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Bulletin n° : B038 - Question et réponse écrite n° : 0750 - Législature : 56


Auteur Paul Van Tigchelt, OPNVLD (07686)
Département Ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, chargé de Beliris
Sous-département Sécurité, Intérieur, Beliris
Titre L'insécurité et les nuisances incessantes dans la gare de Bruxelles-Midi et aux abords de celle-ci (QO 009888C).
Date de dépôt01/12/2025
Langue N
Publication question     B038
Date publication 15/01/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai08/01/2026

 
Question

Avec plus de 7.000 interventions en un an, la gare de Bruxelles-Midi a atteint un triste record. Ce chiffre représente en moyenne vingt incidents par jour, soit deux fois plus qu'en 2020 et 2021. Les faits vont du trafic de crack aux agressions en passant par des vols, des agressions à l'arme blanche et des nuisances graves causées par des toxicomanes. Les voyageurs, les navetteurs et les membres du personnel témoignent que cette situation est devenue "la nouvelle norme". La gare, qui accueille chaque jour plus de 58.000 voyageurs, n'est pas seulement le principal noeud ferroviaire de notre pays, mais aussi une carte de visite internationale de notre capitale et de la Belgique. Pourtant, Bruxelles-Midi demeure un symbole d'insécurité, de nuisances liées à la drogue et d'impunité, malgré les annonces précédentes d'un plan d'action prévoyant une surveillance vidéo supplémentaire, un poste de police et une coopération plus étroite entre les services. Même la CEO de la SNCB, Sophie Dutordoir, a reconnu que les chemins de fer n'avaient ni les moyens ni les compétences pour résoudre ce problème seuls. Sur le terrain, les agents témoignent d'un sous-effectif structurel, d'un manque de moyens d'action et d'une présence policière permanente insuffisante, tandis que les voyageurs et les commerçants sont confrontés quotidiennement à des violences et à des nuisances croissantes. Ce problème ne concerne plus uniquement les chemins de fer, mais a évolué en une question d'ordre public, de présence policière et de coordination fédérale. 1. Comment évaluez-vous l'approche actuelle en matière de sécurité adoptée par la police fédérale et locale dans la gare de Bruxelles-Midi et ses environs, compte tenu de la forte augmentation du nombre d'incidents? 2. Considérez-vous que la capacité de la police et les moyens existants dans la zone de la gare et ses environs immédiats sont suffisants? Dans la négative, quel renforcement prévoyez-vous? 3. Comment se déroule la coopération opérationnelle entre la police, Securail et la SNCB? Envisagez-vous des accords structurels supplémentaires, afin de pouvoir intervenir plus rapidement en cas de trafic de drogue et d'agressions? 4. Le plan d'action pour Bruxelles-Midi mis en place par le gouvernement précédent, en collaboration avec la Justice, la Ville de Bruxelles et les sociétés ferroviaires, sera-t-il poursuivi? Sous une forme adaptée? Dans l'affirmative, quelles modifications y seront apportées? Quelles capacités supplémentaires sont prévues? 5. Comment garantirez-vous que Bruxelles-Midi redevienne une porte d'accès sûre et digne à notre capitale et à notre pays?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B039
Date publication 22/01/2026, 20252026
Réponse

L'approche actuelle en matière de sécurité adoptée par la police fédérale et locale dans et autour de la gare de Bruxelles-Midi repose sur une stratégie intégrée, à la fois réactive et proactive. Des opérations ciblées sont menées, telles que les FIPA (Full Integrated Police Actions) et les actions TECOV (Transports En Commun - Openbaar Vervoer). Ces actions sont menées dans le cadre des moyens existants, la coopération entre les services de police constituant un levier central pour garantir la sécurité publique. Depuis novembre 2024, un poste de police est opérationnel au sein de la gare de Bruxelles-Midi, occupé 22 heures sur 24. Ce dispositif est complété par une équipe permanente, ainsi que par des renforts mobilisés via le dispositif Protect Rail et une équipe de la police ferroviaire. Chaque jour, entre 10 et 12 plaintes sont traitées. Environ 70 % d'entre elles concernent des faits judiciaires commis dans les trains, les gares et les métros. D'autres problématiques complexes sont également prises en charge, notamment le sans-abrisme, la toxicomanie et certaines formes de criminalité organisée. Par ailleurs, les images issues des caméras de la SNCB sont désormais mises à disposition en temps réel de chaque zone de police concernée (enfin, diront certains), afin d'améliorer la rapidité de réaction et l'efficacité des interventions. Vous savez aussi bien que moi que nous devons agir simultanément sur la sécurisation des infrastructures ferroviaires et sur leur environnement immédiat et élargi. En ce qui concerne la coopération et les patrouilles conjointes entre les services de police et Securail, il importe de rappeler qu'environ 40 % des actions menées par le CSS-Securail (Corporate Security Service) le sont en collaboration avec les services de police. La coordination opérationnelle entre les services de police et le service de sécurité de la SNCB doit encore être renforcée, conformément aux dispositions prévues dans l'accord de gouvernement. Dans ce cadre, je souhaite que les plans de sécurité intégrés relatifs aux gares et à leurs abords, ainsi que le plan stratégique de sécurité du CSS-Securail, soient élaborés en étroite concertation avec les services de police. Je souhaite également qu'une méthodologie davantage harmonisée soit mise en place entre les deux services, tant pour l'enregistrement des faits que pour le signalement des incidents et des agressions. En outre, l'organisation géographique des services, fondée sur l'analyse des phénomènes criminels, ainsi que le partage des données, doivent pouvoir faire l'objet d'une analyse approfondie. S'agissant plus spécifiquement de la gare de Bruxelles-Midi, je suis pleinement conscient de la nécessité de gérer en permanence les défis actuels rencontrés sur le terrain, tout en réévaluant l'approche stratégique des actions de sécurité menées dans et autour de la gare à court et moyen terme. Dans ce contexte, l'action se concentre sur trois axes prioritaires: - premièrement, la collaboration structurelle et permanente entre la police fédérale (et ses différents services) et les services de la zone Bruxelles-Midi, dans le cadre du plan élaboré lors de la législature précédente, avec le rôle essentiel de la région et de Safe.Brussels, notamment en matière de sans-abrisme, de phénomènes liés à la drogue et de propreté publique; - deuxièmement, la poursuite d'actions ciblées, telles que les FIPA; - troisièmement, l'organisation régulière de patrouilles mixtes associant Securail et la SPC. Pour l'avenir proche, nous prévoyons: - d'une part, la révision de la circulaire ministérielle de 2002, laquelle demeure un instrument essentiel pour l'exécution opérationnelle des missions sur le terrain; - d'autre part, un regroupement structuré des missions de Securail et des services de police, via la création d'une compétence de tutelle du ministre de la Sécurité et de l'Intérieur sur ce service, en concertation avec mon collègue compétent en matière de Mobilité.