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| Auteur | Marie Meunier, PS (07810) |
| Département | Ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale |
| Sous-département | Mobilité, Climat, Transition environ. |
| Titre | Le retard de la Belgique en matière d'adaptation au changement climatique (QO 010300C). |
| Date de dépôt | 04/12/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 15/01/2026 |
| Question |
Le premier rapport national d'évaluation des risques climatiques du Centre d'analyse des risques du changement climatique, le Cerac est très inquiétant. Il conclut que la Belgique n'est pas prête à faire face aux risques climatiques actuels et futurs. Inondations, érosion des sols, vagues de chaleur, crise de l'assurance, les menaces sont multiples, et pourtant nos politiques d'adaptation demeurent fragmentées, lentes, et sous-financées. Le Cerac évoque même un risque de retrait des compagnies de réassurance, faute d'un cadre solide pour les catastrophes naturelles. Dans le domaine de la santé, les experts annoncent plus d'un millier de décès supplémentaires chaque année liés aux vagues de chaleur d'ici quelques décennies. Dans l'agriculture, les sols s'érodent à un rythme alarmant, mettant en péril la sécurité alimentaire. 1. Quelles actions urgentes le gouvernement fédéral compte-t-il entreprendre pour renforcer les politiques d'adaptation en Belgique? 2. Envisagez-vous la création d'un fonds fédéral pour l'adaptation? 3. Comment le fédéral compte-t-il renforcer la coordination entre les niveaux de pouvoir pour éviter la fragmentation dénoncée par le Cerac? 4. Comment garantir que ces politiques d'adaptation soient socialement justes, et ne creusent pas les inégalités existantes? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B039
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| Date publication | 22/01/2026, 20252026 |
| Réponse |
1 et 3. Le premier Belgian Climate Risk Assessment (BCRA) constitue un signal clair. Ce rapport liste également les risques prioritaires dans plusieurs domaines. Pour améliorer la coordination entre les niveaux de pouvoir et éviter la fragmentation, nous commençons avec une révision de la stratégie nationale d'adaptation - qui date encore de 2010. Cette stratégie doit constituer la boussole pour la politique d'adaptation en Belgique, au niveau fédéral et régional. Elle devra aussi clarifier et optimaliser la coopération intra-belge. Mon administration révisera également le plan d'action d'adaptation fédéral et national en 2027. Ce plan sera notamment basé sur les résultats d'une étude lancée en octobre 2025 pour identifier des mesures fédérales et interfédérales d'adaptation sur base du BCRA. Cependant, afin de pouvoir agir rapidement, j'ai également lancé la préparation d'un plan d'action interfédéral concernant les phénomènes météorologiques extrêmes. Ce plan aura une attention particulière portée aux feux de végétation, aux inondations, aux vagues de chaleur et à la sécheresse. Il visera également à améliorer la coordination et la cohérence entre les autorités et s'inscrira dans la continuité des initiatives existantes. Les mesures résultantes seront ancrées dans différents plans d'adaptation, au niveau national, fédéral et régional. 2. Le financement des mesures d'adaptation est crucial pour répondre efficacement aux risques climatiques. Au niveau fédéral, les administrations peuvent soumettre leurs feuilles de route et leurs demandes de financement ETS via le mécanisme de gouvernance prévu par la loi fédérale sur le climat. Dans le cadre de son accord budgétaire de décembre 2025, le gouvernement fédéral a décidé d'allouer 75 millions d'euro pour l'action climatique pour 2026-2029. Une partie importante de ce budget sera alloué aux mesures d'adaptation. Ce budget ne suffira pas. Et je suis convaincu que nous devons accroître les moyens disponibles pour les mesures d'adaptation au changement climatique. Toutefois, cette ambition doit s'inscrire dans la réalité institutionnelle de la gouvernance climatique en Belgique. Comme vous le savez, les compétences majeures en matière d'adaptation relèvent des régions, qui portent également la charge des investissements les plus lourds. Dans ce contexte, la création d'un fonds dédié à l'adaptation - bien que pertinente sur le plan intellectuel - trouverait davantage sa cohérence à l'échelon régional. Je fais également référence dans ce cadre à la réponse à la même question concernant un fonds d'adaptation, de votre collègue Xavier Dubois. 4. Les conséquences du changement climatique touchent principalement les groupes vulnérables et ces groupes ont souvent moins de capacité à faire face aux effets du changement climatique. Assurer une transition juste, et donc assurer que les mesures d'atténuation et d'adaptation soient un levier pour s'attaquer aux inégalités sociales, est fondamental. Je rappelle que la politique climat est d'abord une politique économique. Elle touche à notre prospérité économique et sociale. Cela nécessite d'assurer des analyses d'impact social, d'impliquer les groupes vulnérables, et de prévoir un soutien ciblé et un suivi continu pour certains groupes-cibles. Prenons l'exemple des vagues de chaleur extrême: les personnes vivant dans des logements anciens et mal isolés sont les premières exposées, et ce risque est particulièrement grave pour les personnes âgées. Comme dans de nombreux autres domaines, une action coordonnée entre le niveau fédéral et les régions est donc indispensable pour protéger notre société. Au niveau fédéral, il s'agira de renforcer la surveillance des hospitalisations liées à la chaleur et d'examiner la nécessité d'adapter nos systèmes d'alerte précoce. Nous ferons attention à ce type d'impact social dans le cadre du plan interfédéral que je présenterai sur les phénomènes météorologiques extrêmes. |