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| Auteur | Patrick Prévot, PS (06967) |
| Département | Ministre de l'Action et de la Modernisation publiques, chargée des Entreprises publiques, de la Fonction publique, de la Gestion immobilière de l'État, du Numérique et de la Politique scientifique |
| Sous-département | Action et Modernisation publ., Entr. publ., Fonction publ., Gestion immo., Numérique, ESF |
| Titre | L'annotation dans le secteur de l'IA (QO 012352C). |
| Date de dépôt | 28/01/2026 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 27/02/2026 |
| Question |
L'intelligence artificielle (IA) se développe à une vitesse folle, ce n'est plus à démontrer. Dans les coulisses de son développement existe "l'annotation", un travail qui consiste à qualifier les données qui servent à entraîner l'IA. Selon la Banque mondiale, en 2023, on estime qu'entre 150 millions et 400 millions de personnes vivent de ce métier méconnu, essentiellement en Inde et sur le continent africain. Le 3 janvier 2026, le site Le Monde.fr publiait un article sur "la précarité des petites mains de l'IA" en se basant sur les témoignages de travailleurs de l'île de Madagascar. Ces travailleurs en amont de l'algorithme sans qui l'IA ne pourrait pas se déployer à la vitesse que nous connaissons vivent pourtant dans des conditions extrêmement précaires. Payés quelques centimes à la tâche, sans aucune sécurité d'emploi, les plateformes numériques exploitent cette main d'oeuvre du clic à bas coût comme nous l'avons déjà vu et comme nous le connaissons dans d'autres secteurs, comme la fast fashion. L'annotation existe et existera toujours: les systèmes d'IA ne pourront jamais se passer de ces travailleurs du clic. Dylan Baker, ancien ingénieur pour Google affirme, je cite: "C'est une stratégie marketing bien ficelée des plateformes que d'affirmer qu'un jour l'IA n'aura plus besoin des humains. Mais ce n'est absolument pas viable. Sans apport humain constant, les modèles d'IA finiraient par s'autodétruire". 1. Dans le cadre de vos compétences strictes, en tant que ministre du Numérique, quel est votre retour sur l'existence de ces millions de travailleurs précaires qui permettent de développer l'IA? 2. L'Union européenne compte-t-elle se pencher sur cette exploitation, sur le rôle joué par les plateformes numériques et sur leurs responsabilités? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B041
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| Date publication | 10/02/2026, 20252026 |
| Réponse |
Comme vous le soulignez, un travail humain essentiel se cache derrière l'intelligence artificielle (IA), souvent réalisé dans des conditions précaires. Nous ne pouvons ignorer cette réalité et nous avons le devoir de nous en préoccuper. Je précise toutefois que la compétence en matière de travail et de conditions de travail relève de mon collègue, le ministre David Clarinval. C'est donc lui qui porte ces dossiers au niveau national et européen. Sur le plan numérique, nous suivons de près les discussions européennes sur la responsabilité des plateformes et la transparence des chaînes de valeur. L'Union européenne agit déjà via des textes comme le Digital Services Act et le AI Act, qui imposent des obligations en matière de gouvernance et d'éthique. Mais il est clair que la question sociale liée à l'IA doit être intégrée dans ces débats. En résumé, nous soutenons une approche européenne qui combine dignité humaine, innovation et responsabilité, et je continuer de travailler en coordination avec le ministre compétent pour que la Belgique contribue activement à ces discussions. |