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Bulletin n° : B041 - Question et réponse écrite n° : 0673 - Législature : 56


Auteur Sophie Thémont, PS (07262)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre Les inégalités salariales persistantes (QO 011374C).
Date de dépôt18/12/2025
Langue F
Publication question     B041
Date publication 10/02/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai28/01/2026

 
Question

Le nouvel index de l'EIGE montre que les femmes de l'Union européenne ne perçoivent que 77 % du salaire annuel des hommes. Autrement dit, pour obtenir la même rémunération, elles doivent travailler 15 mois et 18 jours au lieu d'un an. Derrière ce chiffre se cache une réalité structurelle: perte de revenus, pensions réduites, précarité accrue. Ce déficit économique pèse sur l'autonomie financière et augmente le risque de dépendance ainsi que la vulnérabilité sociale des femmes. L'index révèle également que les femmes gagnent en moyenne 30 % de moins que leur partenaire au sein du foyer. Elles restent concentrées dans les secteurs du care - essentiels mais sous-valorisés - et sont sous-représentées dans les fonctions dirigeantes, les secteurs technologiques et les métiers les mieux rémunérés, malgré de meilleurs résultats dans l'enseignement supérieur. Les tâches domestiques et de soins, majoritairement assumées par les femmes, limitent encore leur disponibilité pour des carrières évolutives et entretiennent le recours au temps partiel subi. La Belgique obtient un score de 68,5, au-dessus de la moyenne européenne mais encore loin de l'égalité. Selon les projections, il faudrait près de 50 ans au rythme actuel pour y parvenir pleinement. Aucun domaine n'atteint l'équilibre, y compris dans le pouvoir économique et décisionnel, qui reste l'un des plus en retard. 1. Comment analysez-vous la persistance de ces écarts annuels malgré les dispositifs légaux existants? 2. Disposez-vous de données récentes ventilées par secteur, âge et type d'emploi permettant d'identifier où les inégalités sont les plus marquées? 3. Quelles actions concrètes comptez-vous engager pour favoriser l'accès des femmes aux secteurs stratégiques, aux fonctions dirigeantes et aux emplois les mieux rémunérés? 4. Comment comptez-vous renforcer la lutte contre le temps partiel subi?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B048
Date publication 09/04/2026, 20252026
Réponse

Selon Eurostat, l'écart salarial non corrigé sur la base du salaire horaire brut en Belgique était de 0,7 % en 2023, l'un des plus faibles de l'Union européenne, très en dessous de la moyenne européenne de 12 %. Ces chiffres démontrent que notre cadre légal en matière d'égalité salariale pour un travail égal ou de valeur égale produit des résultats concrets. Les analyses du Conseil Central de l'Économie confirment également que la Belgique se situe parmi les États membres les plus performants en matière d'écart salarial horaire. Cela étant dit, l'écart annuel demeure plus marqué. Il s'explique principalement par des facteurs structurels: concentration des femmes dans certains secteurs moins rémunérés, recours plus fréquent au temps partiel et interruptions de carrière liées aux responsabilités familiales. Ces éléments relèvent moins d'une inégalité salariale directe que d'une segmentation persistante du marché du travail. Ces constats ne nous dispensent pas de vigilance. Au contraire, ils invitent à poursuivre les efforts, notamment en agissant sur les causes structurelles de ces écarts. Des données détaillées existent. D'une part, l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes publie un rapport annuel sur l'écart salarial, ainsi qu'un rapport approfondi tous les quatre ans en collaboration avec le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale. Ces rapports comportent des ventilations par secteur, statut, régime de travail et caractéristiques sociodémographiques. Par ailleurs, les fiches sectorielles du SPF Emploi, établies par commission paritaire, permettent d'identifier les écarts spécifiques à certains secteurs et d'alimenter le dialogue social. Ces outils constituent une bonne base pour cibler les actions là où les inégalités sont les plus marquées. Au-delà de la stricte égalité salariale, la priorité est de lutter contre la ségrégation horizontale et verticale du marché du travail. Premièrement, la mise en oeuvre des règles européennes en matière de transparence salariale permettra de renforcer les obligations de reporting et d'identifier plus rapidement les écarts injustifiés au sein des entreprises. Deuxièmement, une attention particulière est accordée à la représentation des femmes dans les instances décisionnelles, notamment dans les entreprises publiques et les organes relevant de la compétence fédérale. Le suivi de ces équilibres reste une priorité. Troisièmement, la question de l'accès des femmes aux secteurs en pénurie et aux fonctions à haute valeur ajoutée mérite d'être pleinement intégrée dans le dialogue avec les partenaires sociaux, afin d'encourager des politiques de promotion interne, de formation et de progression de carrière plus inclusives. Enfin, l'articulation avec les compétences régionales en matière de formation et d'orientation professionnelle demeure essentielle pour agir en amont sur l'accès des femmes aux secteurs stratégiques Il convient de distinguer clairement le temps partiel choisi du temps partiel contraint. Le temps partiel peut constituer un outil d'équilibre entre vie professionnelle et vie privée lorsqu'il est volontaire. Toutefois, lorsqu'il résulte de contraintes sectorielles ou organisationnelles, il peut contribuer à creuser les écarts annuels de revenus. Dans le cadre de mes compétences, je veille à ce que la concertation sociale permette d'identifier les situations de temps partiel subi et d'encourager des formes d'organisation du travail offrant davantage d'accès au temps plein ou à des régimes proches du temps plein. Par ailleurs, l'augmentation du taux d'emploi, en particulier dans les catégories où l'écart est le plus marqué, constitue un levier central pour réduire les inégalités économiques entre les femmes et les hommes.