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| Auteur | Charlotte Deborsu, MR (08138) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | La désinformation venue de Washington et ses répercussions en Belgique (QO 010924C). |
| Date de dépôt | 05/12/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 15/01/2026 |
| Question |
Depuis des semaines, une série de déclarations totalement infondées sur l'autisme venant du président Donald Trump et de son ministre de la Santé Robert F. Kennedy Jr. traversent l'Atlantique. Ces déclarations relaient des théories depuis longtemps discréditées: un prétendu lien entre vaccination et autisme, l'idée que la circoncision ou la prise de paracétamol pendant la grossesse provoqueraient les troubles du spectre autistique, ou encore l'existence de traitements "miracles" dépourvus de toute preuve scientifique. Ces affirmations ont été réfutées point par point à maintes reprises par la communauté scientifique internationale. Pourtant, malgré les démentis, ces discours trouvent un écho. En Belgique, ce sont désormais nos propres médecins qui doivent en gérer les conséquences: un afflux de parents inquiets, parfois culpabilisés, des familles déjà en souffrance plongées dans davantage d'angoisse, et des charlatans qui profitent de cette vulnérabilité. Au-delà de la seule question de l'autisme, cette séquence met en lumière un problème plus large. Depuis le retour de Donald Trump à la présidence, l'Europe et la Belgique se retrouvent quotidiennement exposées à des vagues de désinformation en provenance des États-Unis. Une désinformation qui s'enracine, se diffuse rapidement et, selon la loi de Brandolini, est particulièrement difficile à déconstruire une fois propagée. 1. Comment la Belgique entend-elle répondre à cette propagation de fausses informations en provenance des États-Unis, notamment lorsqu'elles touchent directement nos familles, nos institutions et le travail de nos professionnels de santé? 2. Plus largement, quelles actions diplomatiques ou européennes la Belgique soutient-elle pour lutter contre cette désinformation persistante émanant de responsables politiques américains, et pour protéger nos citoyens face à ces narratifs toxiques? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B038
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| Date publication | 15/01/2026, 20252026 |
| Réponse |
En ce qui concerne la réponse à apporter spécifiquement aux déclarations infondées en matière de santé, qui propagent des narratifs absurdes et sont sources d'angoisse parmi la population, je vous invite à interroger le vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la lutte contre la pauvreté dont cette question relève de la compétence. Plus largement, la désinformation, d'où qu'elle émane, est malheureusement une priorité traitée au quotidien par mes services. Elle constitue un enjeu majeur pour la sécurité nationale et la stabilité démocratique, en particulier lorsqu'elle émane de responsables politiques étrangers et qu'elle touche directement nos citoyens. La Belgique agit à plusieurs niveaux pour protéger ses citoyens contre la désinformation et ses effets délétères. Au niveau européen, un instrument essentiel est le Digital Services Act, un règement s'appliquant à l'ensemble du marché intérieur qui impose des obligations aux plateformes numériques en matière de modération des contenus et de transparence des algorithmes. Il vise à ce que ces acteurs - notamment les réseaux sociaux et les grands moteurs de recherche - assument leurs responsabilités dans la lutte contre la désinformation. Par ailleurs, bon nombre de ces plateformes ont signé le Code de conduite sur la désinformation, renforçant ainsi leur engagement. La désinformation peut également être utilisée délibérément par d'autres pays pour tenter d'influencer notre politique. On parle alors de FIMI, ou Foreign Information Manipulation and Interference, un outil fréquemment utilisé dans les campagnes hybrides. Vu son impact sur la sécurité nationale et les relations internationales de la Belgique, mon département a récemment lancé une task force FIMI interne. En outre, les Affaires étrangères participent activement aux plateformes interdépartementales "Menaces Hybrides" et SIIMI (SGRS Interdepartemental Information Manipulation and Interference), car la lutte contre la désinformation nécessite une approche coordonnée entre les différents acteurs nationaux de sécurité. Si la responsabilité première dans la lutte contre les menaces hybrides est nationale, il est également impératif de coopérer avec d'autres États et organisations pour faire face à ces menaces communes. Sur le plan européen, la Belgique soutient activement des instruments tels que la Hybrid Toolbox, la FIMI toolbox, l'European Democracy Shield et son European Centre for Democratic Resilience, ainsi que la stratégie de l'EU contre les menaces hybrides. Nous plaidons pour une application concrète et coordonnée de ces outils. La Belgique oeuvre également avec ses partenaires de l'OTAN pour contrer les ingérences informationnelles provenant d'acteurs étatiques ou politiques extérieurs. Enfin, la Belgique a rejoint dès 2021 le Centre d'Excellence pour les menaces hybrides établi à Helsinki aux côtés de 35 autres États, ainsi que l'UE et l'OTAN. |