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Question et réponse écrite n° : 0334 - Législature : 56


Auteur Kathleen Depoorter, N-VA (07387)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre Sanctions américaines à l'encontre de Lukoil (QO 009942C)
Date de dépôt11/12/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai22/01/2026

 
Question

Selon la presse, les États-Unis ont introduit de nouvelles sanctions secondaires visant la société pétrolière russe Lukoil, ainsi que d'autres grandes entreprises énergétiques russes, dans le but de réduire les revenus issus du pétrole de la Fédération de Russie. Ces sanctions font suite à l'annulation d'une rencontre entre le président américain Trump et son homologue russe, Vladimir Poutine. L'Union européenne a adopté son 19e paquet de sanctions et souhaite accélérer la réduction des importations de pétrole russe par les pays européens. Lukoil a par ailleurs communiqué son intention de vendre des actifs à l'étranger, ce qui accroît encore la pression sur l'entreprise. 1. Êtes-vous engagé dans des concertations internationales (avec les États-Unis, les institutions européennes et d'autres États membres) concernant le suivi du dossier Lukoil et l'application des sanctions et des restrictions à l'exportation et à l'importation? Quelles conséquences internationales anticipez-vous si Lukoil devait effectivement vendre ses actifs à l'étranger? 2. La Belgique plaidera-t-elle en faveur d'un durcissement supplémentaire des sanctions européennes à l'encontre des entreprises énergétiques russes, par exemple par une extension des sanctions tertiaires ou par l'instauration de règles européennes de contribution supplémentaires, dans les prochains paquets de sanctions de l'UE? Ces mesures sont-elles déjà en préparation? L'efficacité des paquets de sanctions fait-elle l'objet d'un suivi et, le cas échéant, de quelle façon? 3. Disposez-vous d'informations sur la planification de la Commission européenne et/ou du Parlement européen en ce qui concerne la réduction des flux supplémentaires de pétrole russe ou l'instauration d'un mécanisme obligatoire de désengagement pour les entreprises énergétiques russes? 4. La Hongrie, la Slovénie et la Slovaquie ont refusé précédemment un soutien supplémentaire à l'Ukraine, en partie en raison de leur dépendance énergétique. Comment entend-on réduire les débouchés du pétrole et du gaz russes vers ces pays? Quel rôle la réduction des activités de Lukoil peut-elle jouer à cet égard?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B039
Date publication 22/01/2026, 20252026
Réponse

Nous ne devons pas relâcher notre soutien à l'Ukraine. Il en va en effet de la sécurité européenne, et donc de la nôtre, pour laquelle nous devons continuer à nous engager. En ce qui concerne votre question sur les mesures américaines contre Lukoil, je peux vous dire que nous les accueillons favorablement, car elles renforcent nos propres mesures. Plus précisément, cela contribuera à réduire davantage les importations européennes d'énergie russe, malgré la dépendance de certains gouvernements européens, comme vous le soulignez. Au sein de l'Union européenne, des consultations étroites sont menées avec ces pays afin de trouver des solutions d'approvisionnement alternatives et ainsi éliminer les dernières dépendances. La mise en oeuvre précise des décisions européennes en matière de sanctions et d'énergie est toujours suivie et appliquée avec rigueur par les différents services publics belges, en tenant compte également de la décision américaine. À cet effet, nous restons en contact permanent avec nos partenaires américains et européens. Bien qu'il n'existe pas encore de calendrier concret pour un 20e paquet de sanctions, nous pouvons supposer qu'il sera adopté à relativement court terme. Il est en effet essentiel de maintenir une forte pression sur la Russie. Une grande partie de l'attention sera très probablement portée sur les exportations d'énergie russe, qui restent une source importante de revenus pour la machine de guerre russe. Comme toujours, la Belgique adoptera une attitude constructive et contribuera à rendre ces sanctions aussi efficaces que possible. Vous vous interrogez également sur l'impact des sanctions européennes. Il est important de préciser qu'il est très difficile de chiffrer l'impact de mesures individuelles. La situation sur le terrain est trop changeante et les facteurs influençant une telle analyse sont très complexes. Cependant, certains éléments peuvent donner une indication: nous savons que la Russie paie jusqu'à 13 fois le prix du marché pour certains produits critiques, comme certaines puces électroniques; nous savons que les revenus tirés par la Russie des exportations de pétrole diminuent mois après mois, avec un nouveau point bas le mois dernier; et nous savons que tous les indicateurs macroéconomiques sont de plus en plus au rouge. Cela montre que nos mesures ont bel et bien un impact et, bien que les sanctions ne soient pas une solution définitive à la guerre, qu'elles jouent un rôle très important dans la réduction de la capacité de la Russie à poursuivre ce conflit.