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Question et réponse écrite n° : 0412 - Législature : 56


Auteur Anthony Dufrane, MR (06327)
Département Ministre de l'Action et de la Modernisation publiques, chargée des Entreprises publiques, de la Fonction publique, de la Gestion immobilière de l'État, du Numérique et de la Politique scientifique
Sous-département Action et Modernisation publ., Entr. publ., Fonction publ., Gestion immo., Numérique, ESF
Titre L'encadrement des algorithmes de TikTok et la lutte contre la viralité des contenus dangereux (QO 010729C).
Date de dépôt02/12/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai08/01/2026

 
Question

Le rapport accablant d'Amnesty International France sur l'algorithme de TikTok, publié en octobre 2025, révèle que des adolescents exposés à des contenus liés à la tristesse ou au mal-être psychologique sont orientés en moins d'une heure vers des vidéos normalisant, banalisant, voire idéalisant la dépression, l'automutilation ou le suicide. Ces conclusions, basées sur des expériences menées avec des profils factices, confirment les craintes déjà exprimées, lors de ma question en juillet 2025, concernant les burn lines et d'autres défis dangereux viralisés par la plateforme. L'ONG a saisi l'Arcom (le régulateur français) et appelle à une action européenne renforcée dans le cadre du Digital Services Act (DSA), soulignant que TikTok n'a pas pris les mesures adéquates pour protéger les jeunes utilisateurs. En Belgique, où les jeunes sont également massivement exposés à ces contenus, il est urgent d'évaluer l'efficacité des dispositifs actuels de modération et de protection, ainsi que la collaboration avec les plateformes pour encadrer leurs algorithmes. La question de la transparence algorithmique, de la responsabilité des réseaux sociaux et de l'éducation aux médias devient centrale, d'autant que la Commission européenne a déjà ouvert une enquête sur TikTok pour manquements présumés en matière de protection des mineurs. 1. Quelles actions concrètes votre administration a-t-elle engagées depuis les alertes sur les burn lines et d'autres contenus dangereux pour encadrer l'algorithme de TikTok en Belgique? Quels dialogues ont été initiés avec la plateforme pour exiger une modération plus stricte des contenus incitant à l'automutilation ou au suicide? 2. Un mécanisme de signalement et de blocage automatique des contenus à risque (comme les défis dangereux ou les vidéos pro-anorexie) a-t-il été mis en place en collaboration avec les opérateurs numériques, et si oui, quels en sont les résultats concrets à ce jour? 3. Comment votre cabinet évalue-t-il l'impact du rapport d'Amnesty International sur la situation belge, et envisagez-vous de saisir les autorités européennes pour une régulation transfrontalière plus efficace des plateformes comme TikTok?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B038
Date publication 15/01/2026, 20252026
Réponse

Je renvoie à la réponse que j'ai donnée lors de la commission du 19 novembre, où cette question avait également été traitée. Les questions sur les conclusions accablantes du rapport d'Amnesty International concernant l'algorithme de TikTok et son impact sur les jeunes belges me permettent de réaffirmer clairement ma volonté d'agir pour la protection des utilisateurs, singulièrement les jeunes. Les risques liés à l'exposition des mineurs à des contenus normalisant la dépression, l'automutilation ou le suicide sont inacceptables et je partage pleinement votre vigilance sur le sujet. Dès ma prise de fonction, j'en ai fait une priorité. Mes actions concernent plusieurs volets. Sur le volet européen, nous participons activement à la recherche d'une solution commune permettant de renforcer le principe du Security by Design mais aussi de protéger les plus jeunes utilisateurs. Je souhaite également vous faire part d'une avancée récente. Depuis le 29 octobre 2025, les chercheurs peuvent obtenir un accès sans précédent aux données non publiques des grandes plateformes en ligne afin d'étudier l'incidence sociétale découlant des systèmes des plateformes. Cet accès répondra notamment aux préoccupations que nous partageons concernant la transparence des algorithmes. En outre, les résultats des études que pourront mener les chercheurs nous permettront de cibler et d'améliorer nos actions. En ce qui concerne TikTok, les dialogues avec la plateforme s'inscrivent dans une démarche européenne renforcée. La Commission européenne a d'ailleurs ouvert une enquête pour manquements présumés en matière de protection des mineurs. Cette enquête est toujours en cours et - j'insiste - est beaucoup trop longue à notre goût, car les jeunes restent entre-temps confrontés à des contenus inappropriés, dangereux ou addictifs. Je suis également avec beaucoup d'attention les travaux de la Chambre pour évaluer l'opportunité d'un âge minimal d'accès aux réseaux sociaux, proposer un cadre légal sur la vérification de l'âge et sur l'anonymat en ligne. Je compte évidemment sur votre soutien et sur celui de l'ensemble du Parlement pour faire de ce dossier une priorité.