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| Auteur | Ellen Samyn, VB (07076) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | Le danger croissant du terrorisme d'État iranien en Europe. |
| Date de dépôt | 29/10/2025 |
| Langue | N |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 01/12/2025 |
| Question |
Il y a un an, une tentative d'assassinat a été perpétrée à Madrid contre le physicien nucléaire et ancien homme politique espagnol Alejo Vidal-Quadras. Une balle lui a transpercé la mâchoire inférieure, mais il a survécu à l'attaque. Aujourd'hui, de plus en plus d'indices pointent vers le régime iranien. Le tireur, Mehrez Ayari, a été arrêté aux Pays-Bas en juin 2025 et, selon les enquêteurs, il aurait des liens avec la "Mocro Maffia". Ces réseaux criminels maroco-néerlandais auraient été engagés par l'Iran pour commettre l'attentat. L'affaire Vidal-Quadras n'est pas un cas isolé. Lors d'une conférence de l'International Freedom of Speech Alliance en 2024, il a été souligné une fois de plus à quel point le danger du terrorisme sponsorisé par l'Iran en Europe est sous-estimé et sous-évalué. Outre l'intimidation des dissidents, il implique également des tentatives de meurtre, des enlèvements et des infiltrations par des voies diplomatiques ou criminelles. En raison de son soutien déclaré au mouvement d'opposition iranien, l'ancien homme politique espagnol figurait sur une liste noire des "ennemis de l'Iran". D'autres intervenants à la conférence, tels que Matthew Levitt (Washington Institute) et Ingrid Betancourt, ont également souligné le caractère systématique des campagnes d'intimidation et de terreur iraniennes. M. Levitt a déclaré que son institution avait recensé à elle seule 450 cas d'opérations menées à l'étranger par le régime iranien. L'affaire Assadollah Assadi, le diplomate iranien condamné en Belgique pour avoir préparé un attentat à la bombe lors d'une réunion de l'opposition iranienne en France, a été à nouveau évoquée dans ce contexte. L'échange d'Assadi contre le Belge Olivier Vandecasteele, pris en otage en Iran, reste controversé et fait l'objet de critiques au niveau international. Mme Betancourt a même parlé d'un "dangereux précédent" et a déclaré que cela ne faisait qu'encourager l'Iran à recourir davantage aux prises d'otages comme instrument politique. 1. Comment évaluez-vous la menace actuelle du terrorisme sponsorisé par l'Iran en Europe, en particulier en ce qui concerne la Belgique et ses intérêts diplomatiques? 2. Comment le gouvernement réfléchit-il aux conséquences de l'échange de M. Assadi contre M. Vandecasteele, maintenant qu'il apparaît que l'Iran pourrait recourir de plus en plus souvent à des réseaux criminels et à la protection diplomatique pour mener ses opérations en Europe? 3. Le gouvernement belge a-t-il connaissance du lieu de résidence, de la fonction ou du rôle actuels d'Assadollah Assadi au sein de l'appareil d'État iranien? 4. Disposez-vous d'informations indiquant que M. Assadi est à nouveau actif au sein des structures de renseignement et de sécurité iraniennes, ou qu'il est à nouveau impliqué dans des opérations étrangères du MOIS (service de renseignement iranien)? 5. M. Assadi fait-il l'objet d'une surveillance continue de la part de la Belgique, en collaboration avec ses partenaires européens, en tant que risque pour la sécurité, compte tenu de ses activités terroristes antérieures sur le sol européen? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B033
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| Date publication | 02/12/2025, 20252026 |
| Réponse |
Comme vous n'êtes pas sans le savoir, la question de l'évaluation de la menace dans notre pays et en ce compris pour nos intérêts diplomatiques à l'étranger, relève de la compétence de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace et donc de mon collègue, le ministre de la Sécurité et de l'Intérieur. Je vous renvoie vers lui concernant ces aspects. La Belgique partage et échange son expertise et les bonnes pratiques avec ses partenaires européens qui font face également à cette menace afin de mieux l'identifier et d'y répondre avec les meilleurs outils. Le 31 juillet 2025, la Belgique a co-signé une communication conjointe de 14 pays condamnant l'augmentation des menaces d'État que les services de renseignement iraniens font peser sur leurs territoires respectifs. Quelques jours plus tôt, le 15 juillet, l'Union européenne adoptait avec le soutien de la Belgique un paquet de sanctions à l'encontre de huit personnes et d'une entité dans le cadre du régime mondial de sanctions de l'UE en matière de droits humains. Ces sanctions confirment que l'UE est préoccupée par la répression transnationale qu'exercent des organismes publics iraniens par le recours à des intermédiaires, impliquant en particulier des criminels et des réseaux de criminalité organisée qui s'en prennent à des dissidents et à des défenseurs des droits humains partout dans le monde, y compris sur le territoire de l'UE. Notre gouvernement s'efforce de défendre de façon informée, réfléchie et adéquate les intérêts de la Belgique et de ses ressortissants, sous toutes les latitudes. Concernant les points 3 à 5 liés à du renseignement, je vous invite à consulter mes collègues les ministres respectivement de la Justice et de la Défense. |