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Bulletin n° : B041 - Question et réponse écrite n° : 0322 - Législature : 56


Auteur Philippe Courard, PS (01142)
Département Ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur
Sous-département Défense, Commerce ext.
Titre La politique spatiale belge (QO 008731C).
Date de dépôt17/12/2025
Langue F
Publication question     B041
Date publication 10/02/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai22/01/2026

 
Question

"Il faut sauver le soldat Belspo", c'est ainsi que l'on pourrait résumer l'interview récent de votre collège qui en a la tutelle dans L'Écho. Alors que son parti était autour de la table des négociations de la majorité Arizona, la ministre Matz semble découvrir l'ampleur des coupes budgétaires que vous avez décidées ensemble: 381 millions d'euros d'économies sur cinq années (soit 20 % du budget de BELSPO dont le spatial représente 50 % du budget total). Nous partageons évidemment son constat: la politique scientifique fédérale est un enjeu crucial ainsi que la politique spatiale qui en fait partie. La politique spatiale est un moteur indéniable en matière de recherche et développement et d'emplois dans notre pays et notamment pour la Wallonie et ma province avec le centre de Redu. Pour pallier cette diminution historique de la contribution belge à l'European Space Agency (ESA) décidée par l'Arizona via la politique scientifique fédérale, votre collègue se tourne à nouveau vers la Défense. 1. Quels ont été les résultats de votre concertation avec la ministre en charge de la Politique scientifique? 2. Pouvez-vous faire le point sur les moyens que la Défense a injecté en 2025 et injectera en 2026 dans l'ESA? Cette contribution est-elle amenée à devenir structurelle alors que l'ESA aura une importante conférence ministérielle en novembre 2025 pour définir son cadre budgétaire 2026-2030? 3. Concernant l'évolution de la Force aérienne, quelles sont les implications de sa désormais compétence en matière d'espace? Quelle vision comptez-vous développer en la matière et selon quels moyens? Quid de la militarisation de l'espace et des dangers que cela implique? La Défense va-t-elle prendre le lead sur la politique scientifique fédérale en matière d'espace et d'ESA?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B046
Date publication 23/03/2026, 20252026
Réponse

1. La concertation avec la ministre en charge de la Politique scientifique confirme la convergence de vues quant à l'importance stratégique du domaine spatial pour la sécurité et la recherche de plus d'autonomie en la matière. Les efforts de la Défense dans le domaine spatial et le maintien d'une coordination étroite entre la Politique scientifique fédérale, la Défense et les entreprises concernées de la Base Industrielle et Technologique de Défense belge (BITDB), sont assurés en particulier dans le cadre de la participation belge aux programmes de l'Agence spatiale européenne (ESA). Cette concertation s'inscrit dans une logique de complémentarité des rôles, la Politique scientifique conservant ses compétences propres, tandis que la Défense apporte ces compétences sur les spécificités militaires des capacités spatiales. 2. Dans le cadre de la conférence ministérielle de l'ESA de novembre 2025, qui a défini le cadre budgétaire 2026-2030, la Défense a renforcé de manière significative sa contribution à la participation belge aux programmes de l'Agence spatiale européenne, à hauteur de 168 millions d'euros, venant s'ajouter aux 100 millions d'euros déjà engagés précédemment. Il s'agit donc d'un engagement significatif pour la période concernée. Ces montants sont imputables aux dépenses militaires reconnues par l'OTAN, notamment en raison de leur lien direct avec le développement de capacités militaires critiques pour la Défense. Cette condition était essentielle pour assurer les contributions de la Défense. En complément de l'effort consenti via l'ESA, la Défense mènera d'autres initiatives visant à renforcer le soutien aux activités de développement technologique et industriel dans le domaine spatial via la Defence, Industry and Research Strategy (DIRS). 3. L'évolution de la Force Aérienne vers une compétence élargie en matière d'espace traduit la reconnaissance du spatial comme nouveau domaine opérationnel au sein de la Défense, au même titre que les domaines terrestre, maritime, aérien et cyber. Cette évolution se concrétise notamment par l'intégration du Space Security Centre, qui constitue le point focal de la Défense pour les enjeux spatiaux, en particulier en matière de Space Situational Awareness et de Navigation Warfare. La vision développée par la Défense repose sur une approche responsable du domaine spatial, dont l'objectif est de protéger les capacités spatiales existantes, civiles et militaires, face à des menaces croissantes telles que les interférences, le brouillage ou les comportements irresponsables en orbite. La Belgique agit dans ce cadre en cohérence avec ses engagements internationaux et en étroite coopération avec ses alliés. Comme indiqué, la Défense entend assumer ses responsabilités dans ce domaine et les remplir de manière cohérente dans le cadre de ses propres compétences, en apportant son expertise opérationnelle et capacitaire et en accordant une attention systématique aux aspects militaires des capacités spatiales. Ces compétences viennent compléter les autres acteurs compétents en matière de recherche, d'innovation et de coopération internationale, notamment au sein de l'ESA.