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Question et réponse écrite n° : 0677 - Législature : 56


Auteur Isabelle Hansez, LENGAG (08098)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre Les oubliés du travail faisable. - L'absentéisme chez les temps partiels (QO 010188C).
Date de dépôt19/12/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai28/01/2026

 
Question

Une étude récente publiée par Securex indique une hausse préoccupante de l'absentéisme de longue durée en Belgique, particulièrement marquée chez les travailleurs à temps partiel. Leur taux d'absence pour maladie de longue durée a plus que doublé en 10 ans, passant de 2,1 % en 2014 à plus de 5,4 % en 2025. L'étude souligne que cette évolution touche surtout les femmes, souvent confrontées à la double charge du travail professionnel et des responsabilités familiales. Si cette explication sociétale est sans doute en partie fondée, plusieurs experts pointent également les pratiques d'organisation du travail dans certaines entreprises, où les temps partiels supportent une charge comparable à celle des temps pleins, mais sans la même reconnaissance, ni la même flexibilité horaire. Cela interroge sur la manière dont les employeurs traduisent réellement la notion de "travail faisable" pour les salariés à temps partiel, qui sont souvent dans une forme de précarité déguisée. 1. Disposez-vous d'analyses récentes ou de données de l'Office national de sécurité sociale et du SPF Emploi confirmant ces écarts d'absentéisme entre temps plein et temps partiel? 2. Le gouvernement envisage-t-il d'évaluer, dans le cadre du Plan fédéral Bien-être au travail, l'impact de la charge organisationnelle et managériale sur l'absentéisme des travailleurs à temps partiel en collaboration avec votre homologue le ministre Vandenbroucke? 3. Quelles mesures pourraient être envisagées pour mieux encadrer les pratiques d'entreprises afin de garantir une réelle proportionnalité entre le temps de travail, la charge et les attentes, particulièrement dans les secteurs à forte proportion de femmes?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B041
Date publication 10/02/2026, 20252026
Réponse

En ce qui concerne le point 1, ni le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, ni l'Office national de sécurité sociale (ONSS) ne disposent de ces chiffres. Il n'existe aucune procédure administrative dans le cadre de laquelle ces données sont collectées. En ce qui concerne le point 2, nous ne voyons aucune raison de remettre en question les chiffres de Securex. L'augmentation du nombre de malades de longue durée est d'ailleurs préoccupante. En collaboration avec mon collègue, le ministre des Affaires sociales, monsieur Frank Vandenbroucke, je mets actuellement en oeuvre le plan de prévention et de réintégration des personnes en incapacité de travail de longue durée soit la troisième vague. En matière de prévention, je peux vous renvoyer à deux mesures qui s'appliquent tant à l'emploi à temps partiel qu'à l'emploi à temps plein: - d'une part, je demanderai aux partenaires sociaux d'évaluer la législation sur le bien-être au travail en termes de complexité et d'efficacité; - d'autre part, les travailleurs qui ne sont pas encore malades mais qui risquent de l'être pourront demander à leur employeur et à leur médecin du travail d'entamer un parcours préventif de réintégration. Il s'agit là d'une étape importante vers une gestion proactive de l'absentéisme. Par ailleurs, un nouveau plan visant à lutter contre les absences de longue durée a été approuvé dans le cadre du conclave budgétaire 2026. Des nouvelles mesures préventives seront donc élaborées notamment la réforme de la surveillance de santé préventive. En ce qui concerne le dernier point, Securex souligne dans sa communication que le problème ne réside pas dans le travail à temps partiel en soi, mais plutôt dans les conditions qui l'entourent. Nous constatons ainsi une augmentation de l'absentéisme pour cause de maladie dans les secteurs où le travail à temps partiel est plus fréquent, comme celui des aides ménagères et de soins. Les aides ménagères exercent en effet un métier physiquement exigeant qui les expose à divers risques. Il est donc essentiel que les employeurs continuent à réaliser des analyses de risques adéquates (en utilisant l'outil pratique Online interactive Risk Assessment), car sans une vision claire des risques auxquels les aides ménagères sont exposées, il est impossible de prendre les mesures de prévention appropriées. En raison de la part croissante des troubles musculo-squelettiques comme cause d'absentéisme de longue durée dans tous les secteurs, mais surtout dans le secteur des titres-services et des soins, le code sur le bien-être au travail accorde depuis 2024 une attention particulière à la prévention de ces troubles, en imposant aux employeurs l'obligation d'identifier et d'analyser les différents facteurs de risque et de prendre des mesures préventives. Cela est d'autant plus important dans les secteurs où les travailleurs sont exposés à de nombreux risques musculo-squelettiques, comme ceux liés au levage et au transport de charges, aux flexions fréquentes, aux mouvements répétitifs, etc. Le travail à temps partiel est souvent motivé par la volonté de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle. Cependant, les chiffres de Securex montrent que la faisabilité du travail pour les travailleurs à temps partiel est un point d'attention. Les mesures suivantes sont en cours d'élaboration: Premièrement, le gouvernement prévoit une introduction progressive du crédit familial comme droit lié à l'enfant, pour faciliter la combinaison travail-famille et éviter ainsi les sorties dues au stress/problèmes de combinaison, et ce en utilisant dans une première phase le budget pour introduire une semaine supplémentaire au choix de repos de maternité/congé de naissance, à prendre par l'un des deux partenaires quel que soit le statut professionnel. Deuxièmement, afin de soutenir les fins de carrières durables nous maintenons pour les travailleurs âgés la possibilité de diminuer progressivement leur temps de travail via les emplois de fin de carrière (1/2 ou 4/5), accessibles dès 55 ans sous certaines conditions de carrière. Troisièmement, nous modernisons le cadre de la flexibilité du travail: dans le respect des règles européennes, les travailleurs disposeront d'une plus grande liberté dans la détermination de leurs horaires, en concertation avec leur employeur. Nous supprimerons aussi l'obligation d'inscrire tous les horaires possibles dans le règlement de travail, pour autant que les limites de la flexibilité y soient clairement définies. Ces mesures principales s'inscrivent dans un ensemble plus large d'initiatives et visent à garantir que le travail à temps partiel reste un choix de conciliation et un mode de travail durable, sans devenir un facteur de risque d'absentéisme prolongé.