...

Question et réponse écrite n° : 0120 - Législature : 56


Auteur Jeroen Bergers, N-VA (08000)
Département Premier ministre
Sous-département Premier ministre
Titre Cyberattaques (QO 010242C).
Date de dépôt23/12/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai28/01/2026

 
Question

Plusieurs articles de presse ont fait état récemment de cyberattaques visant des cibles dans notre pays. Certaines d'entre elles ont été revendiquées par le collectif de hackers pro-russe NoName057. Selon ces informations, une attaque DDoS aurait notamment visé plusieurs sites web du Service général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS). Il a été indiqué que l'impact avait été "extrêmement limité" et qu'aucune donnée sensible n'avait été dérobée. Même si les conséquences immédiates ont pu être limitées, cet incident confirme une fois encore que les institutions de sécurité belges sont des cibles privilégiées pour des cyberacteurs étrangers. Il illustre également le fait que les cyberattaques s'inscrivent de plus en plus dans les stratégies de guerre hybride, qui visent non seulement les systèmes militaires, mais aussi les infrastructures civiles, économiques et critiques. De nombreuses autres institutions civiles sont également visées. 1. Pouvez-vous préciser combien de cyberattaques ont eu lieu au cours de la semaine écoulée et quelles en étaient les cibles? 2. Pouvez-vous confirmer qu'aucune fuite de données n'a été constatée? 3. Des mesures supplémentaires ont-elles été prises afin de répondre à l'intensification des cyberattaques? 4. Comment s'organise la coopération entre le SGRS, le Centre pour la Cybersécurité Belgique et la Sûreté de l'État? 5. Des investissements supplémentaires sont-ils prévus dans les domaines de la cyberdéfense, de la détection basée sur l'IA, du renforcement des effectifs ou de la coopération avec des partenaires internationaux?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B041
Date publication 10/02/2026, 20252026
Réponse

1. Le Centre pour la Cybersécurité Belgique (CCB) confirme que le collectif de hackers pro-russe NoName057 a mené une série de cyberattaques coordonnées contre des cibles belges entre le lundi 3 novembre et le mardi 11 novembre 2025. Au total, 84 organisations ont été visées. Bien que le secteur public ait été la cible principale, des organisations des secteurs de l'énergie, des transports, des télécommunications, de la finance et du monde académique ont notamment aussi été touchées. L'objectif principal de ces actions coordonnées était de causer un maximum de perturbations et d'attirer l'attention des médias. En effet, par le biais de pareilles campagnes, les attaquants cherchent avant tout à susciter l'inquiétude au sein de la société. L'impact réel est toutefois resté limité. Les services touchés n'ont pas du tout été perturbés ou ne l'ont été que temporairement, et il n'y a jamais eu d'inaccessibilité prolongée ni de dommages aux systèmes concernés. En outre, les attaques n'ont été que peu médiatisées, si bien que les objectifs stratégiques des auteurs n'ont, pour la plupart, pas été atteints. Le CCB continue de suivre la menace de près, soutient les organisations concernées et continue de renforcer la cyberrésilience générale au niveau national. 2. Rien ne porte à croire qu'il y a eu des fuites de données auprès des organisations ciblées par les récentes cyberattaques. Le CCB continue de suivre la situation de près et confirme, sur la base des informations disponibles, que la nature des attaques, purement perturbatrice et non intrusive, rend la survenue de fuites de données improbable. Les attaques qui ont eu lieu étaient des attaques DDoS. Ce type d'attaque vise spécifiquement à surcharger des sites web ou des services en ligne, les rendant temporairement inaccessibles. Il importe de souligner que l'objectif d'une attaque DDoS n'est pas de s'introduire dans des systèmes ou de voler des données. Les attaquants envoient de grandes quantités de trafic vers un site web ou un serveur, souvent via un réseau d'ordinateurs infectés (botnets ou réseaux zombies). Cette surcharge artificielle peut perturber temporairement un service, mais les données et systèmes sous-jacents demeurent inaccessibles aux attaquants. Pour les organisations concernées, des perturbations temporaires, comme des sites web difficilement accessibles, ont pu s'ensuivre. Il n'a toutefois pas été possible d'accéder aux systèmes internes et aucune donnée sensible n'a été dérobée. 3. Durant cette période, le CCB a assumé un rôle de coordination entre tous les acteurs concernés, si bien que les informations ont pu être partagées rapidement et que les organisations ont été informées de la situation à temps. De bonne heure chaque matin, le CCB a dressé la liste des systèmes attaqués ce jour-là. Le CCB a contacté en permanence les organisations ciblées par les attaques DDoS et les a accompagnées tout au long de la Red Button Procedure du CCB. Lors de chaque série d'attaques, le CCB active cette procédure afin de protéger plus rapidement et plus efficacement les organisations concernées. À cet égard, le CCB a fourni des mises à jour régulières ainsi qu'un soutien pratique et a averti les organisations en question de manière proactive. Il a également dispensé des conseils techniques spécifiques afin de limiter les perturbations en cours dans les meilleurs délais. Cet accompagnement a aidé les organisations à réagir plus promptement et à rétablir leurs services plus facilement. Le système d'alerte précoce (Early Warning System) du CCB a joué un rôle clé dans la détection proactive des vulnérabilités. Le CCB a développé cette Red Button Procedure afin de limiter rapidement l'impact de telles attaques. Chaque jour, 10 à 20 organisations différentes sont prises pour cible, mais, grâce à l'intervention du CCB, l'impact demeure très limité et seuls quelques systèmes sont indisponibles pendant un laps de temps réduit. Le CCB continuera de suivre cette approche pour soutenir les organisations et limiter autant que faire se peut l'impact des futures cyberattaques. 4. Le CCB collabore étroitement avec le Service Général du Renseignement et de Sécurité (SGRS) et la Sûreté de l'État (VSSE) pour garantir la cybersécurité du pays. Cette collaboration a lieu au sein de divers réseaux et plateformes nationaux. Ces interactions régulières permettent aux organisations de coordonner leurs actions et d'échanger des informations sur les cybermenaces et incidents actuels. Le Comité stratégique du renseignement et de la sécurité (CSRS) constitue un espace de coordination stratégique où sont définies des lignes directrices communes, notamment pour renforcer la posture cyber du pays. Ces instances assurent la concertation et l'échange d'informations entre les principaux acteurs de la sécurité nationale, notamment en matière de renseignement, de défense et de cybersécurité. En outre, le CCB est également membre du Comité de coordination du renseignement et de la sécurité (CCRS), tout comme la VSSE, le SGRS, l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM), la police fédérale, le Centre de crise National (NCCN), le SPF Affaires étrangères et le Collège des procureurs généraux. Le CCRS émet des avis à l'intention du Conseil national de sécurité sur les questions de sécurité nationale. La Plateforme Cybersécurité du CCRS, coordonnée par le CCB, permet aux services de renseignement et de sécurité de discuter des politiques de cybersécurité et d'échanger des informations. La plateforme vise également à parvenir à un accord sur une stratégie nationale de cybersécurité en concertation avec les services publics concernés. Les membres de la plateforme sont le CCB, le SPF Affaires étrangères, la VSSE, l'OCAM, le ministère public, le Collège des procureurs généraux, la police fédérale, la Federal Computer Crime Unit, le NCCN, la Défense et le Cyber Command. Le NCCB est une plateforme réunissant tous les services fédéraux et les entités fédérées qui contribuent à la mise en oeuvre de la Stratégie nationale de cybersécurité, chacun dans leur domaine de compétence. Le NCCB se réunit trimestriellement sous la présidence du Directeur général du CCB. L'objectif principal de cette plateforme est de fournir une vue d'ensemble des services et projets destinés aux organisations d'intérêt vital, aux administrations, aux entreprises et au grand public afin d'identifier les synergies et de réfléchir ensemble aux moyens de combler les lacunes éventuelles et d'atteindre tous les objectifs de la stratégie. Au nombre des participants à cette plateforme figurent le Cyber Command, la police judiciaire fédérale, l'Agence du numérique, Belnet, l'Institut belge des services postaux et des télécommunications, le SPF Stratégie et Appui, le SPF Affaires étrangères, Digitaal Vlaanderen, le Conseil Supérieur des Indépendants et des PME, le NCCN, l'OCAM, Ostbelgien, Safe Brussels, le SPF Économie et la VSSE. Outre cette collaboration structurelle, le CCB et le Cyber Command collaborent également de manière ad hoc sur des dossiers spécifiques, tels que le Cyber Defense Pledge de l'OTAN, le Cyber Census de l'UE et le centre de coordination de l'UE en matière de cyberdéfense. 5. Les investissements en matière de cybersécurité sont répartis entre les entités participantes. Il ne sera de toute façon pas évident de consentir des investissements supplémentaires, vu la situation budgétaire de l'État.