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Bulletin n° : B041 - Question et réponse écrite n° : 0760 - Législature : 56


Auteur Els Van Hoof, cd&v (06852)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre Aide au sevrage tabagique.
Date de dépôt29/12/2025
Langue N
Publication question     B041
Date publication 10/02/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai30/01/2026

 
Question

Le tabagisme demeure l'une des principales causes évitables de maladie et de décès prématuré en Belgique. Chaque année, des milliers de personnes développent des pathologies liées au tabac, telles que la BPCO, des maladies cardiovasculaires ou différents types de cancer. Malgré les bénéfices de l'arrêt du tabac pour la santé, l'accompagnement au sevrage reste insuffisamment intégré de manière structurelle dans les parcours de soins et dans les consultations quotidiennes. Les prestataires de soins jouent pourtant un rôle déterminant: lorsqu'un médecin, une infirmière, une sage-femme, un psychologue ou un pharmacien aborde systématiquement la question du sevrage tabagique, les chances qu'un patient tente d'arrêter de fumer augmentent sensiblement. Toutefois, plusieurs obstacles importants persistent. 1. Quelles mesures concrètes sont mises en place pour soutenir activement les prestataires de soins et les aider à aborder systématiquement la question de l'arrêt du tabac avec leurs patients? 2. Combien de patients ont eu recours, au cours des trois dernières années, à des médicaments remboursés pour arrêter de fumer? Pourriez-vous ventiler ces données par région, par sexe et par groupes cibles spécifiques, tels que les bénéficiaires de l'intervention majorée, les jeunes ou les femmes enceintes? 3. Envisagez-vous d'améliorer l'accessibilité financière des substituts nicotiniques (SN) et des médicaments antitabac, par exemple par le remboursement intégral des SN pour les groupes vulnérables, leur inclusion dans le plafond de remboursement ou l'élargissement de l'offre de médicaments remboursés? 4. Des projets sont-ils en cours pour intégrer structurellement l'accompagnement au sevrage tabagique dans les parcours de soins existants?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B045
Date publication 13/03/2026, 20252026
Réponse

1. La stratégie belge "génération sans tabac" (2022-2028) vise à réduire fortement le tabagisme et à prévenir l'initiation des jeunes. Elle prévoit de limiter l'accès et la visibilité du tabac, d'étendre les espaces sans fumée et de renforcer l'aide au sevrage. En 2025, un groupe de travail "tabac" a été créé pour évaluer la mise en oeuvre de la stratégie, analyser les actions réalisées, identifier les difficultés et proposer d'éventuels ajustements. Les discussions sont toujours en cours. De plus, un nouveau projet pilote "dispositif arrêter de fumer en hôpital général" qui vise à intégrer de manière systématique la prise en charge du tabagisme - incluant l'usage de la cigarette électronique - dans les soins hospitaliers de routine vient d'être mis en place en décembre 2025. L'objectif est que chaque contact avec un patient fumeur hospitalisé devienne une opportunité d'aborder l'arrêt du tabac, de proposer une intervention brève, d'orienter vers un tabacologue si nécessaire et d'assurer la continuité du suivi après la sortie de l'hôpital. Plus concrètement, le projet poursuit trois objectifs principaux: - former et sensibiliser le personnel soignant afin qu'il puisse identifier les patients fumeurs, mener des interventions brèves et connaître les outils de sevrage disponibles; - structurer le parcours de soins en intégrant systématiquement la question du tabagisme dans l'anamnèse, en organisant un circuit de soins clair et structuré et en renforçant les collaborations internes et externes. Le projet renforce également la coordination entre les différents acteurs impliqués dans la prise en charge du tabagisme; - renforcer les équipes hospitalières, notamment via le financement d'un gestionnaire local tabac et d'un renfort en tabacologie, afin d'assurer une prise en charge cohérente et durable. Pour la mise en oeuvre de ce dispositif, 12 hôpitaux ont été sélectionnés pour une période de trois ans. Chaque hôpital sélectionné a reçu un financement annuel permettant d'engager un gestionnaire local tabac à mi-temps et de renforcer l'équipe de tabacologues existante. De plus, un coordinateur général est chargé d'harmoniser les actions menées dans l'ensemble des hôpitaux concernés. Il élaborera notamment une formation et une brochure communes, qui seront ensuite adaptées aux spécificités propres à chaque établissement. L'enveloppe totale allouée au projet s'élève à 2.280.000 euros (pour trois ans). 2. À ce jour, l'Institut national d'assurance maladie-invalidité ne peut pas fournir les chiffres demandés pour les trois dernières années ventilés par région, sexe ou groupes spécifiques (bénéficiaires de l'intervention majorée, jeunes, femmes enceintes), pour deux raisons majeures: - indication non traçable: certains antidépresseurs (p. ex. bupropion) sont aussi utilisés pour le sevrage tabagique; les données de consommation ne permettent pas de distinguer l'usage "tabac" d'autres indications puisque ces médicaments sont remboursés au titre du Chapitre I; - indisponibilités de la varénicline (Champix) ces dernières années pour des raisons de production, avec des périodes de retrait ou d'indisponibilité même lors du retour partiel sur le marché européen; ces fluctuations biaisent les séries temporelles. 3. En 2022, un dossier concernant les patchs à la nicotine a été examiné au sein de la Commission de remboursement des médicaments. Il a été constaté que l'efficacité clinique n'était pas supérieure à celle des options existantes telles que le bupropion (Zyban), tandis que le prix demandé était nettement plus élevé. Une proposition de remboursement avait été formulée à un niveau de prix comparable à celui pratiqué en France, mais la firme n'y a pas donné suite et a ensuite retiré son dossier. Depuis lors, les entreprises se montrent peu disposées à introduire de nouvelles demandes, de sorte qu'une extension du remboursement des traitements de substitution nicotinique (TSN) ne peut aujourd'hui être étayée ni finalisée. Le Centre Fédéral d'Expertise des Soins de Santé prévoit en 2027 une évaluation approfondie des technologies de la santé (health technology assessment) portant sur l'ensemble des traitements d'aide à l'arrêt du tabac, y compris les TSN en association. Cette analyse constituera un élément clé pour pouvoir ensuite prendre une décision étayée et coût-efficace sur le rôle que les TSN doivent jouer dans l'accompagnement au sevrage tabagique. 4. Un nouveau projet vient d'être lancé afin d'intégrer systématiquement la prise en charge du tabagisme dans les soins hospitaliers (voir point 1). Ce dispositif fera l'objet d'un suivi étroit et d'une analyse continue tout au long de sa mise en oeuvre. L'objectif sera d'évaluer les résultats, d'identifier les enseignements à tirer et de définir les éventuelles améliorations nécessaires.