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| Auteur | Gilles Foret, MR (06712) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté |
| Sous-département | Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté |
| Titre | Aliments ultratransformés (QO 010859C). |
| Date de dépôt | 04/12/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 15/01/2026 |
| Question |
Une série d'études publiées dans la revue The Lancet met en lumière un constat préoccupant: la consommation croissante d'aliments ultratransformés (AUT) représente une menace majeure pour la santé publique. Ces produits (boissons sucrées, pizzas surgelées, snacks industriels, nouilles instantanées, etc.) se caractérisent par une forte transformation industrielle, l'ajout d'additifs (colorants, édulcorants, émulsifiants, etc.), une teneur excessive en sel, sucre et graisses, et une faible qualité nutritionnelle. Les experts internationaux réunis par The Lancet soulignent que les régimes riches en AUT sont associés à un risque accru de plus d'une dizaine de pathologies graves: obésité, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, troubles dépressifs, et d'autres encore. Bien que la causalité directe nécessite des recherches complémentaires, les associations constatées sont jugées suffisamment solides pour appeler à une action publique urgente. Le rapport pointe également le rôle des stratégies industrielles visant à freiner les politiques de santé publique, en particulier la régulation de la publicité et l'étiquetage. 1. Le SPF Santé publique dispose-t-il d'une analyse actualisée de l'impact sanitaire des AUT sur la population belge, en particulier chez les jeunes et les ménages précarisés? 2. Le gouvernement étudie-t-il la mise en place d'un étiquetage spécifique informant clairement du caractère ultratransformé d'un produit, à l'image de recommandations internationales? 3. Une révision des règles en matière de publicité alimentaire, notamment envers les enfants, est-elle envisagée? 4. Quelles actions concrètes pourraient être menées pour favoriser l'accès à une alimentation plus saine et moins industrialisée, en particulier dans les milieux socio-économiques vulnérables? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B039
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| Date publication | 22/01/2026, 20252026 |
| Réponse |
1. La question de l'impact des aliments ultra-transformés sur la santé publique me préoccupe beaucoup. De récentes publications, notamment dans The Lancet, contribuent de manière importante à l'état des connaissances scientifiques et appellent effectivementune vigilance accrue. Le SPF Santé publique, en collaboration avec Sciensano, suit de près l'évolution des données scientifiques relatives à la consommation alimentaire et à ses effets sur la santé. À ce jour, il n'existe pas encore d'analyse nationale spécifiquement centrée sur les aliments ultra-transformés, en tant que catégorie distincte, pour l'ensemble de la population belge. Toutefois, l'enquête de consommation alimentaire et l'enquête de santé menées par Sciensano fournissent des informations précieuses sur les habitudes alimentaires, la qualité nutritionnelle des régimes et les inégalités sociales de santé. Ces données montrent notamment une consommation plus élevée de produits riches en sel, en sucres et en graisses chez les jeunes (dont les boissons sucrées et les snacks sucrés et salés) et un gradient socio-économique marqué en matière de qualité de l'alimentation, au détriment des ménages à faibles revenus. Ces constats rejoignent les préoccupations exprimées au niveau international. Le gouvernement soutient dès lors la poursuite des travaux de recherche visant à mieux caractériser le rôle spécifique des aliments ultra-transformés, en particulier chez les groupes vulnérables. 2. La Belgique soutient les efforts visant à améliorer la transparence et l'information des consommateurs. Le Nutri-Score reste aujourd'hui l'outil de référence promu par les autorités belges pour guider les choix alimentaires vers des options plus favorables à la santé. 87 % des produits classés D et E correspondent à des produits ultra-transformés. La mise en place d'un étiquetage spécifique relatif au degré de transformation des aliments fait actuellement l'objet de débats scientifiques et réglementaires au niveau international et européen. 3. La protection des enfants contre le marketing de produits alimentaires à faible qualité nutritionnelle constitue une priorité majeure. La Belgique dispose actuellement de mécanismes d'autorégulation en matière de publicité alimentaire avec le code de la publicité de la Fevia, de Comeos et d'UBA qui vient d'être consolidé avec de nouvelles règles qui entreront en vigueur en 2026. Parmi ces nouvelles mesures, on compte l'interdiction des publicités pour cinq catégories d'aliments à moins de 150 mètres des écoles. Je mène actuellement une concertation avec le secteur afin d'examiner comment ce code d'autorégulation peut être évalué de manière objective. 4. La promotion d'une alimentation saine et durable et la prévention primaire des maladies relèvent des compétences des entités fédérées. Le Programme Interfédéral de lutte contre l'obésité infantile comprend un volet prévention et promotion de santé. Il fait actuellement l'objet de concertations avec les entités fédérées, avec une attention particulière pour les populations les plus vulnérables. |