...
| Auteur | Patrick Prévot, PS (06967) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture |
| Sous-département | Emploi, Économie, Agriculture |
| Titre | La carte blanche de la SSMG (QO 005108C). |
| Date de dépôt | 25/11/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 30/12/2025 |
| Question |
Le 15 mai 2025, la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG) a accordé une interview à la Première et publié une carte blanche très remarquée en matière de lutte contre les pesticides. Selon la SSMG, "les politiques nient l'évidence scientifique" en matière de pesticides et de santé publique. "Malgré un faisceau de preuves qui ne fait que se renforcer sur les effets toxiques des pesticides sur la santé, sur la biodiversité, sur l'environnement, il n'y a pas de prise en compte de ces alertes par nos décideurs politiques. On persiste à nier l'évidence scientifique". Certes, une partie de cette carte blanche était une réaction aux propos tenus par votre collègue la ministre wallonne de l'Agriculture; je ne vais pas vous demander de réagir à ce volet. Mais la portée du discours dépasse largement cette circonstance et elle concerne tous les niveaux de pouvoir. En particulier, la SSMG attire l'attention sur le fait que le système actuel en matière de délivrance et de retrait d'autorisation comporte des lacunes. Les essais se basent sur des modèles simplifiés ne pouvant rendre compte de la complexité des systèmes naturels. La SSMG laisse entendre que le prochain scandale sanitaire sera celui des PFAS dans les pesticides. Les acteurs de la santé estiment qu'ils sont insuffisamment associés aux discussions sur les mesures concernant les pesticides, à l'inverse des lobbies de l'industrie. 1. Suite à l'appel lancé par la SSMG, quelle est votre réaction? Allez-vous rencontrer les signataires? Quelle suite allez-vous apporter? 2. Entendez-vous interdire la présence de PFAS dans les pesticides? 3. Comment améliorer la coopération avec les experts scientifiques pour une meilleure prise en compte des données scientifiques dans les décisions en matière de normes de produits? 4. Prévoyez-vous des mesures pour améliorer le système de délivrance et de retrait d'autorisation, en coopération avec les experts scientifiques? 5. Quelles mesures sont prévues au niveau fédéral pour mieux protéger la santé contre les effets toxiques des pesticides? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B033
|
| Date publication | 02/12/2025, 20252026 |
| Réponse |
Comme vous, j'ai été stupéfait par la communication diffamatoire de la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG). Mon administration, compétente pour l'évaluation et la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, applique strictement la législation européenne et veille à ce que seuls les produits répondants aux normes sanitaires et environnementales soient mis sur le marché. Conformément à l'accord de coalition, nous collaborons avec les régions pour éliminer progressivement l'utilisation des PFAS et développer un cadre européen cohérent. Par le biais du site web Fytoweb, mon administration assure une communication rapide et transparente, et demeure facilement joignable par e-mail et téléphone. Par ailleurs, les parties prenantes sont associées à un large éventail de réunions et autres moments de concertation. Les déclarations de la SSMG sont donc incompréhensibles et inacceptables. Je vais insister ici sur le fait que l'évaluation des produits phytopharmaceutiques se fait actuellement avec toute la rigueur nécessaire et en respectant de larges marges de sécurité. Les méthodologies d'évaluation sont continuellement ajustées en fonction de l'évolution des connaissances et du consensus scientifique. Il n'y a donc pas lieu de modifier les procédures ni de retirer des autorisations. Dès lors, il était important que la direction du SPF Santé publique rencontre la direction de la SSMG afin de comprendre l'origine de leurs préoccupations. Dès la première réunion cette dernière s'est excusée, reconnaissant que certains de ses collaborateurs étaient allés trop loin et avaient utilisé un langage inapproprié. Une seconde réunion a ensuite eu lieu, au cours de laquelle des questions sur les différences de politique entre les États membres de l'UE, notamment concernant la protection de la population face à l'utilisation des produits phytopharmaceutiques, ont été soulevées. Il a donc été convenu d'organiser une prochaine réunion au cours de laquelle mon administration pourra expliquer en détail comment l'évaluation des effets des produits phytopharmaceutiques sur la population est précisément réalisée. Enfin, je peux également vous informer que mon administration élabore une vision d'avenir concernant l'utilisation des produits phytopharmaceutiques, dans le cadre du plan fédéral de réduction des produits phytopharmaceutiques. De nombreux acteurs ont été invités à y contribuer lors de divers moments de concertation. La SSMG n'a toutefois pas souhaité répondre à cette invitation. |