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Bulletin n° : B041 - Question et réponse écrite n° : 0656 - Législature : 56


Auteur Sophie Thémont, PS (07262)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre L'impact de l'automatisation et des investissements sur l'emploi dans l'industrie alimentaire.
Date de dépôt12/12/2025
Langue F
Publication question     B041
Date publication 10/02/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai22/01/2026

 
Question

Selon les derniers chiffres publiés par Fevia, l'industrie alimentaire belge connaît une légère reprise en 2025: le chiffre d'affaires a augmenté de 5,4 % au premier semestre, principalement grâce à une hausse des volumes de ventes (+2,8 %). Pourtant, cette embellie ne s'accompagne plus de création d'emplois. En 2024, le secteur n'a recruté que 330 personnes, alors qu'entre 2016 et 2019, il créait en moyenne 1.550 emplois par an. Fevia explique que les investissements, en hausse de 8,6 % au premier semestre 2025, servent désormais surtout à réduire les coûts et à automatiser, plutôt qu'à renforcer l'emploi. Par ailleurs, la part des produits belges consommés par les ménages recule fortement, passant de 67 % en 2010 à 62,3 % en 2023, alors que nos voisins dépassent les 75 %. Cette perte de parts de marché, combinée à une concurrence internationale accrue, inquiète fortement le secteur. 1. Disposez-vous d'une analyse de l'évolution de l'emploi dans l'industrie alimentaire et du rôle joué par l'automatisation dans la diminution des nouvelles embauches? 2. Votre administration a-t-elle évalué l'impact de la baisse de la consommation de produits belges sur l'activité économique et l'emploi dans la filière? 3. Quels leviers économiques le gouvernement envisage-t-il pour soutenir les investissements orientés vers la création d'emplois plutôt que vers la seule réduction des coûts? 4. Une stratégie est-elle prévue pour renforcer la compétitivité du secteur alimentaire face à la concurrence non européenne, notamment en matière de coûts énergétiques et logistiques? 5. Quelles mesures pourraient être mises en place pour favoriser la relocalisation ou la mise en valeur des produits belges dans la consommation intérieure, compte tenu de l'écart avec nos voisins?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B050
Date publication 04/05/2026, 20252026
Réponse

1. L'emploi intérieur total dans la fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac est en hausse continue depuis 2015. Selon la Banque nationale de Belgique (BNB), le nombre de personnes travaillant au sein de ces secteurs est passé de 94.000 en 2015 à 105.600 unités en 2024. Ces chiffres englobent à la fois les travailleurs salariés et les indépendants. En 2015, 20,8 % des emplois manufacturiers belges se trouvaient dans la fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac. Cette part est passée à 23,4 % en 2024. 2. Les études de l'Observatoire des prix avaient mis en avant des prix plus élevés en Belgique pour les grandes marques à contrario, bien souvent, des prix relatifs aux marques des distributeurs, accroissant ainsi la pression sur les producteurs nationaux. Comme l'illustre le rapport sur la conjoncture économique dans les industries alimentaires et la fabrication de boissons du SPF Économie, l'activité économique dans le secteur des industries alimentaires a connu une évolution plutôt favorable en 2024, avec notamment un pic du chiffre d'affaires, des investissements, du nombre de postes de travail (pour les neuf premiers mois) et des exportations. Qui plus est, le nombre de faillites a diminué. Le seul point négatif est le recul de la production après avoir atteint un pic en 2023. 3. Le gouvernement agit sur plusieurs leviers pour orienter les investissements vers la création d'emplois et la valeur ajoutée, et pas uniquement vers la réduction des coûts. Premièrement, il veille à offrir un cadre stable, lisible et prévisible, condition essentielle pour déclencher des investissements productifs. Cela passe notamment par la simplification administrative, l'évitement du gold-plating et l'amélioration de l'accès aux marchés publics, qui constituent un levier direct pour soutenir l'activité économique. Deuxièmement, le gouvernement soutient l'investissement à travers des mesures structurelles de compétitivité, comme la réduction des coûts salariaux, l'introduction d'une norme énergétique et la réforme du marché du travail. L'objectif n'est pas uniquement de réduire les coûts, mais de restaurer la capacité des entreprises à investir, innover et se développer. Troisièmement, via le plan MAKE 2025-2030, le gouvernement met l'accent sur une politique industrielle proactive, en soutenant des investissements dans les secteurs stratégiques, en modernisant les infrastructures énergétiques et en sécurisant les chaînes d'approvisionnement. Cela permet de créer des conditions favorables à des investissements ancrés localement et générateurs d'emplois durables. 4. La BNB avait mis en exergue dans son rapport de mars 2025 que les industries intensives en énergie - ainsi que d'autres grands consommateurs comme l'industrie alimentaire, des boissons et du tabac - subissaient une pression accrue, l'écart de coûts s'étant creusé avec les États-Unis et les tarifs de transport d'électricité pour les grands consommateurs ayant doublé entre 2024 et 2025, pesant lourdement sur leur compétitivité. Par ailleurs, le tableau de bord du SPF Économie, dans la partie "compétitivité énergétique" évoque une dépendance aux importations (76,1 % en 2023) et la nécessité de réduire l'intensité et de maîtriser les prix. Plusieurs mesures pourraient être envisagées et je vous renvoie notamment aux groupes de travail énergie (coûts et infrastructures) du plan interfédéral MAKE 2025-2030 qui ont élaboré des mesures concrètes en début d'année 2026. 5. Pour ce qui est de la relocalisation, il convient que notre pays soit attractif pour les industriels, en termes de modalités d'établissement, de conditions d'investissement, de logistique et d'emploi. D'où la priorité à donner à la compétitivité. Pour favoriser la mise en valeur et tout simplement l'achat de produits belges, il faut encourager une agriculture et une production alimentaire de qualité et compétitive ainsi que des conditions de négociation des prix équitable. Ce que le gouvernement fait en veillant au respect des principes UTP et en contribuant à la transparence sur les prix via les indices développés par filière. Le consommateur est sensible à l'achat local mais le prix reste un facteur décisif. Il faut donc veiller à ce qu'il soit correctement informé. La Campagne menée par le SPF Économie en 2024 Te prends pas la tête lis l'étiquette permet au consommateur de s'informer sur l'origine des produits. Par ailleurs, dans le cadre de la révision, en cours de la loi sur les marchés publics, nous avons prévu une disposition qui invite les acheteurs publics à recourir à des critères d'attribution qui favorise les circuits courts pour l'achat de denrées alimentaires.