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Question et réponse écrite n° : 0590 - Législature : 56


Auteur Irina De Knop, OPNVLD (06246)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre Disparition du dernier insecticide efficace contre les pucerons (QO 009244C).
Date de dépôt25/11/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai30/12/2025

 
Question

L'approbation de l'insecticide spirotetramate, mieux connu sous le nom commercial de Movento, arrive à expiration. Pour de nombreux maraîchers belges, ce produit était considéré comme le dernier insecticide efficace contre les pucerons, un ravageur qui s'avère de plus en plus difficile à combattre ces dernières années. Le fabricant Bayer n'a pas introduit de demande de renouvellement après que des doutes ont été émis quant à d'éventuels effets perturbateurs endocriniens. Un autre produit phytopharmaceutique agréé disparaît ainsi du marché, alors que, selon le secteur, il n'existe pas d'alternatives valables. Il existe des pesticides biologiques, mais leur efficacité s'avère souvent insuffisante dans la pratique. Les maraîchers craignent que cela n'entraîne d'importantes pertes de récoltes et une pression économique supplémentaire sur la production maraîchère belge. Parallèlement, on s'inquiète de plus en plus du fait que notre agriculture est soumise à des normes plus strictes que ses concurrents étrangers, alors que des produits traités avec des substances interdites sont commercialisés sur le marché belge. 1. Reconnaissez-vous que la disparition du spirotetramate représente un risque important pour la rentabilité des maraîchers belges et pour la production alimentaire dans notre pays? 2. Dans le cadre de vos compétences, des concertations sont-elles menées avec le secteur et les ministres régionaux compétents afin de travailler conjointement à la mise en place de stratégies de lutte alternatives ou à l'autorisation accélérée de produits sûrs et innovants? 3. Envisagez-vous de plaider, dans le cadre européen, en faveur d'un meilleur équilibre entre la santé publique et la sécurité agricole, afin que les maraîchers belges ne soient pas structurellement désavantagés par rapport aux producteurs étrangers? 4. Comment veillerez-vous à ce que les produits importés répondent aux mêmes normes de sécurité et environnementales que les cultures belges, afin de garantir des conditions de concurrence équitables?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B033
Date publication 02/12/2025, 20252026
Réponse

La disparition du spirotétramat n'est pas un cas isolé: des substances actives sont régulièrement retirées du marché, soit pour retrait ou non-renouvellement de leur autorisation ou abandon volontaire de la part de leur détenteur. Ces retraits obligent les producteurs à adapter leurs pratiques. L'évaluation des risques pour la santé publique et l'environnement constituent les premiers critères pour les avis du Comité d'agréation des pesticides à usage agricole et ce, avant toute considération d'absence d'alternative. L'analyse économique de l'agriculture et plus particulièrement sa rentabilité relèvent des Régions, qui participent au Comité d'agréation et peuvent y faire part de leurs préoccupations. Leurs avis sont toujours pris en compte, mais la sécurité alimentaire et environnementale reste déterminante. Mon administration échange régulièrement avec le secteur agricole dans le cadre de concertation dédiées, afin d'identifier les problèmes liés à la disparition de certaines substances et d'envisager ensemble des solutions. Si nécessaire, elle accompagne les démarches administratives pour introduire de nouvelles demandes d'autorisation. Concernant les denrées alimentaires importées en provenance de pays hors UE, à l'expiration du délai de grâce pour l'utilisation des produits à base de spirotetramat dans les États membres, les limites maximales de résidus (LMR) seront réévaluées au niveau européen, avec une attention particulière portée à la protection de la santé des consommateurs européens. La Belgique demandera à la Commission européenne des précisions sur le calendrier de cette révision et veillera à ce que les mêmes normes de sécurité s'appliquent aux produits importés. Enfin, je rappelle que les LMR européennes visent à protéger la santé publique et encadrer les pratiques agricoles, non à réguler la concurrence, ni à protéger le marché intérieur européen contre l'importation de denrées alimentaires traitées avec des produits phytopharmaceutiques désormais interdits dans l'Union européenne.