...
| Auteur | Sophie De Wit, N-VA (06141) |
| Département | Ministre de la Justice, chargée de la Mer du Nord |
| Sous-département | Justice, Mer du Nord |
| Titre | Affectation d'un officier de liaison belge à Dubaï (QO 010939C). |
| Date de dépôt | 11/12/2025 |
| Langue | N |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 22/01/2026 |
| Question |
Vous avez récemment annoncé que la Belgique allait envoyer un officier de liaison de la police fédérale aux Émirats arabes unis. Cette décision fait suite à une période de coopération intensive avec les Émirats, qui a notamment conduit à l'extradition vers notre pays de quatorze criminels en fuite, dont plusieurs figures clés du milieu de la drogue anversois. Si la coopération avec Dubaï a donné des résultats tangibles, il ressort d'informations récentes que la plupart des fugitifs belges se sont entre-temps déplacés vers d'autres régions, comme le Maroc et la Turquie. Dans ce contexte, des questions se posent quant au timing et à la valeur ajoutée de l'ouverture du nouveau poste à Dubaï, ainsi qu'à l'engagement stratégique plus large des officiers de liaison belges à l'étranger. 1. Sur la base de quelle analyse actuelle a-t-il été décidé d'envoyer précisément maintenant un officier de liaison aux Émirats arabes unis? 2. Dans quelle mesure Dubaï reste-t-elle, selon vous, une plaque tournante prioritaire pour les fugitifs belges et les réseaux belges de blanchiment d'argent? 3. D'un point de vue judiciaire, comment évaluez-vous la valeur ajoutée et l'opportunité de la présence d'un officier de liaison à Dubaï par rapport à d'autres régions où résident encore de nombreux fugitifs belges? 4. Comment l'officier de liaison contribuera-t-il à accélérer le traitement judiciaire des dossiers d'extradition et de transfèrement en provenance des Émirats? 5. Dans le cadre de la coopération judiciaire internationale, envisage-t-on, en fonction de la répartition des réseaux criminels belges, de prévoir également des capacités de liaison supplémentaires dans d'autres pays afin de soutenir les procédures d'extradition et d'entraide judiciaire? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B038
|
| Date publication | 15/01/2026, 20252026 |
| Réponse |
Je vous invite à prendre connaissance de la réponse à la question orale telle qu'elle vous aurait été présentée en commission Justice du 9 décembre 2025. La circulaire ministérielle du 27 mars 2014 régit les modifications apportées au réseau des officiers de liaison (LO) de la police belge: c'est le ministre de l'Intérieur qui, sur proposition de la police fédérale, décide de l'ouverture ou de la fermeture d'un poste LO, après avis commun du Collège des procureurs généraux et du parquet fédéral et après accord du ministre de la Justice et du ministre des Affaires étrangères. La police fédérale fonde ses propositions sur l'évaluation qu'elle effectue tous les trois ans de son réseau d'OL. Ces évaluations s'appuient sur plusieurs sources, dont l'image de la politique policière internationale belge, et sur une série d'indicateurs qui concernent notamment les trafics illégaux et les phénomènes auxquels notre pays est confronté, la population délinquante enregistrée et l'échange international d'informations. En décidant de nommer un OL belge aux Émirats arabes unis, nous mettons en oeuvre une recommandation issue de la dernière évaluation du réseau, qui date de fin 2024. J'ai également lu dans la presse qu'avec cette nomination nous serions à la traîne. Avec tout le respect que je vous dois, cela est tout simplement faux. Il y a effectivement des indications selon lesquelles un certain nombre de cibles à haute valeur (high value targets) se sont enfuies vers des pays tiers et nous suivons cela de près, mais il est tout simplement faux de dire que les Émirats ne sont plus une priorité. Il y a encore des dizaines de dossiers d'extradition en cours que notre pays demande. La question reste donc d'actualité et pertinente. Et nous sommes bien entendu conscients du risque de fuite: lors de ma visite, j'ai remis aux autorités une liste de quelques noms de cibles pour lesquelles nous craignons un risque de fuite. Or, la même semaine, deux de ces cibles ont déjà été arrêtées par la police de Dubaï. Les Émirats arabes unis restent donc un partenaire particulièrement important, avec lequel nous entretenons d'excellentes relations de travail. Et je continuerai à investir dans cette relation. Les extraditions ne sont d'ailleurs pas notre seule priorité dans cette relation. Les EAU restent un refuge important pour de nombreuses cibles à haute valeur dans les dossiers de criminalité organisée (drogue) et leurs avoirs illégaux. En ce qui concerne ce dernier aspect, j'ai fait remarquer à mes interlocuteurs lors de ma récente visite aux EAU que nous avions besoin d'une meilleure coopération en matière de recouvrement des avoirs (asset recovery). L'extradition des criminels n'est qu'une étape dans la lutte contre le crime organisé; nous devons également essayer de briser le modèle de financement de ces criminels. La mise en place d'un OL doit donc également contribuer à renforcer la collaboration avec les services de police et les autorités judiciaires des EAU dans le cadre d'enquêtes patrimoniales, afin de détecter, recenser, geler et, si possible, saisir au mieux les avoirs acquis illégalement. |