...

Question et réponse écrite n° : 0332 - Législature : 56


Auteur Christophe Lacroix, PS (06389)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre La Trumpisation de la communication du gouvernement (QO 010135C).
Date de dépôt09/12/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai15/01/2026

 
Question

Pas un jour ne se passe sans que le gouvernement Arizona vire dans la Trumpisation de la politique belge. Pendant que votre collègue Clarinval stigmatisait scandaleusement nos concitoyens d'origines étrangères en les déclarant de fait "non-Belges", le ministre de la Défense, Theo Francken n'a rien trouvé de mieux que d'indiquer que "Moscou serait rayée de la carte". Une nouvelle fois, la Belgique fait la une de la presse internationale après l'information relayée en masse que notre pays allait acheter plus de F-35 bien que nos pilotes soient déjà incapables à l'heure actuelle de s'entraîner en Belgique faute d'un espace aérien suffisant. Évidemment, je ne partage aucun soutien pour le régime du président Poutine et condamne le plus fermement possible son attaque de l'Ukraine et ses menaces contre nos démocraties en particulier européennes ainsi que ses nombreuses offensives contre les droits humains contre lesquelles j'ai lutté de manière acharnée notamment à l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Mais je ne peux pas tolérer qu'un pays comme la Belgique joue dans la surenchère martiale au risque de totalement délégitimer notre appareil diplomatique dans un contexte de tensions internationales beaucoup plus large déjà exacerbé dangereusement notamment sous la présidence de Donald Trump. L'interview du ministre de la Défense a permis au vice-président du Conseil de sécurité de Russie, Dimitri Medvedev, de répondre que la "Belgique disparaîtrait" de la carte. 1. Comment justifiez-vous le recours à un tel registre dans les interviews de vos collègues? 2. Ressentez-vous l'impact de ces déclarations sur l'image de la Belgique auprès de vos homologues à l'étranger? 3. Avez-vous réagi face à ces sorties de Theo Francken?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B038
Date publication 15/01/2026, 20252026
Réponse

Premièrement, il ne m'appartient pas de "justifier" la manière dont mes collègues fédéraux communiquent. Chacun a son style et sa façon de faire. Vous pouvez les critiquer, mais je maintiens qu'il ne me revient pas de commenter cela. Deuxièmement, il faut reconnaître que, sur le fond, monsieur Francken a bel et bien un point: l'usage répété d'une rhétorique nucléaire par la Russie constitue une évolution préoccupante et irresponsable, qui compromet notre engagement commun en faveur de la stabilité et de la paix. La Belgique n'est pas non plus le seul État membre de l'UE à être menacé. Pour mes collègues des pays baltes, de la Pologne, de la Finlande, de la Suède, etc. c'est le quotidien. Il est essentiel que de telles formes de chantage ne soient pas normalisées dans le cadre de la sécurité internationale. La Belgique ne doit en aucun cas se laisser intimider par ce type de menaces, d'où qu'elles viennent. En d'autres termes, il est important de fixer de temps en temps une limite. Et chacun le fait à sa manière.