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| Auteur | Ellen Samyn, VB (07076) |
| Département | Ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur |
| Sous-département | Défense, Commerce ext. |
| Titre | Les déclarations sur la Turquie en tant qu'acteur incontournable en matière de sécurité. - Rupture avec les positions antérieures du parti. |
| Date de dépôt | 29/12/2025 |
| Langue | N |
| Publication question |
B041
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| Date publication | 10/02/2026, 20252026 |
| Statut question | Question publiée sans réponse |
| Date de délai | 30/01/2026 |
| Question |
Dans une interview récemment accordée à l'agence Anadolu, vous avez déclaré: "I don't believe in a security scenario without Türkiye", décrivant la Turquie comme un acteur indispensable pour la sécurité et l'architecture de défense européennes. Vous affirmez explicitement qu'aucune politique de sécurité réaliste n'est possible sans l'implication de la Turquie. "We need Turkish people, we need Turkish industry, Turkish politics, Turkish diplomacy. I think it was a great day. We need to cooperate together with Türkiye and Belgium. Türkiye has a really strong defense, strong defense industry, big companies". Ces déclarations marquent une rupture radicale avec les positions antérieures de votre parti (N-VA) quant au rôle de la Turquie au sein de l'OTAN. Deux articles à ce sujet retiennent particulièrement mon attention. Dans le premier article, datant de 2019 et intitulé "We hebben een sterke NAVO nodig", la N-VA soulignait que plusieurs alliés de l'OTAN, dont la Turquie, affaiblissaient l'alliance en sapant sa cohésion interne. L'article mettait en avant le fait que l'OTAN était confrontée à des tensions internes causées par des États membres qui n'agissaient plus de manière fiable ou loyale. Je pense également à l'article d'opinion intitulé "Quo Vadis, Turkije?", publié en 2020, dans lequel la Turquie était décrite comme un pays s'éloignant de plus en plus des valeurs occidentales, avec une politique intérieure autocratique, une ingérence étrangère agressive et des interventions militaires. L'auteur y affirmait que la Turquie se dirigeait vers une position sortant du cadre de sécurité occidental et que son comportement n'était plus compatible avec une adhésion loyale à l'OTAN. Au centre des critiques formulées par la N-VA figuraient de nombreux exemples d'agressions et de violations turques (de même que dans les positions de notre parti sur les relations avec la Turquie): - les opérations militaires unilatérales de la Turquie en Syrie contre les partenaires kurdes de la coalition contre l'EI; - l'achat du système de défense aérienne russe S-400; - le soutien militaire et logistique de la Turquie à l'Azerbaïdjan, qui a conduit à l'expulsion de la population arménienne du Haut-Karabakh. Vos récentes déclarations semblent aller totalement à l'encontre de cette position antérieure. Votre affirmation selon laquelle vous ne croyez pas en une architecture de sécurité sans la Turquie est en contradiction avec: - l'ancienne vision de désengagement stratégique vis-à-vis de la Turquie; - le positionnement critique antérieur dans le contexte de l'OTAN; - l'opinion selon laquelle la Turquie n'était pas un allié loyal au sein de l'OTAN. 1. Votre déclaration signifie-t-elle que l'ancienne opinion selon laquelle la Turquie n'était pas un allié loyal au sein de l'OTAN n'est plus d'actualité selon l'analyse de sécurité faite par la Belgique? Dans l'affirmative, sur la base de quelles évolutions objectives? 2. Comment les multiples agressions et violations des droits de l'homme, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, telles que le soutien turc aux crimes de guerre et au nettoyage ethnique des Arméniens du Haut-Karabakh, s'inscrivent-elles dans la communauté de valeurs que l'OTAN prétend incarner? Selon l'analyse belge, ces faits sont-ils compatibles avec les valeurs de l'OTAN? 3. Quelles garanties la Belgique a-t-elle que la Turquie (malgré ses tendances autocratiques antérieures, ses interventions militaires dans la région, l'achat de systèmes russes S-400 et son ingérence dans des conflits étrangers) constituera tout de même un partenaire stable et prévisible dans la future architecture de sécurité européenne? 4. Quelles sont les conséquences concrètes de vos déclarations pour la politique belge relative à la coopération en matière de défense, à l'exportation d'armes, à la coopération économique ou au positionnement diplomatique vis-à-vis de la Turquie? |