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| Auteur | Patrick Prévot, PS (06967) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture |
| Sous-département | Emploi, Économie, Agriculture |
| Titre | L'évaluation de la menace du Popillia japonica. |
| Date de dépôt | 20/11/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 30/12/2025 |
| Question |
L'été 2025 a été marqué par la découverte surprenante d'un scarabée japonais (Popillia japonica) sur notre territoire, l'une des espèces qui figure sur la liste des organismes de quarantaine prioritaires de l'Union européenne (UE). Début juillet, un premier spécimen a été retrouvé dans une entreprise de construction à Waregem; un deuxième a ensuite été découvert dans une résidence à Zedelgem, précisément dans les bagages de voyageurs qui revenaient du nord de l'Italie, l'une des zones européennes infestées par cet animal extrêmement nuisible pour l'agriculture une fois implanté. Je me réfère à votre réponse à ma question écrite n° 325 du 6 août 2025 (Questions et Réponses, Chambre, 2024-2025, n° 24). 1. Le règlement d'exécution européen 2023/1584 assure une approche harmonisée au niveau européen des règles en mettre en vigueur pour lutter contre la propagation d'espèces nuisibles: comment ces règles ont-elles été mises en place depuis cet été et avec quels effets? L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire a-t-elle eu connaissance d'autres spécimens découverts sur notre territoire? 2. Quels risques encourent les agriculteurs à court et moyen terme vu les découvertes de ces spécimens? 3. La question de la présence du scarabée japonais en Europe (Italie, Suisse) a-t-elle été abordée lors des dernières réunions mensuelles du Comité phytosanitaire permanent de la Commission? Qu'en est-il ressorti? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B037
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| Date publication | 07/01/2026, 20252026 |
| Réponse |
1. Le règlement d'exécution (UE) 2023/1584, en vigueur depuis août 2023, prévoit une approche harmonisée pour prévenir l'introduction et la propagation de Popillia japonica dans l'Union européenne. Les principales obligations incluent la surveillance systématique par des prospections et l'installation de pièges à phéromones dans les zones à risque, l'élaboration d'un plan de contingence détaillé, ainsi que la mise en oeuvre de mesures d'éradication ou de confinement dans des zones délimitées en cas de détection d'un foyer. Les deux signalements (à Waregem et Zedelgem) ont déclenché une inspection approfondie. Ces inspections ont permis de trouver des individus morts, ce qui a conduit à l'installation de pièges spécifiques pour détecter la présence éventuelle d'insectes vivants. Aucune capture n'a été enregistrée dans ces dispositifs. Il convient de souligner que les spécimens retrouvés étaient déjà morts, et ce probablement avant leur introduction sur le territoire belge. Dès lors, leur découverte n'a pas abouti à la confirmation de leur présence sur le territoire. Par conséquent, aucune zone délimitée n'a été instaurée et la réponse des autorités phytosanitaires compétentes s'est concentrée sur une surveillance renforcée. Le programme national de surveillance, dans le cadre du programme de contrôle de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA), a également été poursuivi dans des zones à risque réparties sur le territoire belge, sans capture de nouveaux individus. Ce programme s'est déroulé du début juin jusqu'à fin septembre. En conclusion, en Belgique, à la suite des deux signalements et de la découverte de spécimens morts de Popillia japonica, aucune nouvelle détection n'a été signalée par l'AFSCA. 2. La découverte de ces spécimens démontre que le risque d'introduction est réel. Popillia japonica est un organisme polyphage qui s'attaque à plus de 400 espèces végétales. Les larves du scarabée japonais causent des dégâts importants aux racines, en particulier à celles des graminées. Cela représente un risque sérieux pour les prairies, ainsi que pour les terrains de sport, les pelouses et les espaces verts. Les adultes, quant à eux, s'attaquent aux feuilles et aux fruits. L'organisme peut ainsi avoir un impact considérable sur les grandes cultures agricoles telles que le maïs, l'arboriculture fruitière, la viticulture, les pépinières, l'horticulture ornementale, etc. À court terme, l'impact dépendra de la découverte d'individus vivants. Si une infestation est confirmée, des zones d'infestation seront délimitées et des mesures strictes d'éradication seront instaurées conformément à la législation européenne, ce qui pourrait avoir des conséquences pour les parties prenantes cultivant dans les zones concernées. Plus leur présence est détectée rapidement, plus les mesures d'éradication ont de chances d'être efficaces. Dans le cas où cette détection interviendrait tardivement ou si l'insecte avait la possibilité de se disperser, il deviendrait clairement difficile de mettre en oeuvre des mesures efficaces d'éradication. Cela souligne l'importance d'une approche préventive comportant une surveillance renforcée, le signalement rapide des suspicions et la mise en place d'actions de sensibilisation (awareness raising) auprès des parties prenantes pour permettre une intervention immédiate. À moyen terme, si l'espèce venait à s'établir, l'éradication deviendrait très difficile et les pertes économiques pourraient être considérables. 3. Lors de la réunion d'octobre 2025 du Comité phytosanitaire permanent (Commission), qui s'est tenue après la clôture des campagnes de surveillance dans les États membres, un point spécifique a été consacré à Popillia japonica. Outre un bilan général sur l'évolution de la situation et les mesures appliquées dans les zones déjà délimitées en 2024 (Italie et Suisse), plusieurs nouvelles informations ont été communiquées. En Italie et en Suisse, des zones délimitées supplémentaires ont été signalées, venant s'ajouter à celles déjà existantes. La Slovénie a instauré en 2025 deux zones délimitées, situées à Barje et Lukovica. Face à la gravité de la situation, la Slovénie envisage d'introduire une demande d'intervention d'une équipe d'urgence phytosanitaire de l'UE, conformément à la récente modification de la législation européenne en matière de santé des végétaux (article 19bis du Règlement (UE) 2016/2031). En France, des captures ponctuelles ont été signalées, il existe également deux zones délimitées situées dans des zones tampons des foyers suisses. L'Allemagne a rapporté des captures isolées et a aussi instauré trois zones délimitées: une en Hesse et deux en Bade-Wurtemberg. L'Autriche a signalé plusieurs captures individuelles, mais aucune zone délimitée n'a été instaurée pour l'instant. Toutefois, les autorités autrichiennes sont en contact avec celles de Bavière afin d'examiner la possibilité d'instaurer conjointement une zone réglementée. Lors de cette réunion, il a été clairement constaté que cet organisme progresse de manière préoccupante en Europe et que, malgré le cadre législatif européen existant, il est nécessaire de renforcer l'échange d'informations entre les pays actuellement touchés, notamment concernant la définition et l'installation des zones délimitées et des mesures de lutte appliquées. À cette fin, la Commission a décidé de mettre en place un groupe de travail réunissant des experts des États membres touchés. |