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Bulletin n° : B039 - Question et réponse écrite n° : 0782 - Législature : 56


Auteur Gilles Foret, MR (06712)
Département Ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, chargé de Beliris
Sous-département Sécurité, Intérieur, Beliris
Titre Lutte contre les nuisances à Liège-Guillemins. - Besoin d'une action policière coordonnée (QO 010966C).
Date de dépôt05/12/2025
Langue F
Publication question     B039
Date publication 22/01/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai15/01/2026

 
Question

Alors que la ville de Liège mène depuis plusieurs mois un effort policier important pour lutter contre les réseaux de stupéfiants et les troubles urbains dans le centre, nous voyons une pression croissante se déporter vers la gare de Liège-Guillemins. Les agents Securail paraissent parfois désarmés face à des situations de violence, de deal ou de désordre public, ce qui alimente un sentiment de laxisme et, surtout, d'insécurité pour les citoyens. Les commerçants et navetteurs témoignent désormais d'une atmosphère anxiogène en soirée dans le hall principal. Si l'accueil des personnes vulnérables est un impératif humanitaire que nous partageons pleinement, il ne peut se faire aux dépens de la sécurité publique et de l'ordre social dans l'un des principaux hubs de mobilité du pays. 1. Comptez-vous renforcer et compléter la présence policière par un dispositif ciblé en gare, en appui de Securail? 2. Une cellule spécifique de lutte contre le deal aux abords immédiats de la gare est-elle envisagée dans le cadre des opérations menées à Liège? 3. Un protocole clair d'intervention entre les services fédéraux, Securail et la police locale pourrait-il être formalisé et communiqué? 4. Un dispositif d'accompagnement social structuré, notamment avec Fedasil et les associations d'aide aux sans-abri, peut-il être mis en oeuvre pour éviter que la gare devienne un lieu de relégation humaine?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B043
Date publication 27/02/2026, 20252026
Réponse

Tout d'abord, je voudrais attirer l'attention de l'honorable membre sur le fait que la loi du 7 décembre 1998 organisant un service de police structuré à deux niveaux prévoit en son article 3 que "les services de police sont organisés et structurés à deux niveaux: le niveau fédéral et le niveau local, lesquels assurent ensemble la fonction de police intégrée. Ces niveaux sont autonomes et dépendent d'autorités distinctes". J'ai cependant contacté la zone de police de Liège qui m'a fourni les informations suivantes: 1. Depuis plusieurs années déjà, la zone de police de Liège renforce activement sa présence en gare de Liège Guillemins, en complément direct des équipes Securail. La zone assure en appui: - des patrouilles régulières dans le hall, sur les quais, aux abords directs et dans les axes adjacents; - un appui systématique à Securail lors d'incidents violents, de situations de désordre public ou de refus d'obtempérer; - une mobilisation renforcée lors des pics de fréquentation ou des périodes sensibles. La présence de la police fédérale en gare et à ses abords immédiats a également déjà été renforcée dans le cadre de plusieurs dispositifs structurés. Il s'agit d'un engagement régulier de la police des chemins de fer (SPC), compétente en matière de sécurité ferroviaire, en appui direct de Securail, ainsi que la participation active de la police fédérale aux opérations coordonnées visant les zones sensibles, dont la gare de Liège-Guillemins et ses abords immédiats, et l'intégration de ces actions dans une approche visible et dissuasive, afin d'agir tant sur les phénomènes criminels que sur le sentiment d'insécurité. Ces dispositifs permettent de compléter l'action de Securail, notamment dans les situations nécessitant des pouvoirs de police administrative ou judiciaire. 2. La police fédérale est engagée dans la lutte ciblée contre les réseaux de trafic de stupéfiants à Liège, y compris dans le périmètre de la gare, via notamment la plateforme de concertation (TECOV), mise en place en 2005. Cette plateforme vise à faciliter l'échange d'informations opérationnelles entre partenaires, à mettre en oeuvre des actions coordonnées en matière de sécurité des transports en commun (train, tram, bus), à mutualiser les moyens policiers des zones participantes pour des actions conjointes planifiées (deux par an actuellement), sous la coordination générale de la direction (déconcentrée) de coordination et d'appui (DCA) de Liège. Il ne faut pas oublier les opérations FIPA "Grandes Villes" qui, depuis 2025, sont spécifiquement orientées vers la criminalité violente liée aux stupéfiants, les nuisances urbaines et les phénomènes générateurs d'insécurité. 3. Dans la pratique, un protocole opérationnel existe déjà: échanges d'informations, interventions conjointes, relais d'alerte, mobilisation policière en fonction des constats de Securail. La police fédérale veille à cette coordination opérationnelle étroite entre les différents acteurs concernés par la sécurité de la gare. Les actions menées dans le cadre des FIPA et de la plateforme TECOV reposent sur des principes d'intégration, de concertation et de complémentarité des missions. La coordination générale est assurée par la DCA de Liège, garantissant une cohérence entre les services fédéraux, la police locale, Securail et les partenaires institutionnels. Les dispositifs existants permettent déjà un partage d'informations opérationnelles, notamment via l'exploitation conjointe des images des caméras de la SNCB et de la ville de Liège au sein des postes de commandement. Pour la coordination stratégique de l'ensemble des intervenants (police fédérale SPC- zone de pollice Liège - SNCB - infrabel - Securail - ville de Liège - relais social du pays de Liège), une plateforme se réunissant de manière régulière (moyenne une fois par mois) a été mise en place. 4. Il faut, tout d'abord, garder à l'esprit que l'accompagnement social ne relève pas, stricto sensu, de mes compétences. Il relève des compétences de la ministre de l'Asile et Migration et de l'Intégration sociale, des niveaux régionaux et communautaires, mais aussi des communes (compétentes pour les CPAS). Cela constitue cependant un enjeu majeur pour stabiliser durablement la situation. L'accompagnement est donc déjà en place pour les personnes précarisées se trouvant dans le périmètre des gares. Ce dispositif vise à accompagner l'ensemble des personnes précarisées. Cet accompagnement est inconditionnel.