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| Auteur | Irina De Knop, OPNVLD (06246) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture |
| Sous-département | Emploi, Économie, Agriculture |
| Titre | L'utilisation d'antibiotiques chez les animaux d'élevage (QO 006184C). |
| Date de dépôt | 25/11/2025 |
| Langue | N |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 30/12/2025 |
| Question |
L'utilisation d'antibiotiques chez les animaux d'élevage a continué à diminuer ces dernières années, mais le rapport annuel 2024 de l'AMCRA (L'utilisation des antibiotiques et l'antibiorésistance chez les animaux) montre que tous les objectifs de réduction ne seront pas atteints. Entre 2011 et 2023, une baisse de 48 % de la consommation totale a été enregistrée, alors que l'objectif est de 65 % d'ici fin 2024. L'utilisation d'aliments médicamenteux contenant des antibiotiques et d'antibiotiques d'importance critique reste particulièrement persistante. Dans l'élevage de veaux de boucherie et de dindes, l'utilisation d'antibiotiques reste remarquablement élevée. L'AMCRA constate qu'il existe toujours une forte variation entre les espèces animales, avec les poulets de chair, les veaux et les dindes comme plus gros consommateurs. L'organisation constate également que l'épidémie de fièvre catarrhale ovine en 2023 et 2024 a entraîné une augmentation temporaire de l'utilisation d'antibiotiques, ce qui a eu un impact négatif sur les résultats. Dans le même temps, le risque de résistance aux antimicrobiens reste réel, ce qui peut avoir des conséquences tant pour la santé publique que pour l'élevage. 1. Comment évaluez-vous les conclusions du rapport annuel de l'AMCRA concernant l'utilisation d'antibiotiques chez les animaux d'élevage par rapport aux objectifs fixés au préalable? 2. Y a-t-il suffisamment de marge pour réduire davantage l'utilisation d'aliments médicamenteux contenant des antibiotiques? Comment compte-t-on s'y prendre? 3. Des efforts supplémentaires sont-ils déployés pour limiter l'utilisation d'antibiotiques critiques à des cas exceptionnels? 4. Comment la répartition inégale de l'utilisation des antibiotiques entre les espèces animales est-elle abordée, et une approche sectorielle spécifique sera-t-elle mise en place pour l'élevage de dindes et de veaux de boucherie? 5. Des contrôles, des enregistrements ou des obligations supplémentaires seront-ils mis en place au niveau des exploitations individuelles qui en font un usage intensif? 6. Allez-vous vous concerter avec les entités fédérées afin de déterminer quelle contribution elles peuvent encore apporter en matière de prévention de l'utilisation d'antibiotiques et de fonction préventive des vétérinaires d'exploitation? 7. Y a-t-il également une vision claire de l'évolution de l'utilisation des antibiotiques chez les animaux de compagnie et des efforts visant à limiter cette utilisation? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B033
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| Date publication | 02/12/2025, 20252026 |
| Réponse |
Entre 2016 et 2024, la Belgique a conclu deux accords consécutifs visant à réduire l'utilisation des antibiotiques chez les animaux. Le deuxième accord (2021-2024) a formulé quatre objectifs ambitieux: ramener l'usage total d'antibiotiques à 65 % du niveau de 2011, réduire de 75 % l'utilisation d'aliments médicamenteux, maintenir la réduction de 75 % de l'utilisation d'antibiotiques critiques (fluoroquinolones et céphalosporines de 3e/4e génération) et limiter l'utilisation de la colistine à un maximum de 1 mg/PCU. Trois de ces objectifs ont été largement atteints : les ventes d'aliments médicamenteux ont diminué de 89,1 % par rapport à 2011, grâce à l'autorégulation du secteur, qui prévoit même l'arrêt complet de cette production d'ici fin 2026. L'utilisation d'antibiotiques critiques a diminué de 81 % depuis 2011, dépassant ainsi l'objectif fixé. Les ventes de colistine ont également chuté à 0,69 mg, bien en dessous de la limite de 1 mg. La réduction globale atteint 59,9 %, freinée en 2024 par une hausse liée à l'épidémie de fièvre catarrhale ovine. Malgré cela, l'objectif de -70 % en 2030 reste d'actualité. L'usage des antibiotiques critiques est désormais strictement encadré: un antibiogramme et des conditions précises (examen clinique, identification bactérienne, etc.) sont requis avant toute prescription. Les progrès varient selon les espèces. Des trajectoires sectorielles de réduction existent pour les porcs, poulets de chair et veaux de boucherie et seront étendues à d'autres filières, notamment les dindes. Pour l'élevage de veaux de boucherie, une approche spécifique existe depuis plusieurs années, mais celui-ci reste confronté à de nombreux défis. L'arrêté royal du 17 décembre 2024 relatif à la prévention et à la lutte contre la résistance aux antimicrobiens chez les animaux renforce le suivi via un système de statuts (vert, jaune, rouge) imposant, selon les cas, un plan sanitaire ou la désignation d'un coach en résistance aux antibiotiques. Concernant les animaux de compagnie, l'AMCRA publie depuis 2014 des directives à destination des vétérinaires, complétées par des campagnes de sensibilisation (parlonsantibiotiques.be). La collecte obligatoire des données sur l'utilisation d'antibiotiques, prévu par le règlement européen UE 2019/6, débutera en Belgique en 2028 via l'application VAMREG. Les autorités fédérales et les organisations sectorielles concernées préparent actuellementune troisième Convention sur l'usage des antibiotiques et un nouveau Plan d'Action National de lutte contre la résistance aux antimicrobiens 2026-2030 pour poursuivre la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. |