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| Auteur | Marie Meunier, PS (07810) |
| Département | Ministre de l'Asile, de la Migration et de l'Intégration sociale, chargée de la Politique des Grandes Villes |
| Sous-département | Asile, Migration, Intégration soc., Pol. Grandes Villes |
| Titre | Le sans-abrisme et les jeunes. |
| Date de dépôt | 11/12/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 22/01/2026 |
| Question |
La récente étude menée par le CIRTES (UCLouvain) dans 113 communes wallonnes, sur près de la moitié de la population de la Région wallonne, dresse un constat préoccupant sur l'ampleur du sans-abrisme, et en particulier sur la situation des jeunes. Selon cette enquête de terrain, près d'un sans-abri sur cinq (19,1 %) est âgé de 18 à 25 ans. Plus de 40 % de ces jeunes sont des femmes. L'étude dénombre ainsi 1.482 jeunes sans-abri sur un total de 7.759 adultes en situation de sans-abrisme dans les communes étudiées. La grande majorité d'entre eux sont de nationalité belge (74 %) et nés en Belgique (66,2 %). Certains chiffres sont tout aussi alarmants: - 14,1 % ont déjà séjourné au sein d'une institution d'aide à la jeunesse; - près de 10 % ont connu une hospitalisation en institution psychiatrique; - 15,2 % présentent des problèmes de santé mentale; - plus d'un jeune sur dix est confronté à des assuétudes. Certaines zones, notamment dans le Hainaut, se distinguent par une proportion encore plus élevée de jeunes parmi les personnes sans-abri: La Louvière (23,9 %), Mons (20 %) et Tournai (19,6 %). 1. Avez-vous pris connaissance de l'étude du CIRTES? Quelle en est votre analyse, notamment en ce qui concerne la situation des jeunes sans-abri en Wallonie et plus particulièrement dans le Hainaut? 2. Comment vos services appréhendent-ils la problématique du sans-abrisme des jeunes? 3. Disposez-vous, au niveau fédéral, de données complémentaires sur l'évolution du sans-abrisme des jeunes ces dernières années? 4. Dans quelle mesure travaillez-vous à améliorer la collecte de statistiques avec les entités fédérées et les acteurs de terrain? 5. Quelles mesures concrètes entendez-vous prendre pour prévenir et réduire le sans-abrisme, et particulièrement chez les jeunes? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B038
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| Date publication | 15/01/2026, 20252026 |
| Réponse |
1. À la lumière de quelques études et rapports dont mon administration a connaissance, la situation des jeunes sans chez soi y est effectivement préoccupante et nous constatons qu'elle touche également des villes moyennes comme La Louvière, Mons ou Tournai ainsi que de plus petites communes. Les derniers dénombrements organisés à l'initiative de la Fondation Roi Beaudouin et la Wallonie, tendent à rompre avec les stéréotypes et montrent que de nombreux profils différents sont concernés par l'absence de chez soi, tels les jeunes ou les femmes. En ce qui concerne les jeunes adultes, une récente étude du CIRTES datant d'avril 2025 explique notamment que "ces jeunes adultes sont plus souvent sans-abri en raison d'un conflit avec leur famille que les autres personnes dénombrées. En outre, ce ne sont pas seulement des jeunes qui quittent l'aide à la jeunesse; un grand nombre d'entre eux n'ont jamais séjourné dans une structure d'aide à la jeunesse". Il est donc important de pouvoir prendre en compte l'ensemble des situations qui mettent les jeunes en situation de vulnérabilité, en mettant en oeuvre des accompagnements adaptés qui réduisent les risques pour ces jeunes de tomber dans la spirale de sans-abrisme. À cet égard, l'axe préventif est déterminant dans l'élaboration des politiques publiques. Les entités fédérées en sont principalement responsables. 2. L'accord de gouvernement est clair sur ce point et mentionne que "(...) Nous intensifions la lutte contre le sans-abrisme et continuons à travailler sur des projets tels que Housing First pour les sans-abris confrontes a des problèmes complexes" (p. 83). Nous pensons également que "les jeunes adultes qui risquent de devenir sans-abri doivent être détectés et soutenus à temps" (p. 83). Dans cette perspective, j'ai chargé mon administration, le SPP Intégration sociale (IS), de préparer un appel à projet grâce au précieux soutien de la Loterie Nationale, qui vise à apporter un soutien aux organisations qui luttent contre l'absence de chez-soi en Belgique en mettant en oeuvre la méthodologie Housing First, particulièrement adaptée pour soutenir les publics les plus vulnérables, avec notamment un focus sur les jeunes. Ainsi, en finançant des projets Housing First ciblés sur la tranche d'âge 16-30 ans, l'autorité fédérale peut agir dans le cadre de l'accord de gouvernement comme un acteur de la prévention du sans-abrisme chez les jeunes, en soutenant l'innovation sociale. De plus, cette thématique s'inscrit en complémentarité du projet HF4Y (Housing First for Youth) déjà mis en oeuvre par mon administration. Nous entendons cependant que chaque acteur - de la lutte contre le sans-abrisme en général et contre les sans-abrisme des jeunes en particulier - prenne ses responsabilités dans la mesure des compétences qui sont les siennes, notamment les partenaires des entités fédérées et de l'aide à la jeunesse. Il est nécessaire de coordonner nos efforts en ce sens. 3. Ces deux dernières années, La Flandre, la Wallonie et Bruxelles ont tour à tour réalisés des nouveaux dénombrements, élargissant les territoires couverts, améliorant ainsi la connaissance sur le sans-abrisme en Belgique. L'ensemble de ses initiatives permettent aujourd'hui de faire une estimation méthodologiquement très rigoureuse qui arrive au chiffre de 50.000 personnes sans-abri sur l'ensemble du territoire belge. L'autorité fédérale, via BELSPO, a contribué à une meilleure connaissance du phénomène du sans-abrisme en soutenant la réalisation des plusieurs études ambitieuses telles que MEHOBEL et TRAHOME. Mon administration, le SPP IS, a elle-même fait une étude statistique confortant les résultats d'analyses universitaires précitées (Focus 36 - https://www.mi-is.be/fr/etudes-publications-statistiques/focus-ndeg-36-sans-abrisme-et-absence-de-chez-soi). En ce qui concerne plus spécifiquement le Housing First, j'ai chargé mon administration de poursuivre le renforcement des connaissances par le biais de la collecte annuelle de données relatives au déploiement du Housing First sur l'ensemble du territoire. Cette démarche vise à disposer d'informations objectivées et comparables afin d'évaluer les dispositifs existants et de soutenir l'élaboration de stratégies efficaces en matière de Housing First. À cet égard, mon administration assure également la coordination d'un groupe de travail interfédéral "Collecte de données" composé par les SPOC des administrations concernées, dont l'objectif est d'harmoniser les pratiques et les indicateurs utilisés par les différents niveaux de pouvoir, ainsi que d'assurer un suivi cohérent et structuré du déploiement du Housing First en Belgique. Par ailleurs, mon administration est également chargée de la collecte et de l'analyse des données relatives aux appels à projets spécifiques, notamment Housing First for Youth (HF4Y) ainsi que ceux financés par la Loterie Nationale. Ces données permettent d'évaluer les résultats des projets soutenus et d'en mesurer l'impact à moyen et long terme, en particulier en matière de prévention et de réduction du sans-abrisme chez les jeunes. Cette analyse vise à identifier les leviers d'amélioration, de consolidation ou d'extension du dispositif HF4Y, en vue de soutenir une éventuelle mise en oeuvre à plus large échelle et de renforcer l'efficacité des politiques publiques de lutte contre le sans-abrisme des jeunes. 4. À cet égard, l'élaboration d'un nouvel accord de coopération interfédéral à caractère réglementaire constitue une méthode concertée pertinente visant à renforcer et à améliorer la gouvernance en matière de sans-abrisme et d'absence de chez-soi, notamment en ce qui concerne la collecte de statistiques. Un tel instrument permettrait de clarifier les compétences respectives, de structurer la coopération entre les différents niveaux de pouvoir et de renforcer la cohérence des politiques publiques mises en oeuvre dans ce domaine. Dans ce contexte, un groupe de travail émanant de la Conférence interministérielle Politique des grandes villes, Intégration sociale et Lutte contre la pauvreté s'est réuni en octobre 2025. Le groupe de travail "Sans-abrisme et absence de chez-soi", initialement convoqué par le cabinet du ministre wallon M. Coppieters, est désormais placé sous la présidence de mon cabinet. Mon administration, le SPP IS, a été chargée de la coordination technique entre les administrations fonctionnelles en vue de la révision du projet d'accord de coopération en matière de sans-abrisme et d'absence de chez-soi. Le secrétariat de la Conférence interministérielle, assuré par le Service interfédéral de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale, apportera son soutien à l'organisation et au suivi des travaux. 5. Grâce au projet HF4Y, qui est actuellement toujours en cours, 16 villes et communes réparties sur 3 régions du pays se verront confier un total de 43 logements. Une fois ces logements mis en ordre d'occupation, ils permettront l'accompagnement d'une première cohorte de 43 jeunes en situation de sans-abrisme. Une vingtaine de jeunes sont d'ailleurs déjà en logement et accompagnés de manière intensive. Les logements confiés aux CPAS étant destinés à être mobilisés sur une période estimée à 30 ans, il est attendu que près de 500 jeunes puissent bénéficier de ce dispositif sur le long terme. Par ailleurs, comme je l'ai déjà indiqué, j'ai chargé mon administration de préparer un appel à projets visant, avec le soutien de la Loterie Nationale, à renforcer l'action des organisations qui luttent contre l'absence de chez-soi en Belgique par la mise en oeuvre de la méthodologie Housing First, particulièrement adaptée à l'accompagnement des publics les plus vulnérables. Cet appel à projets soutiendra plus spécifiquement l'innovation sociale au sein des dispositifs Housing First, en mettant l'accent sur deux axes prioritaires identifiés à la lumière des derniers dénombrements: d'une part, les projets Housing First intégrant une approche orientée vers la continuité des soins de santé, notamment en sortie d'hospitalisation, dans le suivi des patients en dehors des institutions hospitalières et dans la prévention de la dégradation de leur état de santé; d'autre part, les projets HF4Y ciblant les jeunes âgés de 16 à 30 ans et développant des accompagnements spécifiquement adaptés aux situations d'absence de chez-soi chez les jeunes. Le budget global de cet appel à projets s'élève à 2.551.450 euros. Le lancement de l'appel est prévu pour la fin du mois de janvier 2026 et les financements octroyés pourront être mobilisés sur une période de deux ans. |