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Question et réponse écrite n° : 0345 - Législature : 56


Auteur Anthony Dufrane, MR (06327)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre Le nouveau président chilien et l'impact attendu sur les relations entre la Belgique et le Chili (QO 011759C).
Date de dépôt09/01/2026
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai13/02/2026

 
Question

L'élection de José Antonio Kast à la présidence du Chili, marquée par un discours d'extrême droite, une nostalgie affichée pour la dictature de Pinochet, et des propositions radicales en matière de sécurité, comme l'expulsion des migrants irréguliers, et de société avec l'opposition au mariage homosexuel, suppression du ministère des Droits des femmes, représente un nouveau tournant politique majeur en Amérique du sud. Ce changement intervient dans un contexte où le Chili reste un partenaire économique et diplomatique important pour la Belgique, comme le montre la visite royale qui s'y est déroulé en juin 2025. Alors que le nouveau président chilien s'apprête à prendre ses fonctions en mars 2026, il est essentiel d'évaluer les conséquences de cette élection sur les relations bilatérales, les accords commerciaux, et la coopération en matière de droits humains et d'environnement. 1. Comment la Belgique compte-t-elle adapter sa politique étrangère et ses relations diplomatiques avec le Chili à la lumière de l'élection de José Antonio Kast, notamment en ce qui concerne les valeurs démocratiques, les droits humains et l'État de droit? Envisagez-vous des consultations avec les partenaires européens pour coordonner une position commune face aux positions controversées du nouveau gouvernement chilien? 2. Quels sont les risques pour les accords commerciaux et les investissements belges au Chili, compte tenu des orientations néolibérales et des tensions sociales internes que pourrait générer la politique de monsieur Kast? Une révision des accords existants est-elle envisagée, ou des clauses conditionnelles pourraient-elles être introduites pour garantir le respect des droits fondamentaux? 3. Comment la Belgique entend-elle aborder les questions des droits des femmes, des minorités, et des migrants alors que monsieur Kast a annoncé vouloir supprimer le ministère des Droits des femmes et expulser les migrants en situation irrégulière? 4. Des mécanismes de dialogue ou de pression diplomatique sont-ils prévus pour rappeler les engagements internationaux du Chili en matière de droits humains? 5. Une évaluation des impacts potentiels de l'axe Kast-Milei sur la stabilité régionale et les intérêts belges en Amérique latine est-elle en cours?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B042
Date publication 19/02/2026, 20252026
Réponse

1. À ce stade, un large consensus existe sur la continuité de la politique étrangère chilienne. Même si des ajustements de ton ou de priorités sont possibles, rien n'indique que le futur gouvernement chilien cherchera à s'affranchir des principes démocratiques. Les valeurs démocratiques, les droits humains et l'État de droit sont au coeur de l'action extérieure belge et européenne. Comme pour toute évolution politique majeure, des consultations au sein de l'Union européenne sont prévues. Pas moins de 18 États membres de l'Union européenne comptent une représentation à Santiago, en plus de la délégation de l'UE. Ces consultations permettront d'assurer une lecture commune de la situation et, le cas échéant, de coordonner une position européenne cohérente et équilibrée. 2. Les relations commerciales de la Belgique avec le Chili sont régies par des accords conclus au niveau de l'Union européenne. En attente de la ratification complète de l'Accord Cadre Avancé signé en 2023, un accord commercial intérimaire est en application depuis le 1er février 2025. Cet accord comprend un chapitre sur le commerce et le développement durable, avec des dispositions contraignantes, notamment en ce qui concerne le respect et la mise en oeuvre des normes internationales en matière d'environnement, de bonne gouvernance ou et de droits fondamentaux du travail. Un processus de réexamen de ce chapitre a été lancé en mai dernier avec pour objectif principal d'ajouter l'Accord de Paris comme élément essentiel de l'accord, de permettre des sanctions en cas de manquements graves sur les principes fondamentaux de l'OIT et de l'Accord de Paris, ainsi que d'intégrer des dispositions sur le genre. La Belgique soutient une approche aussi ambitieuse que possible et suivra attentivement l'impact potentiel du changement d'administration sur ces négociations. 3. La Belgique entend poursuivre le dialogue institutionnalisé entre le Chili et l'Union européenne sur les droits humains. Il s'agit d'un mécanisme essentiel pour la promotion et la protection des droits humains, la mise en oeuvre des instruments internationaux, la promotion de l'égalité de genre et la lutte contre toutes les formes de discrimination. La Belgique continuera d'aborder ces questions de manière constructive dans nos échanges bilatéraux. Nous entendons également poursuivre la coopération étroite au niveau multilatéral, notamment au sein des fora internationaux dédiés à la promotion et à la protection des droits humains, tels que le Conseil des Droits de l'Homme. 4. Le déplacemen du président élu Kast à Buenos Aires après son élection a été perçu comme un signe de rapprochement bilatéral avec l'Argentine après une période de tensions entre les deux pays. La stabilité régionale en Amérique latine est suivie de près, au travers des consultations entre États membres de l'UE et des rapports de nos postes diplomatiques dans la région. Ces instruments permettent de prendre en compte l'impact sur nos intérêts de nouvelles dynamiques politiques, y compris celles pouvant découler d'un rapprochement entre Santiago et Buenos Aires.