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Bulletin n° : B038 - Question et réponse écrite n° : 0680 - Législature : 56


Auteur Gilles Foret, MR (06712)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre Le protoxyde d'azote (QO 010883C).
Date de dépôt02/12/2025
Langue F
Publication question     B038
Date publication 15/01/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai08/01/2026

 
Question

Le protoxyde d'azote, longtemps perçu comme une substance festive "inoffensive", provoque pourtant, selon différentes études et retours hospitaliers, des troubles neurologiques, des pertes de conscience, et constitue un réel risque de dépendance. En région liégeoise, des services d'urgence témoignent d'une recrudescence de cas impliquant de jeunes usagers. La banalisation de son accès via des bonbonnes en vente libre n'arrange rien. 1. Votre administration collecte-t-elle des données épidémiologiques actualisées sur les effets du protoxyde d'azote? 2. La collaboration avec les acteurs locaux (maisons de jeunes, services hospitaliers) va-t-elle être renforcée afin d'éviter la sous-estimation d'un phénomène en forte croissance?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B039
Date publication 22/01/2026, 20252026
Réponse

1. Les données épidémiologiques actuellement disponibles ne permettent pas de confirmer une recrudescence des cas impliquant de jeunes usagers ayant consommé du protoxyde d'azote dans les services d'urgences liégeois. Nous avons toutefois connaissance d'une collaboration entre le CHU de Liège et le CHU de Lille, visant à développer un programme de prévention, de recherche et de soins pour les consommateurs de protoxyde d'azote. Par ailleurs, les ASBL De Druglijn et Eurotox documentent régulièrement les effets néfastes liés à la consommation de ce gaz. Les données de l'enquête santé collectées entre 2023 et 2024 permettent d'obtenir des informations sur le pourcentage de la population belge âgée de 15 à 64 ans ayant consommé du gaz hilarant au cours des 12 derniers mois. Ce pourcentage s'élève à 0,24 % soit environ 18000 personnes. Ce sont les personnes les plus jeunes qui consomment plus fréquemment du gaz hilarant puisque dans la catégorie des 15-24 ans cette proportion s'élève à 0,54 % contre 0,23 % chez les 25-34 ans et 0,16 % chez les 35-44 ans. Les femmes sont également plus enclines à consommer du gaz hilarant (0,36 %) que les hommes (0,12 %). Comme cette substance a été incluse pour la première fois dans l'enquête santé, il n'est pas possible d'étudier une tendance dans le temps. En comparaison avec les fréquences d'usage d'autres substances comme le cannabis (8,8 %), la cocaïne (1,6 %) ou la MDMA/ecstasy (1,4 %) l'usage de gaz hilarant est limité en population générale. De nouvelles données issues de l'enquête dans les écoles en Flandre collectées en 2023-2024 sont également disponibles. Parmi les élèves de 12 à 18 ans, 96,1 % déclarent n'avoir jamais consommé de gaz hilarant. 1,4 % déclarent en avoir consommé au cours des 12 derniers mois. Ce nombre est en légère baisse par rapport à 2021-2022 où il s'élevait à 1,7 %. Cette prévalence au cours de l'année dernière augmente avec l'âge des élèves puisque parmi les élèves de 12 à 14 ans, 1,3 % déclarent en avoir consommé au cours de l'année dernière, 1,5 % parmi les 15-16 ans et 1,7 % parmi les 17-18 ans. Dans cette étude, la différence entre les garçons (1,4 %) et les filles (1,5 %) est peu marquée. Le gaz hilarant est moins fréquemment cité que le cannabis (6 %) mais plus que les autres substances illicites (0,6 % ou moins). Ces données de l'enquête dans les écoles en Flandre sont cohérentes avec ce qui est observé dans d'autres pays européens ou avoisinants puisque, même si la Belgique n'a pas participé à l'enquête européenne ESPAD, les résultats montrent une fréquence de consommation moyenne de gaz hilarant au cours de la vie de 3,1 % (entre 0,4 % et 9,4 %). L'enquête dans les écoles en Flandre rapporte 3,9 %. Les données du centre antipoison a montré que parmi les 408 appels reçus en 2024 pour une substance illicite, 30 (7,4 %) concernaient le gaz hilarant. Cette proportion est en baisse par rapport à l'année dernière (8,2 %). Les services des urgences des hôpitaux d'Anvers et de Gand qui ont rapporté près de 500 incidents relatifs aux substances illicites en 2023 ont indiqué 10 cas (2,7 %) liés au protoxyde d'azote. Ces résultats semblent montrer de faibles niveaux d'utilisation du gaz hilarant dans la population belge comparé à d'autres substances. 2. Je soutiens pleinement les initiatives visant à renforcer la collaboration et à améliorer les connaissances relatives aux effets et à la consommation de cette substance. À ce jour, les données épidémiologiques disponibles ne mettent toutefois pas en évidence une augmentation significative de la consommation. Nous demeurons néanmoins vigilants et attentifs aux signaux provenant du terrain, notamment par le biais de rencontres régulières avec les organisations faîtières des services actifs dans le domaine des assuétudes.