...

Question et réponse écrite n° : 0697 - Législature : 56


Auteur François De Smet, DEFI (07100)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre L'étude de l'université d'Anvers sur le différentiel de revenus travail/allocations (QO 009882C).
Date de dépôt29/12/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai30/01/2026

 
Question

Une toute récente étude de l'université d'Anvers vient chambouler l'un des grands objectifs du gouvernement Arizona à savoir accroître le différentiel/delta entre les revenus du travail et ceux du chômage. Selon cette étude, pour la très grande majorité des Belges sans emploi, ce différentiel existe déjà, et il se révèle plus significatif que ce que le gouvernement Arizona a indiqué comme objectif en la matière, à savoir un écart de 500 euros nets par mois. Selon les chiffres publiés par l'université d'Anvers, 94,5 % des personnes sans emploi gagneraient déjà au moins 500 euros nets de plus en travaillant à temps plein. L'étude, relayée par De Standaard, démontre que pas moins de sept personnes sur dix gagneraient plus de 1.000 euros nets supplémentaires chaque mois en retrouvant un emploi, et qu'une sur cinq verrait même la différence dépasser les 2.000 euros. Parallèlement, en moyenne, un chômeur percevant des allocations augmenterait son revenu mensuel de 928 euros nets, tandis qu'un bénéficiaire du revenu d'intégration toucherait 838 euros de plus. 1. Avez-vous pris connaissance de cette étude? 2. Dans l'affirmative, comment entendez-vous appréhender celle-ci au regard des réformes envisagées et déjà adoptées?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B041
Date publication 10/02/2026, 20252026
Réponse

1. Mes services ont pris connaissance de l'étude publiée en octobre par le Centre pour la politique sociale, qui utilise le modèle de microsimulation BELMOD basé sur des données administratives. Chaque étude scientifique apporte des éclairages utiles au débat public, et celle que vous mentionnez ne fait pas exception. Il convient toutefois de rappeler un élément essentiel: l'analyse ne tient pas compte des avantages sociaux auxquels les ménages peuvent avoir droit. Or, ces avantages peuvent représenter, selon les situations, un soutien financier substantiel qui modifie la comparaison entre revenus de remplacement et revenus du travail. De même, certaines charges liées à l'emploi - telles que les frais de déplacement ou les coûts de garde d'enfants - ne sont pas intégrées dans la simulation. Cela n'empêche toutefois pas que, selon cette étude, il existe toujours un groupe, en particulier les parents isolés peu qualifiés bénéficiant d'un revenu de remplacement élevé, qui perdraient de l'argent s'ils reprenaient le travail. De même, pour un groupe de femmes moyennement à hautement qualifiées, qui perçoivent des allocations de chômage et vivent avec un partenaire qui travaille, l'effet combiné de la perte des allocations de chômage et de la perte du quotient conjugal entraîne une augmentation de la charge fiscale totale du ménage lorsqu'elles reprennent le travail. Nous devons donc veiller à ce que l'écart entre travailler et ne pas travailler soit suffisamment important pour tout le monde. L'étude conclut également qu'il existe de nombreux obstacles, indépendants de la dimension financière, qui empêchent les personnes d'accéder à l'emploi, tels qu'un accès limité à des services de garde abordables ou à des moyens de transport adaptés, des problèmes de santé, un manque de qualifications ou d'expérience, la non-reconnaissance de diplômes étrangers, l'absence de réseau ou d'accompagnement personnalisé, la discrimination, les effets durables du chômage de longue durée ou encore une connaissance insuffisante de la langue. Cela me paraît évident: le comportement humain est naturellement plus complexe qu'un simple calcul financier. Cette étude montre qu'il reste du travail dans de nombreux domaines et à plusieurs niveaux de compétence pour atteindre notre objectif d'un taux d'emploi porté à 80 %. Elle renforce en tout cas ma conviction que ce gouvernement a eu raison de miser résolument sur l'activation, ainsi que sur une protection sociale forte et équitable, mais également financièrement durable, pour celles et ceux qui doivent, par nécessité, faire appel à la solidarité. C'est dans cette optique que le gouvernement travaille actuellement aussi à l'élaboration d'un cadastre des aides et prestations. À terme, iI est prévu de plafonner l'ensemble de des aides et ces prestations sociales afin de renforcer le principe selon lequel le travail doit toujours être plus rémunérateur que l'inactivité.