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Question et réponse écrite n° : 0348 - Législature : 56


Auteur Lydia Mutyebele Ngoi, PS (08151)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre Les pertes d'emploi au sein des ONG belges de coopération au développement (QO 011574C).
Date de dépôt13/01/2026
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai13/02/2026

 
Question

Des récentes études ont montré que sur la période 2024-2026, l'aide publique au développement à l'échelle mondiale devrait chuter de 52 milliards d'euros, soit plus du quart de l'aide mondiale totale. Vous n'êtes pas étranger à cette chute mondiale puisque la Belgique a elle-même annoncé réduire de 25 % son budget alloué à l'aide au développement. Outre l'impact sur les projets en tant que tels, outre les conséquences énormes sur les populations bénéficiant de l'aide au développement, citons l'estimation récente de 22 millions de décès d'ici 2030 comme suite directe des coupes budgétaires mondiales, les ONG risquent d'être forcées de réduire drastiquement leur masse salariale, et donc de licencier massivement. Une récente étude française de Coordination Sud, cofinancée par l'État français, a publié en ce sens des chiffres inquiétants: rien que pour les ONG françaises, on estime que 10.000 personnes ont déjà perdu leur emploi. De plus, comme nous le craignions, et à l'instar de ce que vous imposez à la direction générale Coopération au développement et Aide humanitaire, l'étude met en avant que par manque de moyens, les ONG se voient obligées de concentrer leurs projets sur l'aide humanitaire, et ainsi de s'éloigner de leurs projets axés sur le développement, soit des actions préventives qui permettent d'assurer la stabilité et de réduire les risques de crises futures. 1. À l'instar de l'estimation faite pour les ONG françaises, pouvez-vous partager des données sur le nombre de personnes qui risquent de perdre leur emploi au sein des ONG belges, comme conséquence des coupes budgétaires mondiales? 2. Constatez-vous déjà un déplacement des projets de notre coopération non gouvernementale vers des projets humanitaires aux dépens d'autres domaines du développement, tel que l'étude l'a montré pour le cas français?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B042
Date publication 19/02/2026, 20252026
Réponse

Je n'ai pas connaissance d'une étude similaire - à l'instar de la France - avec des chiffres précis sur le nombre d'emploi à risques dans le secteur de la coopération en Belgique. Je souhaite néanmoins vous assurer que je partage entièrement votre préoccupation. Une économie de 25 % sur le budget de la Coopération au développement a forcément des conséquences importantes, sur nos partenariats, les programmes et leurs résultats, mais également sur le personnel qui travaille dans le secteur. Pour les acteurs non gouvernementaux, je vous rappelle que j'ai décidé de préserver les programmes en cours jusqu'au 31 décembre 2026, et ainsi d'appliquer les économies qu'à partir de 2027, avec le nouveau cycle de programmation. Il est dès lors trop tôt pour déjà pouvoir faire des estimations concrètes sur l'impact en termes d'emplois à ce stade. Nous avons reçu le 15 décembre les propositions de cadres stratégiques communs des acteurs non gouvernementaux, conformément à la procédure en vigueur. À la mi-juin 2026, les propositions de programmes par les acteurs non gouvernementaux nous serons transmises. Ce n'est que suite à l'analyse de ces programmes, au cours du deuxième semestre de 2026, que je serai amené à prendre une décision sur l'octroi des subventions. D'après les chiffres dont je dispose pour le secteur des organisations de la société civile (OSC), l'emploi tourne autour de 2.000 salariés en Belgique, 150 expatriés dans les pays partenaires et 2.100 employés locaux. Ces chiffres ne prennent pas en compte l'organisation Médecins Sans Frontières, qui n'est ni accréditée, ni subventionnée. La majorité des pertes d'emplois devrait se produire au niveau du personnel local dans les pays partenaires de la coopération belge avec l'arrêt de projets et de partenariats suite aux coupes budgétaires. Cependant des pertes d'emplois en Belgique sont également inévitables avec une coupe de 25 % sur les budgets de la coopération. Pour le volet des OSC, nous pouvons estimer ces pertes entre 150 et 350 emplois en Belgique. À ce stade, il est très difficile de se projeter. La coupe par organisation ne sera connue qu'après l'examen des propositions de programmes, dont la décision est attendue à début 2027. Cependant, certaines organisations ont déjà pris des mesures avec le non-remplacement de départs et le gel des embauches jusqu'à nouvel ordre. Pour ce qui est votre question par rapport au déplacement des activités de la coopération au développement vers l'humanitaire, je peux vous informer qu'il n'y a pas lieu de faire un tel constat. En effet, les activités de coopération au développement et les activités humanitaires sont financées sur des allocations de base différentes, et ma décision de préserver l'aide humanitaire n'a pas été contrebalancée par la réduction de 25 % imposée aux budgets de la coopération non gouvernementale. Par ailleurs, certaines ONGs financées par la coopération belge ont en effet des doubles casquettes, humanitaire et développement, mais dans un contexte où de plus en plus de pays se trouvent en situation de fragilité et/ou de crise prolongée, les deux acteurs opèrent ensemble de façon coordonnée conformément à la logique du "triple nexus".