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| Auteur | Charlotte Deborsu, MR (08138) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | Les élections en Bosnie-Herzégovine (QO 010953C). |
| Date de dépôt | 05/12/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 15/01/2026 |
| Question |
Le 24 novembre 2025, l'élection présidentielle anticipée de la Republika Sprska de Bosnie-Herzégovine a été remportée par Sinisa Karan, ancien ministre de l'Intérieur. Ce dernier est le candidat de Milorad Dodik, leader nationaliste serbe et ouvertement prorusse, interdit de candidature après une grave crise institutionnelle et judiciaire. Leur parti ambitionne depuis longtemps un affaiblissement de l'État bosnien dans l'espoir d'un potentiel éclatement. Selon les résultats publiés, M. Karan aurait emporté la victoire avec 50,89 % des voix, contre 47,81 % pour son principal opposant, Branko Blanusa. Cette élection intervient après une période de fortes tensions entre M. Dodik et le Haut Représentant chargé de faire respecter les accords de Dayton. Tensions qui ont plongé la Bosnie-Herzégovine dans sa plus grave crise politique depuis la fin de la guerre, provoquant la destitution du président Dodik et ainsi, l'organisation d'une élection présidentielle anticipée. Bien que le nouveau président ne devrait être en fonction qu'un an, jusqu'aux élections générales d'octobre 2026, la situation reste extrêmement précaire au vu des tensions internes, de l'influence russe accrue et de la fragilité persistante des institutions bosniennes. L'histoire nous l'a malheureusement rappelé à de multiples reprises: la Bosnie demeure une poudrière et il est crucial qu'elle ne s'embrase pas. 1. Comment la Belgique analyse-t-elle les risques de déstabilisation politique en Bosnie-Herzégovine à la suite de cette élection, et notamment le rôle indirect que Milorad Dodik continue de jouer? 2. Quelles démarches diplomatiques la Belgique soutient-elle, au niveau européen ou bilatéral, afin de prévenir tout risque d'implosion institutionnelle ou de remise en cause des accords de Dayton? 3. Comment la Belgique évalue-t-elle l'influence croissante de Moscou sur la Republika Srpska, et ses implications potentielles pour la stabilité des Balkans occidentaux et la sécurité européenne? 4. La Belgique envisage-t-elle des actions spécifiques pour soutenir les autorités bosniennes légitimes, ainsi que le mandat du Haut Représentant, face aux pressions sécessionnistes? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B038
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| Date publication | 15/01/2026, 20252026 |
| Réponse |
L'élection présidentielle de la Republika Srpska du 23 novembre 2025 a été précédée d'une crise politique majeure en Bosnie-Herzégovine, dont l'élément déclencheur a été le refus initial du président Dodik d'accepter son éviction suite à une condamnation par la Justice à une peine d'inéligibilité. Face à la fermeté des institutions bosniennes et de la communauté internationale, le président Dodik a fini par se résoudre à sa démission forcée et à l'organisation d'un scrutin afin de le remplacer jusqu'aux prochaines élections générales en octobre 2026. Le vote du 23 novembre 2025 a été déclaré invalide par la Commission électorale centrale, après que le SNSD a été accusé de fraude électorale par l'opposition. De nouvelles élections seront donc organisées le 8 février 2026. Les provocations de monsieur Dodik, qui vont de sa rhétorique incendiaire et révisionniste à ses menaces de sécession, ne sont malheureusement pas neuves. Elles n'ont pour seul objectif que de maintenir son assise au pouvoir en Republika Srpska. C'est également en ce sens que doit être comprise la proximité qu'il entretient avec la Russie. Celle-ci voit pour sa part en monsieur Dodik un acteur qui lui permet à faible coût de bloquer l'intégration euro-atlantiste du pays, et de créer du désordre dans une région entourée par des États membres de l'UE. Face à cette situation, la Belgique estime que la priorité doit être donnée au processus d'adhésion européen. La Belgique encourage la Bosnie-Herzégovine à mettre au plus vite en oeuvre les réformes demandées par l'Union européenne afin que puisse être adopté le cadre de négociation, nécessaire pour entamer officiellement les négociations d'adhésion. En outre, nous encourageons les Bosniens à faire le meilleur usage possible de l'agenda de réforme qui a été adopté récemment par laCommission européenne dans le cadre du Plan de croissance pour les Balkans occidentaux. Cet instrument doit en effet permettre de dégager des fonds en faveur de la Bosnie en échange de réformes pertinentes dans le cadre du processus d'adhésion. Malgré l'intérêt évident que présente le processus d'adhésion pour l'ensemble des habitants du pays, nous ne pouvons pas exclure que monsieur Dodik ou d'autres politiciens de la Republika Srpska recourent à nouveau à des provocations afin d'asseoir leur autorité. C'est pour cette raison que la Belgique soutient le Bureau du Haut représentant international pour la Bosnie-Herzégovine, ainsi que la mission européenne Eufor Althea. Ces reliquats de présence internationale ne sont certes pas idéaux à notre époque, mais ce sont des outils dont nous ne pouvons pas nous séparer tant qu'existeront des menaces à l'unité et à la souveraineté du pays. |