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Bulletin n° : B038 - Question et réponse écrite n° : 0668 - Législature : 56


Auteur Rajae Maouane, ECOGR1 (08184)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre Vaccination des seniors (QO 009594C).
Date de dépôt01/12/2025
Langue F
Publication question     B038
Date publication 15/01/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai08/01/2026

 
Question

Notre pays peut se féliciter d'obtenir d'excellents résultats en matière de vaccination des enfants. Ces dernières années, les programmes de vaccination pédiatrique ont démontré leur efficacité, leur accessibilité et leur acceptabilité au sein de la population. En revanche, lorsqu'il s'agit des adultes et des personnes âgées, le constat est beaucoup moins encourageant: la Belgique accuse un retard préoccupant, alors même que les bénéfices de la vaccination tout au long de la vie sont aujourd'hui incontestables. L'accès à la vaccination pour les adultes reste complexe, fragmentée, et souvent insuffisamment soutenue, tant au niveau logistique que financier. Les filières d'approvisionnement diffèrent selon les vaccins et les régions, les campagnes de sensibilisation sont rares, et la responsabilité du suivi vaccinal n'est pas clairement identifiée entre médecins généralistes, pharmaciens et services de santé publique. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: selon les données les plus récentes, seuls 13,6 % des personnes vulnérables, y compris les plus de 65 ans, sont vaccinées contre les pneumocoques, alors que l'objectif européen est de 75 %. En 2023, à peine une personne sur deux de plus de 65 ans a reçu le vaccin contre la grippe saisonnière, bien loin là aussi de l'objectif international de 75 %. Ces lacunes exposent les populations les plus fragiles à des complications graves, voire à des hospitalisations évitables, et pèsent lourdement sur nos hôpitaux déjà sous tension. Dans un contexte où les infections respiratoires demeurent une cause majeure de mortalité évitable chez les personnes âgées, il est urgent de renforcer la prévention et de garantir un véritable accès universel à la vaccination. 1. Comment expliquez-vous ces taux de couverture particulièrement faibles chez les personnes âgées et vulnérables? 2. Quelles mesures concrètes comptez-vous mettre en place pour améliorer la vaccination des adultes, notamment via une meilleure coordination entre médecins, pharmaciens et acteurs locaux de santé? 3. Envisagez-vous la mise en oeuvre d'une stratégie nationale de vaccination tout au long de la vie, assortie d'objectifs chiffrés et d'un financement durable, afin d'éviter que la prévention ne reste le parent pauvre de notre système de santé?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B054
Date publication 26/06/2026, 20252026
Réponse

La vaccination et l'immunisation de la population constituent une priorité pour la Santé publique. En effet la prévention est le meilleur moyen de protéger non seulement les personnes les plus vulnérables contre les infections graves, de diminuer les consultations chez les généralistes, les hospitalisations, les admissions aux soins intensif, les décès qui en découlent, mais également de protéger l'ensemble de la population. Prévenir les infections par la vaccination est également beaucoup plus rentable que de traiter la maladie et représente donc une stratégie judicieuse. Vous n'êtes pas sans savoir que la prévention en matière de santé publique relève de la responsabilité des entités fédérées, mais notre Service public fédéral Santé, et en particulier le Risk Management Group, suit également de près la situation, en recherchant des solutions pour l'approvisionnement, la distribution et l'administration, et en s'efforçant de coordonner tous les efforts régionaux. Comme vous le savez, en Belgique, un seul vaccin est obligatoire: le vaccin contre la poliomyélite, administré durant l'enfance. Cependant, nous partageons pleinement vos préoccupations: le taux de vaccination pour les autres pathogènes doit augmenter, notamment parmi les groupes vulnérables tels que les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies chroniques ou de troubles immunitaires. Les entités fédérées et le gouvernement fédéral déploient tous les efforts nécessaires pour lancer chaque année des campagnes de vaccination à l'approche de l'hiver, en trouvant de nouvelles façons de toucher les groupes cibles et les populations plus difficiles à atteindre. Nous veillons à ce que des stocks suffisants des différents vaccins soient achetés, conservés dans des conditions optimales, distribués aux professionnels de santé et que les systèmes d'enregistrement soient tenus à jour. Nous bénéficions en cela du soutien scientifique du Conseil Supérieur de la Santé et du Groupe technique consultatif national sur la vaccination (NITAG), qui examinent en permanence les dernières informations disponibles et formulent régulièrement, à notre demande, des recommandations récentes et pertinentes. Nous avons également veillé à ce que, outre les médecins, que les pharmaciens et les infirmiers à domicile soient désormais autorisés à administrer et à enregistrer les vaccins, ce qui aide surtout dans les grandes villes. Cependant, force est de constater que tous ces efforts ne suffisent pas encore à atteindre l'objectif visé: un taux de vaccination suffisant contre les virus et bactéries courants. La lassitude face à la vaccination, apparue depuis la pandémie de coronavirus, a malheureusement été exacerbée par la propagation de fausses informations, notamment via les réseaux sociaux et les plateformes d'information moins fiables, induisant en erreur une partie de la population (vulnérable). Pourtant, nous continuons de répéter sans cesse le bon message, et les ministres fédéraux et des entités fédérés, ainsi que leurs services, poursuivent leurs efforts pour renforcer la protection de la population. Plus précisément, en réponse à vos questions: 1. Le faible taux de vaccination chez les personnes âgées s'explique par plusieurs facteurs, notamment la lassitude vaccinale consécutive à la COVID-19, qui engendre un sentiment de satiété et un rejet des vaccinations régulières, la minimisation des risques, une perception erronée de la gravité et des complications potentielles de certaines infections (la grippe est souvent considérée comme un simple rhume passager), un manque de connaissances sur les vaccins recommandés (p. ex., le vaccin antipneumococcique) et leur efficacité, la diffusion de fausses informations via les réseaux sociaux et des sources d'information moins fiables qui alimentent des craintes et une méfiance injustifiée au sein de certains groupes, et le manque de temps pour les professionnels de santé afin d'examiner et discuter systématiquement de la vaccination, en particulier durant la période hivernale souvent bien chargée. Enfin, pour les personnes les plus vulnérables, notamment les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques (souvent multiples), il peut être difficile de trouver un créneau horaire pour la vaccination entre deux traitements; les traitements curatifs étant parfois prioritaires sur la vaccination préventive, surtout en hiver. Ces facteurs jouent également un rôle important dans d'autres pays européens. 2. Nous avons déjà pris plusieurs mesures concrètes pour accroître la couverture vaccinale chez les adultes, en privilégiant la collaboration multidisciplinaire entre médecins, pharmaciens et professionnels de santé locaux, comme les infirmières à domicile. Nous maintiendrons cet engagement. L'intégration structurelle des pharmaciens en tant que vaccinateurs et leur autorisation permanente d'administrer les vaccins contre la grippe et la COVID-19, un processus déjà établi juridiquement en 2025, est renforcée et étendue afin de faciliter l'accès à la vaccination pour tous. Les pharmaciens peuvent administrer simultanément les vaccins contre la COVID-19 et la grippe pendant la campagne actuelle, ce qui est considéré comme une approche idéale pour améliorer la couverture vaccinale. Un échange de données efficace est essentiel à la collaboration entre les différents professionnels de santé. Parallèlement, des efforts sont déployés pour améliorer la mise en oeuvre de Vaccinet en Flandre et de Vaccicard en Wallonie, les systèmes d'enregistrement centralisés qui devraient permettre un meilleur suivi des campagnes de vaccination par les médecins et les pharmaciens. La création d'une plateforme d'enregistrement des vaccinations (un hub), permettant la consultation simultanée de toutes les bases de données, est également à l'étude. De plus, l'enregistrement de chaque vaccination dans ces systèmes reste obligatoire pour tous les vaccinateurs afin de maintenir une vue d'ensemble actualisée des taux de vaccination. Le ministre encourage également d'autres initiatives où les professionnels de la santé se complètent plutôt que de se faire concurrence, comme l'organisation de séances locales de consultation médico-pharmaceutique (CMP) axées spécifiquement sur la vaccination. Ces réunions aident les médecins et les pharmaciens à conclure des accords concrets pour mieux atteindre les groupes vulnérables; elles subventionnent les conseils et les comités locaux de santé afin qu'ils élaborent des actions ciblées visant à maximiser les taux de vaccination dans leur région; et elles encouragent la coordination entre les médecins-conseils coordinateurs (MCC) et les prestataires de soins externes pour la vaccination du personnel et des résidents des établissements comme les maisons de repos et les établissements de soins de longue durée. De plus, le gouvernement met l'accent sur l'accessibilité (p. ex., en rendant les vaccins gratuits pour les médecins généralistes, les pharmaciens et les établissements de santé) et sur des campagnes ciblées, avec cette saison l'accent mis sur la vaccination simultanée contre la grippe et la COVID-19 à partir de la mi-octobre, complétée par des recommandations pour la vaccination contre le VRS et le pneumocoque pour les personnes âgées de 65 ans et plus. 3. À l'instar du calendrier vaccinal pour enfants, un calendrier similaire est en cours d'élaboration pour les adultes, avec pour objectif d'atteindre chez eux les mêmes bons résultats et les mêmes taux de vaccination. Les objectifs sont clairs, souvent définis au niveau européen, et seront communiqués au public. Le taux de vaccination contre la COVID-19 est d'ores et déjà consultable sur le site web de Sciensano. Ces informations seront étendues à d'autres agents pathogènes.