujet avec les partenaires européens et au sein de l'OTAN? 4. La Belgique dispose-t-elle de lignes directrices ou de plans d'urgence pour les entreprises et les institutions qui dépendent directement de la technologie ou de la production taïwanaise? 5. Dans quelle mesure le gouvernement belge laisse-t-il la réalité économique guider sa politique à l'égard de Taïwan, indépendamment de la position diplomatique officielle envers la République populaire de Chine?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B042
Date publication 19/02/2026, 20252026
Réponse

Pour les points 1, 2 et 3, je vous renvoie à ma réponse à la question orale n° 9220C de votre collègue, Mme Van Riet, concernant l'accord 50-50 relatif au producteur de puces TSMC, ainsi qu'à ma réponse à votre question orale n° 11866C au sujet d'une possible escalade durant la période 2026-2027. La Belgique reconnaît l'importance cruciale du secteur des semi-conducteurs pour la prospérité économique, l'innovation et la sécurité de notre pays. Ce dossier est suivi de près par mes services, en concertation avec les partenaires concernés. La Belgique plaide de manière constante, au niveau de l'Union Européenne, pour un renforcement de l'écosystème européen des semi-conducteurs et a été étroitement impliquée dans l'élaboration de l'EU Chips Act. Le Pilier 3 de cet acte prévoit la cartographie et le suivi de la chaîne de valeur internationale des semi-conducteurs ainsi que l'analyse de l'impact d'éventuelles perturbations. Il prévoit également le développement d'instruments européens pour la coordination en temps de crise et pour les mesures d'urgence. La Commission, les États membres et l'European Semiconductor Board (ESB) ont travaillé ces dernières années à la mise en oeuvre de ces outils. En novembre 2025, les États membres et la Commission, avec le soutien du consortium CHIPDIPLO, ont organisé un exercice de simulation. Celui-ci simulait l'impact d'une perturbation de la chaîne d'approvisionnement afin de tester le fonctionnement de la coordination de crise et des mesures d'urgence. Les enseignements tirés de cet exercice seront évalués afin d'améliorer notre boîte à outils et nos plans. Outre la préparation aux crises, les Piliers I et II de l'EU Chips Act prévoient également de stimuler la production et l'innovation dans le secteur des semi-conducteurs au sein de l'UE, afin de renforcer l'autonomie stratégique de l'Union dans ce domaine. La combinaison de ces deux dimensions est nécessaire pour accroître notre résilience face aux perturbations. La Belgique continue de soutenir ces travaux, notamment par l'intermédiaire de ses représentants au sein du ESB. La Belgique, notamment via la Semicon Coalition, appelle également à une politique européenne ambitieuse en matière de semi-conducteurs au travers d'un European Chips Act 2.0. En dehors du niveau européen, le renforcement et la sécurisation des chaînes de valeur des semi-conducteurs sont également discutés dans divers fora multilatéraux, tels que, p. ex. la Government Authorities Meeting on Semiconductors (GAMS, réunissant notamment les États-Unis, la Chine, l'industrie, etc.), le Semiconductor Informal Exchange Network à l'Organisation de coopération et de développement économiques, ou encore le Semiconductor Points of Contact group du G7. Au niveau bilatéral également, l'UE engage le dialogue avec Taïwan afin de renforcer notre chaîne de valeur des semi-conducteurs. Ainsi, le quatrième EU-Taiwan Trade and Investment Dialogue s'est encore tenu à la fin de l'année dernière, où ce sujet a aussi été abordé. En marge de la conférence SEMICON Europa à Munich, un EU-Taiwan Semiconductor Industry Dialogue a également eu lieu. L'UE travaille donc de manière proactive à accroître notre résilience face à d'éventuelles perturbations dans nos chaînes d'approvisionnement en semi-conducteurs, y compris celles provenant de Taïwan, et la Belgique approuve et soutient ces efforts. En réponse à votre question précédente concernant une possible escalade militaire durant la période 2026-2027, l'attention a déjà été attirée sur les plans de défense existants pour le continent européen, et il a été souligné que, dans le cadre de l'OTAN, des scénarios de conflit multiples sont explicitement pris en compte. Dans le contexte géopolitique actuel, il est indispensable d'être préparé à une série de défis sécuritaires. C'est pourquoi le gouvernement adopte une approche globale pour renforcer la résilience de la Belgique, reposant sur trois plans essentiels: le Plan national de défense, le Plan national d'Enablement dans le cadre de la défense collective, et le Plan national de résilience, qui s'appuie également sur l'implication des régions, du secteur économique et de la population. Par ailleurs, la Stratégie nationale de sécurité est actuellement en cours de mise à jour. Un élément essentiel concerne la sécurité économique Compte tenu de mes responsabilités, je pilote, avec mon collègue à l'Économie, le vice-premier ministre Clarinval, un exercice politique visant à élaborer une politique de sécurité économique pour notre pays. L'objectif est précisément de pouvoir cartographier et gérer ces risques géoéconomiques avec une efficacité encore plus grande qu'aujourd'hui. Quant au dernier point, qui s'inscrit dans le prolongement de votre question orale n° 11863C concernant les exercices militaires à grande échelle de la République populaire de Chine autour de Taïwan, la Belgique applique depuis toujours la politique d'"Une seule Chine" et continue de l'appliquer strictement et sans changement, tout comme la grande majorité de la communauté internationale. Cette politique découle de la Résolution 2758 de l'Assemblée générale des Nations unies de 1971, selon laquelle la Belgique reconnaît la République populaire de Chine comme le seul représentant de la Chine. Conformément à cette politique, la Belgique entretient uniquement des contacts économiques, administratifs et culturels avec Taïwan. La paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan sont d'importance stratégique pour la sécurité et la prospérité régionales et internationales. Nous soulignons constamment l'importance de la paix, de la stabilité, de la retenue et du règlement des différends par le dialogue, conformément au droit international et à la Charte des Nations unies. La Belgique ne prendra aucune initiative susceptible de porter atteinte à la politique d'"Une seule Chine". La Belgique mise sur une réduction pacifique des tensions et sur la stabilité, via une concertation étroite au sein de l'UE et avec ses partenaires, afin de promouvoir la désescalade et le dialogue, et souligne de manière constante l'importance de la retenue.