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Bulletin n° : B033 - Question et réponse écrite n° : 0656 - Législature : 56


Auteur Julie Taton, MR (07800)
Département Ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale
Sous-département Mobilité, Climat, Transition environ.
Titre Conséquences des investissements fossiles sur l'objectif Net Zéro (QO 009085C).
Date de dépôt28/10/2025
Langue F
Publication question     B033
Date publication 02/12/2025, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai01/12/2025

 
Question

Quatre ans après avoir publié sa feuille de route vers la neutralité carbone en 2050, trajectoire qui aurait permis de limiter le réchauffement climatique à environ 1,5°C, l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE) constate que le secteur des hydrocarbures est déjà largement hors des rails. Les investissements dans les projets pétroliers et gaziers à travers le monde conduisent à une production incompatible avec le scénario de neutralité carbone en 2050 de l'AIE. L'agence fait ce constat au détour d'un rapport publié le 15 septembre 2025 sur les investissements mondiaux dans les hydrocarbures. Cette année, indique l'agence, 570 milliards de dollars devraient être investis dans les capacités de production de pétrole et de gaz. Environ 90 % de ce montant sert à compenser le déclin de l'extraction et maintenir l'offre. La tendance est similaire pour le gaz naturel: la production atteindrait 2.600 milliards de m³ (mmc) en 2035, alors qu'il faudrait la maintenir sous les 2.250 mmc. En conclusion: si la production devait suivre un déclin naturel, l'approvisionnement en pétrole et gaz deviendrait beaucoup plus concentré dans quelques pays du Moyen-Orient et la Russie, avec des implications pour la sécurité énergétique. Le rapport publié dernièrement fait abstraction du volet "demande" de l'équation. Jusqu'ici, l'AIE estime que le pic de la demande des énergies fossiles pourrait être atteint en 2029. Mais selon Bloomberg, qui s'appuie sur un projet du rapport en question, l'Agence avance désormais que, à politiques inchangées, la demande de pétrole pourrait continuer de croître pendant les 25 prochaines années. 1. Que vous inspire ce dernier rapport de l'AIE consacré aux investissements fossiles? 2. En partagez-vous les conclusions, en particulier celles qui menacent l'objectif "Net Zéro" pour 2050? Jusqu'à quel point?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B035
Date publication 19/12/2025, 20252026
Réponse

1. et 2. Le rapport récent de l'Agence internationale de l'Énergie (AIE) est avant tout un signal d'alerte. L'AIE nous rappelle que les investissements actuels dans le pétrole et le gaz dépassent largement ce qui serait compatible avec une trajectoire vers la neutralité carbone en 2050. Elle avertit que ces projets risquent de devenir ce qu'on appelle des actifs échoués, c'est-à-dire des infrastructures ou investissements qui perdront leur valeur avant d'avoir été rentabilisés, parce qu'ils ne seront plus compatibles avec les politiques climatiques ou la transition énergétique. Cela pourrait même provoquer une bulle du carbone: autrement dit, une surévaluation massive des actifs liés aux énergies fossiles, suivie d'une forte dépréciation quand le marché prendra conscience que ces actifs ne valent plus autant. Mais l'AIE souligne aussi des signes positifs: les investissements dans les énergies propres - renouvelables, nucléaire, efficacité énergétique, électrification - atteignent désormais le double de ceux dans les combustibles fossiles. Cela montre que la transition est en marche, même si le rythme reste insuffisant pour atteindre les objectifs fixés à la COP28. Je partage donc le constat de l'AIE: la voie vers le zéro net se rétrécit, mais elle reste ouverte. Ce n'est pas un message de pessimisme, c'est un appel à accélérer. C'est pourquoi la Belgique continue de plaider pour une transition juste, une coopération internationale renforcée et une mobilisation accrue des financements, notamment via la "feuille de route de Bakou à Belém" qui a été discutée à la COP30. L'objectif de neutralité carbone en 2050 reste à notre portée, à condition d'agir vite et collectivement.