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Question et réponse écrite n° : 0304 - Législature : 56


Auteur Michel De Maegd, MR (07122)
Département Ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur
Sous-département Défense, Commerce ext.
Titre La rencontre du ministre avec l'ambassadeur d'Azerbaïdjan (QO 009073C).
Date de dépôt01/12/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai08/01/2026

 
Question

Le 17 septembre 2025, vous annonciez avoir eu une "rencontre fructueuse avec l'ambassadeur d'Azerbaïdjan en Belgique", au cours de laquelle auraient été explorées "les possibilités de coopération plus étroite par le biais de programmes de formation militaire", ce que vous avez qualifié de "pas en avant pour les relations bilatérales". Cela a interpellé bon nombre de personnes. En effet, comme vous le savez, l'Azerbaïdjan a mené, en septembre 2023, une offensive militaire unilatérale dans le Haut-Karabakh, provoquant l'exode forcé de plus de 100.000 Arméniens et suscitant de vives condamnations de la part du Parlement européen, de nombreux États membres de l'Union européenne ainsi que de la Chambre des représentants. Dans une résolution adoptée à l'unanimité en juillet 2025 (Doc. Parl. 56/589), notre assemblée a condamné "avec la plus grande fermeté l'attaque militaire de l'Azerbaïdjan contre les Arméniens du Haut- Karabakh, ainsi que le blocus du corridor de Latchine qui l'a précédée, et a souligné que ces actions constituent une violation grave du droit international". Elle a également demandé au gouvernement d'enjoindre l'Azerbaïdjan "de se conformer à ses obligations internationales, dans le respect des ordonnances contraignantes de la Cour internationale de Justice". Une demande qui n'a, à ce jour, toujours pas porté ses fruits. 1. Pouvez-vous expliquer concrètement ce qui est ressorti de cette rencontre, et si des engagements ont été pris? Pouvez-vous, notamment, expliquer quels types de formation militaires ont été abordés? 2. Au cours de cette rencontre, avez-vous évoqué, comme demandé par la résolution, les inquiétudes belges et les demandes de se conformer aux obligations internationales? Dans l'affirmative, des réponses vous ont-elles été fournies? 3. Dans quelle mesure le respect des droits humains et du droit international humanitaire constitue-t-il une condition préalable à toute forme de coopération militaire envisagée par la Belgique avec des États tiers? Qu'en est-il pour cette situation précise? 4. Pouvez-vous rassurer sur le fait qu'aucune initiative bilatérale impliquant l'armée belge ne sera entérinée avec l'Azerbaïdjan tant que les violations du droit humanitaire international constatées au Haut-Karabakh n'auront pas fait l'objet d'enquêtes indépendantes et de garanties de non-répétition?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B038
Date publication 15/01/2026, 20252026
Réponse

1. La rencontre avec l'ambassadeur d'Azerbaïdjan le 17 septembre 2025 s'inscrivait dans une démarche de dialogue constructif et respectueux. Nos relations bilatérales en matière de défense sont aujourd'hui pragmatiques et limitées, sans cadre formel de coopération, et l'objectif était d'explorer, de manière purement exploratoire, des domaines techniques où une valeur ajoutée mutuelle pourrait être identifiée. Les échanges ont porté sur des pistes telles qu'une participation limitée d'officiers azerbaïdjanais à des programmes de formation en Belgique, en ligne avec des pratiques similaires chez d'autres partenaires européens. Aucun engagement formel n'a été pris lors de cette rencontre. Nous estimons néanmoins qu'explorer un programme académique et formation via l'École Royale Militaire pourrait contribuer à un meilleur accès et, dans ce cadre, nous serions disposés à permettre à l'Azerbaïdjan de déposer une demande officielle qui serait ensuite analysée par l'état-major de la Défense afin d'en évaluer la pertinence. 2 à 4. Conformément à la résolution adoptée par la Chambre en juillet 2025, j'ai rappelé nos préoccupations concernant la situation au Haut-Karabakh et la nécessité pour l'Azerbaïdjan de respecter ses obligations internationales, y compris les ordonnances contraignantes de la Cour internationale de Justice. Ces points ont été entendus par l'ambassadeur, qui a réaffirmé l'importance que son pays accorde au processus de paix engagé à Washington en août 2025. Je tiens à être très clair: le respect du droit international humanitaire constitue une condition préalable à la coopération militaire belge avec des États tiers. La Belgique reste engagée en faveur d'une approche équilibrée et responsable envers l'Azerbaïdjan, visant à contribuer à la stabilité régionale par le dialogue, tout en respectant pleinement ses engagements européens et internationaux.