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Question et réponse écrite n° : 0103 - Législature : 56


Auteur Anthony Dufrane, MR (06327)
Département Ministre de l'Énergie
Sous-département Énergie
Titre La hausse de la consommation électrique causée par l'IA (QO 010111C).
Date de dépôt12/11/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai12/12/2025

 
Question

Les récentes études et rapports, notamment ceux de l'Agence internationale de l'énergie, soulignent une hausse significative de la consommation électrique des centres de données. Cette croissance annoncée est dopée par le développement de l'intelligence artificielle (IA) et des agents conversationnels. En Belgique, comme dans le reste de l'Europe, cette tendance pose des défis majeurs en matière de sécurité énergétique, de capacité de production, et d'émissions de CO2. Selon l'Agence internationale de l'énergie, la consommation électrique des centres de données devrait plus que doubler d'ici 2030, en raison de l'essor de l'IA, des cryptomonnaies et de l'augmentation exponentielle des besoins en calcul et en stockage de données. Cette situation soulève des questions sur la capacité du réseau électrique belge à absorber cette demande croissante, ainsi que sur les mesures à prendre pour concilier cette croissance avec les objectifs climatiques et la transition énergétique. Par ailleurs, l'impact des agents conversationnels et des modèles d'IA sur la consommation électrique est désormais comparable à celui de pays entiers, ce qui nécessite une réflexion sur l'efficacité énergétique, les sources d'approvisionnement, et les politiques publiques à mettre en oeuvre. 1. Comment évaluez-vous l'impact de la hausse de la consommation électrique sur la sécurité énergétique et les émissions de CO2 en Belgique et quelles mesures sont envisagées pour anticiper et gérer cette demande croissante? 2. Quelles stratégies votre administration met-elle en oeuvre pour renforcer l'efficacité énergétique des centres de données et encourager le recours à des sources d'énergie renouvelable, afin de limiter l'empreinte carbone de cette croissance? Autrement dit, comptez-vous développer une politique axée sur l'énergie renouvelable pour les (prochains) data centers? 3. Comment la Belgique compte-t-elle collaborer avec les autres pays où elle achète de l'électricité pour harmoniser les politiques énergétiques et éviter les tensions sur les réseaux électriques, notamment en période de pointe? 4. Quelles initiatives sont prévues pour sensibiliser les entreprises et les citoyens aux enjeux de la consommation électrique liée à l'IA et pour promouvoir des pratiques plus durables dans ce secteur en pleine expansion?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B034
Date publication 12/12/2025, 20252026
Réponse

1. Je vous renvoie pour cet aspect relatif à la croissance de la consommation électrique liée au déploiement des centres de données, vers mes réponses aux questions 5 et 6 de la session du 21 octobre de la commission de l'Énergie, de l'Environnement et du Climat (https://www.dekamer.be/doc/CCRI/pdf/56/ic217.pdf). 2. Je vous renvoie vers mes collègues régionaux qui vérifient le bon respect de certaines exigences de la directive sur l'efficacité énergétique. Je vous informe par ailleurs de l'ambition de la Belgian Digital Infrastructure Association (BDIA), d'atteindre la neutralité carbone en rejoignant le Climate Neutral Data Centre Pact (CNDCP), une initiative européenne visant à réduire l'empreinte carbone du secteur. 3. En termes de collaboration avec les pays voisins afin de garantir la sécurité d'approvisionnement en électricité, il est crucial de miser sur toutes les énergies décarbonées, et d'articuler intelligemment ces vecteurs pour garantir la sécurité d'approvisionnement, la compétitivité économique et l'atteinte de nos ambitions climatiques. Dans ce cadre, je soutiens la participation active de notre pays à la North Seas Energy Cooperation (NSEC), qui regroupe les pays de la mer du Nord pour développer un réseau offshore intégré. Tous les pays de la mer du Nord sont confrontés aux mêmes défis. C'est pourquoi nous devons non seulement coopérer, mais aussi oser faire des choix - plus rapidement, plus intelligemment et dans une optique de concertation paneuropéenne. Je suis également actif dans la relance des partenariats internationaux pour le nucléaire. Les 3 et 4 novembre 2025, j'ai ainsi participé à Paris au World Nuclear Exhibition (WNE), le plus grand salon mondial dédié à l'énergie nucléaire pour représenter la filière d'excellence portée par nos entreprises et nos talents. Notre pays dispose en effet d'une filière capable d'intégrer les chaînes d'approvisionnement les plus exigeantes et de contribuer activement à la renaissance industrielle européenne, suscitant un intérêt concret à l'étranger et ouvrant la voie à de nouveaux partenariats novateurs avec la France, le Canada et les États-Unis. Dans ce cadre, le Belgian Nuclear Forum (BNF) et la société canadienne Ontario Power Generation (OPG) ont signé une lettre d'intention pour collaborer au développement de small modular reactors (SMR) en Belgique. Je veille par ailleurs au bon fonctionnement du mécanisme de rémunération de la capacité et de l'organisation des enchères cross-border. 4. Pour les mesures de sobriété de la consommation de nos entreprises et de nos citoyens, je vous renvoie vers mes homologues régionaux. Je vous renvoie aussi vers mon collègue Jan Jambon, ministre des Finances pour plus d'informations à recevoir sur certains avantages fiscaux pour les entreprises en matière d'énergie, ce qui peut les inciter à cette sobriété, comme par ex. les déductions pour investissements dans des équipements économes en énergie.