...

Bulletin n° : B034 - Question et réponse écrite n° : 0578 - Législature : 56


Auteur Frieda Gijbels, N-VA (06499)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre Le Point-of-Care Testing (POCT).
Date de dépôt05/11/2025
Langue N
Publication question     B034
Date publication 12/12/2025, 20252026
Statut questionQuestion publiée sans réponse
Date de délai08/12/2025

 
Question

Le Point-of-Care Testing (POCT) est une forme de test médical effectué directement auprès du patient ou à proximité de celui-ci, plutôt que dans un laboratoire central. Le POCT vise à obtenir rapidement des informations diagnostiques, afin que les prestataires de soins puissent prendre immédiatement des décisions concernant le traitement ou la poursuite des soins. Cette méthode utilise des analyseurs compacts et faciles d'utilisation, qui nécessitent une préparation minimale et fournissent souvent des résultats en quelques minutes. Le POCT est utilisé dans divers environnements de soins, tels que les cabinets de médecins généralistes, les services d'urgence, les ambulances, les pharmacies et même au domicile des patients. Parmi les tests POCT couramment utilisés figurent les mesures de glycémie chez les diabétiques, les analyses des gaz sanguins et les tests de grossesse. Le POCT offre comme avantages principaux la rapidité, la facilité d'utilisation et la possibilité d'intervenir plus rapidement en situation d'urgence. Il peut ainsi contribuer à améliorer les soins aux patients et à réduire les délais d'exécution. Dans le même temps, le POCT entraîne des défis, tels que le contrôle de la qualité, la maîtrise des coûts et l'interprétation correcte des résultats. Le POCT gagne rapidement en importance en raison des progrès technologiques et de l'importance croissante accordée à des soins centrés sur le patient. On observe actuellement un écart de taille entre l'assurance qualité dans les soins de première ligne, et les soins de deuxième et troisième lignes. Sciensano a adapté tout récemment les directives pratiques pour les laboratoires cliniques. Celles-ci comprennent désormais un chapitre consacré au POCT. Les exigences sont renforcées, alors même que "tout est permis" dans les soins de première ligne, où il n'existe pas de contrats de maintenance systématiques pour les appareils, d'évaluations externes de la qualité, d'audits, etc. Le POCT est actuellement trop répandu. Dans un environnement dépourvu d'alternative, un test POCT peut, certes, apporter une valeur ajoutée, mais lorsqu'il existe une alternative (dans un laboratoire central), le POCT n'a guère sa place. Les rapports de Sciensano le confirment. Si l'on se penche sur les évaluations externes de la qualité (EEQ) de Sciensano pour le glucose, p. ex., on constate une grande disparité des résultats (bien que ces tests POCT de glucose (glucomètres) aient été effectués à l'hôpital dans des conditions idéales). Dans la réalité, cela signifie qu'un échantillon prélevé dans un hôpital peut indiquer une hypoglycémie, tandis que ce même échantillon prélevé dans un autre hôpital peut refléter une hyperglycémie. Il convient donc d'en déduire qu'il est préférable de mesurer le glucose (à l'hôpital) dans un tube fluoré. Comme indiqué, dans les situations où il n'existe aucune alternative, comme: - dans l'EEQ de Sciensano 2025-1, nous voyons à la page 10 que les résultats communiqués pour le POCT du glucose varient entre 32 mg/dL et 64 mg/dL pour le même échantillon. L'analyse des résultats globaux montre une variabilité supérieure à 5 % (6,86 %). La variabilité individuelle maximale pour un même type de glucomètre, géré par le même laboratoire central, est de 14,4 % (https://www.sciensano.be/nl/biblio/eke-poct-glucose-globaal-rapport-2025-1). Le rapport indique: "Les tests POCT-EEQ ne sont pas toujours effectués par les opérateurs True Key. Les résultats (CV de 6,86 %) ne reflètent donc pas la réalité des mesures de glycémie sur le terrain; selon toute vraisemblance, les résultats obtenus sur le terrain présenteront une plus grande variabilité que ce que nous pouvons déduire des enquêtes". - dans l'EEQ de Sciensano 2025-2, nous voyons les résultats globaux pour le glucose (en laboratoire) (toutes méthodes et tous systèmes de mesure confondus) CV: 2,2 % (https://www.sciensano.be/nl/biblio/eke-chemie-globaal-rapport-2025-2). Le 6 janvier 2021, un livre blanc sur le POCT (https://doi.org/10.1080/17843286.2020.1868906) a été publié dans l'Acta Clinica Belgica. Il y est très clairement affirmé qu'il n'existe actuellement aucune réglementation pour les soins de première ligne. Il plaide, en outre, en faveur d'un remboursement, ce qui n'est peut-être pas tout à fait réaliste dans le contexte budgétaire actuel, d'autant plus qu'il existe souvent des alternatives meilleures et moins coûteuses. 1. Êtes-vous d'accord avec le fait qu'il est urgent de réglementer les soins de première ligne pour mettre un terme à la prolifération et garantir la qualité? Comment l'envisagez-vous et comment comptez-vous procéder? Disposez-vous éventuellement déjà d'un calendrier? 2. Êtes-vous d'accord avec le fait que la fourniture d'appareils par les laboratoires pour les soins de première ligne ne doit pas mener à une dichotomie? Comment le contrôlerez-vous? 3. Êtes-vous d'accord avec le principe selon lequel au titre de l'assurance qualité, chaque hôpital doit mettre en place une stratégie visant à limiter à un minimum le recours au POCT lorsqu'il existe d'autres alternatives (meilleures et moins coûteuses)?