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Bulletin n° : B033 - Question et réponse écrite n° : 0505 - Législature : 56


Auteur Anja Vanrobaeys, Voorui (06897)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre Conditions de travail dans le secteur de l'aviation (QO 008873C).
Date de dépôt28/10/2025
Langue N
Publication question     B033
Date publication 02/12/2025, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai01/12/2025

 
Question

Un nouveau rapport d'une étude réalisée à grande échelle par des chercheurs de l'UGent révèle que la sécurité s'est fortement détériorée ces dix dernières années dans le secteur aérien. Dans une enquête menée au niveau international, des pilotes et des membres du personnel de cabine témoignent d'une culture de travail toxique et d'une culture de la peur. Le rapport montre que la recherche du profit prime systématiquement sur le bien-être et la sécurité: charge de travail élevée, formations raccourcies, manque de repos, économies sur les hôtels et même pression sur le personnel de cabine pour vendre autant que possible pendant le vol. Pas moins de 56,3 % des personnes interrogées déclarent ne pas avoir le temps de respecter toutes les obligations en matière de sécurité, et 46,1 % hésitent à prendre des décisions en matière de sécurité par crainte des conséquences sur leurs revenus ou leur carrière. Ainsi, 15 % indiquent ne pas pouvoir décider de ne pas voler lorsqu'ils sont malades ou trop fatigués. Le personnel ayant des contrats atypiques est particulièrement réticent à signaler la fatigue ou les problèmes de sécurité. En outre, le dumping social via des constructions telles que la location d'aéronef avec équipage (wet leasing) est de plus en plus souvent signalé, ce qui entraîne une détérioration des conditions de travail et un affaiblissement de la culture de la sécurité. Alors qu'il y a dix ans, ce sont surtout les compagnies aériennes à bas prix qui étaient visées, les chercheurs évoquent aujourd'hui un "nivellement par le bas" dans l'ensemble du secteur. Certains mettent même en garde contre un "effet Boeing": une confiance dangereuse dans les systèmes, alors que les lacunes de la culture de la sécurité sont ignorées afin de réduire les coûts. 1. Avez-vous connaissance de cette enquête et des conclusions de l'UGent? Quelle est votre réaction à cet égard? 2. Allez-vous oeuvrer, tant au niveau belge qu'européen, pour une meilleure protection des droits et des conditions de travail du personnel du secteur de l'aviation, afin que la sécurité ne soit jamais subordonnée à la recherche du profit? Quelles mesures concrètes envisagez-vous de prendre à cet égard?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B054
Date publication 26/06/2026, 20252026
Réponse

1. Je connais effectivement l'étude de l'UGent intitulée Evolving social challenges for aircrew and the need for regulatory response, qui a été présentée le 26 septembre 2025. J'étudierai ses conclusions avec toute l'attention requise et tiendrai également compte des résultats d'autres études sur le secteur (cf. à ce sujet la publication sur le site du Centre de connaissance belge sur le bien-être au travail: Bien-être dans les aéroports et dans le secteur de la navigation aérienne / BeSWIC). 2. Tant dans le milieu académique que dans la pratique, une attention particulière est déjà portée au déploiement concret des contrôles sociaux dans le secteur aérien. Ceux-ci font également l'objet d'une révision et d'améliorations actives. Les experts de l'Université de Gand devaient remettre des avis et analyses complémentaires concernant la méthodologie de contrôle dans le secteur de l'aviation. Nous attendons encore ces avis. Ce sera un moment d'évaluation important et nous donnera l'occasion de renforcer les contrôles sociaux. Mais, comme vous le savez sans doute, la Belgique dispose déjà d'un cadre légal clair et solide concernant les conditions de travail, aussi dans le secteur de l'aviation. Ainsi, p. ex. chez Ryanair, une convention collective est en vigueur depuis 2019, ce qui fait que le personnel basé en Belgique relève du droit du travail belge. En raison du contexte international, il reste toutefois plus difficile d'intervenir efficacement lorsqu'il y a des abus dans l'exercice des activités du personnel de cabine. La race to the bottom est une dynamique qui se joue surtout au niveau européen, et où le niveau belge ne peut remédier que de manière limitée. C'est d'ailleurs à ce niveau que l'étude de l'UGent concentre son attention. Pour trouver une solution structurelle, et surtout pour contrer la race to the bottom, il faudra mettre en place un cadre européen adapté et uniforme, plaçant le bien-être et la sécurité au centre des préoccupations.