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Question et réponse écrite n° : 0104 - Législature : 56


Auteur Katrijn van Riet, N-VA (07028)
Département Ministre de l'Énergie
Sous-département Énergie
Titre Risques liés aux onduleurs chinois pour nos réseaux d'énergie (MV 009939C).
Date de dépôt21/11/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai30/12/2025

 
Question

La situation actuelle de nos réseaux d'électricité est très préoccupante. Des entreprises chinoises telles que Huawei et Sungrow détiennent la clé numérique de notre approvisionnement en électricité. Plus de 65% des installations solaires européennes - et jusqu'à 70% des installations flamandes - sont équipées d'onduleurs fabriqués en Chine. Ces appareils sont tous connectés à Internet, peuvent être commandés à distance et sont, potentiellement, dotés d'un mécanisme de désactivation (kill switch). 1. Comment évaluez-vous la présence massive d'onduleurs chinois dans nos réseaux? Reconnaissez-vous que cela représente un risque stratégique pour la sécurité de la Belgique? 2. Pourquoi la Commission européenne n'a-t-elle pas reconnu ces fabricants comme des "fournisseurs à haut risque", comme cela a été le cas auparavant dans le secteur des télécommunications? 3. La Belgique insistera-t-elle au sein de l'Union européenne pour que soient adoptées des mesures contraignantes visant à protéger notre infrastructure énergétique contre toute forme de contrôle étranger? 4. Notre pays dispose-t-il de sa propre analyse des menaces d'une éventuelle ingérence chinoise par le biais des onduleurs intelligents? Dans l'affirmative, quelles en sont les conclusions? 5. Seriez-vous prêt à défendre, aux côtés de pays tels que les Pays-Bas ou la Lituanie, l'instauration d'une interdiction européenne de tout accès externe par des fournisseurs chinois à nos installations énergétiques? 6. Comment la Belgique entend-elle garantir que la transition vers l'énergie verte ne compromette pas notre sécurité nationale ni notre autonomie stratégique?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B034
Date publication 12/12/2025, 20252026
Réponse

1. Les exigences actuelles en matière de qualité et de sécurité applicables aux produits provenant de l'UE s'appliquent aux produits fabriqués en Chine. Depuis août 2025, des exigences supplémentaires ont été ajoutées pour les produits dotés d'une connexion sans fil, notamment des exigences en matière de cybersécurité. Tous les produits mis sur le marché après cette date doivent également répondre à ces exigences supplémentaires en matière de cybersécurité. La cybersécurité des onduleurs déjà installés, quelle que soit leur origine, constitue en effet un point d'attention. Mes services suivent cette question de près, en concertation avec les autres services compétents et les acteurs concernés aux niveaux fédéral et régional, et examinent comment y donner une suite appropriée. L'objectif est, d'une part, de garantir la flexibilité et la pilotabilité nécessaires du parc photovoltaïque et, d'autre part, de limiter les préoccupations en matière de cybersécurité. 2. Comme pour l'énergie éolienne, la Commission européenne réalisera une évaluation des risques en matière de cybersécurité pour l'énergie solaire. Si cette analyse révèle suffisamment d'indices qu'une telle identification est nécessaire, je l'examinerai en profondeur. 3. Au sein de l'UE, nous continuerons à plaider pour disposer de la marge maximale afin de pouvoir prendre les mesures nécessaires pour protéger notre infrastructure énergétique contre tout contrôle étranger, et je continuerai à m'y engager pleinement. 4. Au niveau belge, il existe effectivement une analyse nationale des risques, appelée Belgian National Risk Assessment (BNRA). Cette analyse est menée et coordonnée par le Centre National de Crise (NCCN), en consultation avec une multitude d'experts et d'organisations. Le BNRA reconnait effectivement l'ingérence étrangère comme un risque sur le plan national. Toutefois, il n'y est pas mention d'un risque spécifique concernant les ondulateurs photovoltaïques, puisque l'analyse concerne davantage les acquisitions d'entreprises et les investissements étrangers. 5. Limiter la gestion opérationnelle de nos systèmes de production d'énergie aux pays situés au sein de l'UE est l'une des pistes évoquées pour renforcer la cybersécurité. Si des avancées sont réalisées à ce sujet au niveau européen, celles-ci seront suivies avec la plus grande attention. 6. La transition vers l'énergie verte comporte certainement des éléments qui doivent être examinés attentivement, afin d'éviter de créer des dépendances et des risques. Cela ne change toutefois rien au fait que la transition énergétique reste la meilleure, la plus rapide et la moins coûteuse des solutions pour réduire notre dépendance énergétique vis-à-vis des pays tiers. Comme vous le savez, la récente crise énergétique, provoquée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie, a une nouvelle fois mis en évidence la vulnérabilité de l'UE en raison de ses ressources énergétiques limitées. Le renforcement de notre production énergétique européenne constitue un élément essentiel pour réduire ces dépendances.