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Question et réponse écrite n° : 0336 - Législature : 56


Auteur Fatima Lamarti, Voorui (07990)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre La faim comme thème de la COP30 (QO 010317C)
Date de dépôt11/12/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai22/01/2026

 
Question

La conférence sur le climat COP30, qui se tient à Belém, a débuté. La présidence brésilienne met fortement l'accent sur la lutte contre la faim dans le monde provoquée par le changement climatique. Si cette orientation est positive, elle occulte le lien entre la faim et les conflits, suggérant qu'elle serait avant tout un problème technique. Or pour des millions de personnes, les conflits sont précisément la cause directe de situations de famine aiguë. Dans des régions telles que Gaza ou le Soudan, la faim est utilisée comme une arme politique, l'accès à la nourriture étant délibérément restreint. Les personnes vivant dans des zones de conflit se trouvent souvent en "mode survie" permanent et sont dès lors les moins à même de s'adapter aux conséquences du changement climatique. 1. Partagez-vous l'analyse selon laquelle une approche purement technique de la faim à la COP30, qui ignore la réalité des conflits, risque de laisser pour compte les populations et les pays les plus vulnérables? 2. Quelles démarches diplomatiques concrètes la Belgique entreprendra-t-elle pour inscrire le lien essentiel entre climat, faim et conflit à l'agenda de la COP30? 3. Le financement climatique fondé sur des prêts ne constitue pas une solution pour ces États fragiles. Il alourdit encore l'endettement de communautés déjà en mode survie. La Belgique insistera-t-elle, lors des négociations sur le Fonds Pertes et Préjudices, pour que dans ces contextes, le financement de l'adaptation et de la résilience repose prioritairement sur des dons (grants)? 4. Enfin, les organisations de la société civile internationale peuvent souvent soutenir directement les communautés dans les zones de conflit, là où les canaux officiels échouent parfois, voire font partie du problème. Comment la Belgique veillera-t-elle à ce que les nouveaux mécanismes de financement prévoient également un accès direct suffisant pour ces organisations essentielles à la résilience à long terme sur le terrain?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B039
Date publication 22/01/2026, 20252026
Réponse

Nous savons depuis longtemps que le changement climatique est un multiplicateur de menaces qui accentue des défis existants tels que la faim et les conflits. Les changements des régimes météorologiques, l'insécurité alimentaire et les conflits sont intrinsèquement liés, et les conséquences les plus graves touchent souvent les groupes les plus vulnérables. Cela compromet la résilience des sociétés et alimente l'instabilité mondiale. C'est pourquoi j'ai également désigné le climat et la sécurité alimentaire comme l'un des trois biens publics mondiaux prioritaires dans le cadre de notre coopération internationale. Je peux vous assurer que notre pays continuera à s'engager pour s'attaquer aux causes profondes de la fragilité et des conflits, tout en reconnaissant aussi leur lien avec le changement climatique. Nous continuerons à plaider pour ce thème, tant au sein de l'Union européenne qu'auprès de partenaires multilatéraux tels que les Nations nies et la Banque mondiale. Le Brésil, en tant que président de la COP30, a effectivement pris l'initiative de mettre en lumière le lien entre climat et faim. Mais je dois constater avec vous que les progrès réalisés sont restés limités. Par rapport aux deux COP précédentes, l'attention portée aux initiatives concrètes concernant le climat, la paix et la sécurité a été beaucoup plus faible. Par conséquent, la dimension politique de la faim et du changement climatique dans les zones de conflit reste également sous-estimée. Je le regrette, car nous manquons ainsi des opportunités pour mieux répondre aux besoins spécifiques en matière d'action climatique et pour rendre les systèmes alimentaires plus durables dans les pays touchés par les conflits. Je plaide donc pour que notre pays, tant dans le cadre des futures négociations climatiques que dans d'autres forums multilatéraux, continue à souligner que l'adaptation climatique et la sécurité alimentaire ne peuvent et ne doivent pas être dissociées de la fragilité et des conflits. En ce qui concerne le financement climatique: notre pays reconnaît depuis longtemps le rôle du financement concessionnel pour l'adaptation climatique dans les pays vulnérables et en a fait l'un des axes prioritaires de son financement climatique. Le financement sous forme de subventions reste indispensable pour combler le déficit de financement de l'adaptation, car il offre un financement flexible et sans dette pour des projets à risque qui protègent les communautés vulnérables. Mais nous plaidons également pour que ces financements soient intégrés dans des stratégies plus larges afin de garantir la mise à l'échelle et un impact durable. Les grands fonds multilatéraux jouent un rôle clé à cet égard. C'est pourquoi j'ai décidé de poursuivre notre coopération avec des fonds climatiques tels que le "Fonds pour les pays les moins avancés pour l'adaptation climatique" ou le "Fonds vert pour le climat". Notre pays ne contribue pas au "Fonds pour pertes et dommages" récemment créé et ne le fera pas à court terme. J'ai choisi de concrétiser notre engagement en matière de pertes et dommages par le soutien aux systèmes d'alerte précoce. Enfin, je partage votre vision sur le rôle que peuvent jouer les organisations de la société civile dans les zones et situations de conflit. C'est pourquoi nos services demandent systématiquement à nos organisations partenaires internationales d'accorder une place importante aux acteurs nationaux et locaux dans leurs activités.