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| Auteur | Sophie Thémont, PS (07262) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture |
| Sous-département | Emploi, Économie, Agriculture |
| Titre | La multiplication des licenciements massifs dans des entreprises rentables (QO 010450C). |
| Date de dépôt | 29/12/2025 |
| Langue | F |
| Publication question |
B041
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| Date publication | 10/02/2026, 20252026 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 30/01/2026 |
| Question |
Récemment, plusieurs annonces de suppressions d'emplois ont à nouveau frappé le pays. À Olen, 80 travailleurs de l'usine Mars perdront leur emploi, malgré la rentabilité du site. Chez Puma, 900 postes disparaîtront d'ici 2026, au nom d'une "réorganisation stratégique" censée ramener la croissance en 2027. Autrement dit, une multinationale florissante choisit de sacrifier ses travailleurs pour rassurer ses actionnaires. Deux entreprises, deux secteurs, mais un même drame social: des vies bouleversées par des décisions prises loin du terrain. Derrière les chiffres, il y a des femmes et des hommes qui ont consacré des années à leur métier, qui ont construit leur vie autour de leur travail. Aujourd'hui, ils se retrouvent face à une lettre de licenciement, une perte de revenu, une incertitude immense. Certains devront se reconvertir, d'autres quitter leur région, d'autres encore sombreront dans la précarité. Et tout cela non pas parce que leur travail ne valait plus rien, mais parce qu'il ne rapportait plus "assez". Ces décisions, souvent dictées par des logiques de rentabilité à court terme, détruisent des emplois, mais aussi des repères collectifs, une dignité, un sentiment d'utilité sociale. Elles laissent derrière elles des familles épuisées, des bassins d'emploi sinistrés et des territoires en perte de sens. Ces travailleurs ne demandent pas la charité, mais la justice et le respect qu'ils méritent. 1. Quelles mesures concrètes comptez-vous prendre pour protéger les travailleurs des licenciements abusifs, particulièrement dans des entreprises rentables? 2. Avez-vous rencontré les syndicats et les directions concernées afin de préserver les emplois? 3. La Belgique plaidera-t-elle au niveau européen pour un véritable cadre social contraignant pour limiter ce type de licenciements basés uniquement sur la rentabilité? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B047
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| Date publication | 31/03/2026, 20252026 |
| Réponse |
Tout d'abord, je tiens à vous informer qu'à ce stade, ni moi ni mon cabinet n'ont été saisis d'une demande de rencontre de la part des syndicats ou de la direction. Nous restons néanmoins disponibles pour toute question ou demande de leur part, ainsi que mon administration. Concernant le fond de votre question, je suis d'avis qu'elle exprime avec justesse le désarroi de nombreux travailleurs touchés par ces annonces récentes. Lorsqu'un site pourtant rentable ferme, lorsqu'une entreprise prospère décide de réduire massivement ses effectifs, ce ne sont pas seulement des emplois qui disparaissent: ce sont des parcours de vie, des projets familiaux et une stabilité patiemment construite qui s'effondrent. Je tiens à assurer ici toute ma solidarité envers les travailleurs concernés. Leur situation exige une réponse énergique, mais aussi lucide et responsable. Nous devons être clairs: dans une économie ouverte, les restructurations ne disparaîtront jamais totalement. Mais ce constat n'autorise en rien la résignation. Notre rôle est de créer les conditions d'un marché du travail dynamique, capable d'absorber les chocs, de favoriser les reconversions rapides et de maintenir chacun dans la perspective d'un nouvel emploi. Augmenter le taux d'emploi et permettre à chacun de trouver sa place est un objectif central, car le travail reste la première protection contre la précarité et le socle de notre cohésion sociale. Concrètement, la réponse du gouvernement s'appuie d'abord sur les instruments existants en matière d'accompagnement et de reconversion. Les services publics de l'emploi - en coordination avec les régions, compétentes pour l'activation - mettent en place des dispositifs individualisés dès l'annonce des restructurations. L'accord de gouvernement prévoit en outre une coopération renforcée entre niveaux de pouvoir pour "fluidifier le marché du travail" et "décloisonner les opportunités". Cela implique de mobiliser rapidement les parcours de formation et la validation des compétences afin de garantir une transition la plus rapide possible vers un nouvel emploi. Concernant la question des licenciements dans des entreprises bénéficiaires, il faut rappeler que notre cadre juridique encadre déjà strictement les procédures collectives, notamment à travers la loi Renault, qui impose la consultation obligatoire des travailleurs, la transparence sur les motifs économiques et l'examen de pistes alternatives. Sur le plan européen, vous évoquez la nécessité d'un cadre social plus contraignant. Vous savez que les compétences en matière de restructuration d'entreprises relèvent largement des États membres et que les dynamiques économiques varient fortement d'un pays à l'autre. Cela n'exclut pas le dialogue: la Belgique soutient les initiatives européennes visant à mieux anticiper les transitions économiques et à renforcer l'investissement dans les compétences, un point également inscrit dans notre accord de coalition à travers l'objectif d'adéquation entre les besoins du marché du travail et les compétences disponibles. Toutefois, toute évolution doit préserver la capacité de nos entreprises à rester compétitives dans un environnement international exigeant. Je veux redire ici que les travailleurs touchés par ces annonces ne seront pas laissés seuls. Notre priorité est et reste leur retour rapide à l'emploi, dans des conditions dignes et sécurisantes. Nous mettons en oeuvre toutes les mesures prévues par le cadre fédéral, en collaboration étroite avec les régions et les partenaires sociaux, pour qu'aucune trajectoire professionnelle ne soit abandonnée en chemin. |