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Bulletin n° : B033 - Question et réponse écrite n° : 0565 - Législature : 56


Auteur Katleen Bury, VB (07425)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre Cadrage préjudiciable concernant la présence présumée d'antibiotiques dans l'alimentation. - Impact sur le secteur belge de la viande (QO 009610C).
Date de dépôt29/10/2025
Langue N
Publication question     B033
Date publication 02/12/2025, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai01/12/2025

 
Question

Une étude récente de l'Institut de Médecine Tropicale (IMT/IRG) suggère que la teneur maximale autorisée en antibiotiques dans l'alimentation serait trop élevée et pourrait entraîner une résistance chez l'homme. Cette information, relayée principalement par les médias, donne une image très déformée de la situation en Belgique et porte gravement atteinte à l'image du secteur belge de la viande. Il ressort des articles parus dans VILT que : - l'utilisation d'antibiotiques dans l'élevage flamand a diminué de 60 % depuis 2011. L'utilisation préventive est interdite et les antibiotiques rouges (à haut risque de résistance) ne sont pratiquement pas utilisés, sauf chez les jeunes animaux qui ne sont pas près d'être abattus. Le Centre de connaissances concernant l'utilisation des antibiotiques et l'antibiorésistance chez les animaux (AMCRA) veille à ce respect; - les études de l'IMT se basent sur des scénarios du pire dans lesquels les sujets testés ou les larves ont systématiquement reçu les limites maximales de résidus, ce qui ne correspond absolument pas aux quantités réellement consommées en Belgique; - les produits qui dépassent les limites de résidus ne sont pas commercialisés. L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire effectue chaque année des contrôles sur la viande, le lait, les oeufs et les produits de l'aquaculture, y compris les marchandises importées; - pour les produits importés de pays tiers, principalement du poisson mais aussi de la viande, il existe beaucoup moins de garanties que les animaux n'ont pas été traités aux antibiotiques peu avant leur abattage. Pouvez-vous expliquer quelles mesures vous prenez pour: 1. rappeler à l'IMT et aux auteurs de l'étude leurs obligations déontologiques, à savoir qu'ils ne peuvent pas diffuser inutilement des informations à sensation négatives; 2. mieux encadrer la communication publique et l'attention médiatique, afin que les études sur les antibiotiques dans l'alimentation soient présentées de manière correcte et nuancée; 3. garantir que le secteur belge de la viande ne soit pas injustement visé, en accordant une attention particulière à la différence entre les produits d'origine animale locaux et importés?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B039
Date publication 22/01/2026, 20252026
Réponse

1. La récente étude de l'Institut de Médecine Tropicale apporte une contribution scientifique à la recherche sur la résistance antimicrobienne. L'article sous-jacent, publié dans Nature, décrit des observations réalisées dans le cadre d'une exposition quotidienne contrôlée à la ciprofloxacine à une dose correspondant à l'apport journalier acceptable, tel qu'utilisé dans le calcul de la limite maximale de résidus. Les auteurs concluent dans l'article scientifique lui-même que the low concentration of antimicrobials allowed in food may have an impact on the composition of the gut microbiome and antimicrobial susceptibility. Il convient toutefois de souligner qu'il s'agit de résultats obtenus dans le cadre d'un protocole de recherche bien délimité, qui contribuent à la réflexion scientifique ultérieure. Tant les chercheurs eux-mêmes que les médias, dont VRT NWS, ont insisté sur les limites du protocole de recherche. Ainsi, l'étude s'est exclusivement penchée sur l'effet d'un seul antibiotique (la ciprofloxacine) sur un seul type de bactérie intestinale, chez un nombre limité de participants et sur une période relativement courte (27 jours). En outre, d'autres facteurs d'influence ne peuvent être totalement exclus. Ces réserves sont inhérentes à la recherche scientifique et sont essentielles pour interpréter correctement les résultats. 2. Les réflexions des chercheurs concernant d'éventuels ajustements des normes relatives aux résidus autorisés dans les denrées alimentaires s'inscrivent dans le cadre de la liberté académique. Il appartient en premier lieu aux autorités de veiller à ce que les décisions et les éventuelles adaptations reposent sur un ensemble pondéré de données scientifiques probantes. Le fait que de telles publications donnent lieu à un débat est inhérent au processus scientifique. Je peux également préciser que, pour les études réalisées à la demande du SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement, les résultats sont toujours communiqués en concertation avec l'institution ou le consortium de recherche concerné, que ce soit ou non à destination du grand public. La communication générale sur la résistance antimicrobienne chez les animaux est assurée par l'ASBL AMCRA. 3. Le débat suscité par cette étude porte notamment sur les limites maximales de résidus européennes et sur les critères scientifiques appliqués lors de leur fixation, plutôt que sur une mise en cause du secteur belge de la viande. Comme vous l'indiquez également, la Belgique a déjà fourni des efforts importants et démontrables pour réduire l'utilisation des antibiotiques dans le secteur animal.