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Question et réponse écrite n° : 0639 - Législature : 56


Auteur Anthony Dufrane, MR (06327)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre Les statistiques de consommation du gaz hilarant (QO 010321C).
Date de dépôt21/11/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai30/12/2025

 
Question

Pas un mois ne passe sans que le gaz hilarant ne soit évoqué dans la presse et les articles sont toujours négatifs et alarmants. La consommation ne semble pas s'essouffler et de nombreux accidents restent hélas à déplorer. Les publics ayant les plus grandes habitudes de consommation restent les adolescents et les jeunes adultes, or une utilisation régulière du protoxyde d'azote peut avoir des effets dévastateurs sur la santé de ces derniers. Lors de la commission du 15 juillet 2025, je vous avais déjà interrogé sur le sujet et vous aviez évoqué une nouvelle enquête de santé par interview, dès ce même mois de juillet, qui apportera des données actualisées pour les plus de 15 ans à l'échelle nationale. Dès lors, l'accès aux résultats, même préliminaires, de cette enquête me semble intéressant afin d'assurer le suivi. Enfin, je ne doute pas que des mesures seront prises si les statistiques de consommation tendent à être plus élevés que les estimations ne le laissaient présager. Cette problématique relève autant de la santé publique que de la sécurité vu les dégâts et les dommages collatéraux que peuvent entrainer l'inhalation de ce gaz. 1. Avez-vous des résultats (finaux ou partiels) de l'enquête de juillet 2025? Si oui, pouvez-vous les communiquer? 2. Avez-vous des chiffres concernant la consommation du gaz hilarant durant l'été? Autrement dit, des personnes ont-elles été hospitalisées ou blessées durant cette période suite à la consommation du gaz? 3. Avez-vous une ventilation par région ou par tranche d'âge? 4. Comptez-vous légiférer si les chiffres tendent à être plus élevés que ceux estimés, suite aux résultats de l'enquête? Si oui, de quelle manière?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B037
Date publication 07/01/2026, 20252026
Réponse

1. Depuis votre dernière question de juillet 2025 nous avons effectivement reçu de nouvelles données concernant le gaz hilarant. Les données de l'enquête santé collectées entre 2023 et 2024 permettent d'obtenir des informations sur le pourcentage de la population belge âgée de 15 à 64 ans ayant consommé du gaz hilarant au cours des 12 derniers mois. Ce pourcentage s'élève à 0,24 % soit environ 18.000 personnes. Ce sont les personnes les plus jeunes qui consomment plus fréquemment du gaz hilarant puisque dans la catégorie des 15-24 ans cette proportion s'élève à 0,54 % contre 0,23 % chez les 25-34 ans et 0,16 % chez les 35-44 ans. Les femmes sont également plus enclines à consommer du gaz hilarant (0,36 %) que les hommes (0,12 %). Comme cette substance a été incluse pour la première fois dans l'enquête santé, il n'est pas possible d'étudier une tendance dans le temps. En comparaison avec les fréquences d'usage d'autres substances comme le cannabis (8,8 %), la cocaïne (1,6 %) ou la MDMA/ecstasy (1,4 %) l'usage de gaz hilarant est limité en population générale. De nouvelles données issues de l'enquête dans les écoles en Flandre collectées en 2023-2024 sont également disponibles. Parmi les élèves de 12 à 18 ans, 96,1 % déclarent n'avoir jamais consommé de gaz hilarant. 1,4 % déclarent en avoir consommé au cours des 12 derniers mois. Ce nombre est en légère baisse par rapport à 2021-2022 où il s'élevait à 1,7 %. Cette prévalence au cours de l'année dernière augmente avec l'âge des élèves puisque parmi les élèves de 12 à 14 ans, 1,3 % déclarent en avoir consommé au cours de l'année dernière, 1,5 % parmi les 15-16 ans et 1,7 % parmi les 17-18 ans. Dans cette étude, la différence entre les garçons (1,4 %) et les filles (1,5 %) est peu marquée. Le gaz hilarant est moins fréquemment cité que le cannabis (6 %) mais plus que les autres substances illicites (0,6 % ou moins). Ces données de l'enquête dans les écoles en Flandre sont cohérentes avec ce qui est observé dans d'autres pays européens ou avoisinants puisque, même si la Belgique n'a pas participé à l'enquête européenne ESPAD, les résultats montrent une fréquence de consommation moyenne de gaz hilarant au cours de la vie de 3,1 % (entre 0,4 % et 9,4 %). L'enquête dans les écoles en Flandre rapporte 3,9 %. Parmi les nouvelles demandes de traitement pour un trouble lié à l'usage de substance, les données les plus récentes concernent l'année 2024. Le gaz hilarant n'est pas repris spécifiquement comme substance mais se retrouve dans la catégorie des inhalants. 152 épisodes de traitement ont rapporté une substance de cette catégorie sur les plus de 26.000 épisodes collectés ou 0,6 %. Parmi ces 152 épisodes, seuls 30 déclaraient cette substance comme étant la principale substance à l'origine du traitement. Pour les autres épisodes les inhalants étaient une substance secondaire. Depuis dix ans, cette catégorie de substances connaît une nette progression parmi les épisodes de traitement puisqu'en 2015 seuls 54 épisodes rapportaient la substance. Ces résultats semblent montrer de faibles niveaux d'utilisation du gaz hilarant dans la population belge comparé à d'autres substances. 2 et 3. Nous ne disposons pas de chiffres plus précis sur la consommation du gaz hilarant durant l'été 2025. Les données relatives aux incidents liés aux drogues (hospitalisations, etc.) sont relativement limitées. Les données du centre antipoison a montré que parmi les 408 appels reçus en 2024 pour une substance illicite, 30 (7,4 %) concernaient le gaz hilarant. Cette proportion est en baisse par rapport à l'année dernière (8,2 %). Les services des urgences des hôpitaux d'Anvers et de Gand qui ont rapporté près de 500 incidents relatifs aux substances illicites en 2023 ont indiqué 10 cas (2,7 %) liés au protoxyde d'azote. 4. L'arrêté royal est en cours d'évaluation à l'initiative de mon collègue en charge de la justice. Les résultats de cette évaluation seront présentés à la Cellule Générale de Politique Drogues. Je demanderai donc que le groupe de travail sur le gaz hilarant se réunisse à nouveau dans le but de développer un arrêté royal révisé et plus efficace.